2009/Chez Tata Marie – Alberte


Ma tante Lili et André vivaient dans la maison que nous occupons aujourd’hui. Chaque année, en été, mes parents nous amenaient pour un séjour de quinze jours chez Tata Marie, sœur aînée de ma mère. Nous nous retrouvions à quatre ou cinq cousins germains, et profitions pleinement de la liberté au Masbonnet. Le matin, c’était le petit déjeuner avec du lait de chèvre dans lequel nous trempions du pain livré par le boulanger du Pompidou. Tout cela avait un goût divin que je n’ai plus jamais retrouvé. Nous allions avec ma grand-mère qui gardait les chèvres et les brebis dans les prés fauchés qui répandaient une bonne odeur de foin sec et où nous courions, insouciants.
Grand-mère tricotait des chaussettes en marchant, sans regarder son ouvrage. Je m’échappais parfois pour aller chercher des champignons qu’il fallait cacher. Je mangeais des noisettes et j’en étais malade, affolant tout le monde dans la maison. Le soir, le hibou chantait… Nous en avions peur. Avec Lili, nous jouions aux pierrettes : grelit, grelot, combien ai-je de pierres dans mon sabot ? Le soir, c’était la fête à cinq ou six sur des matelas posés à même le plancher. Quelle patience avaient ma tante et mes cousins ! C’est là que j’ai commencé à aimer les Cévennes.

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