A l’oreille du Causse, Elia

En cette fin de journée, les grillons stridulent, s’époumonent à retenir le soleil.
Les oiseaux pépient, s’interpellent pour observer un silence consterné au passage sonore et métallique d’un avion.
Le temps s’arrête à l’écho des moteurs qui résonnent lourdement dans la moiteur des rares nuages.
Soudain, l’appel d’un bruant jaune, aigu, ponctué, régulier, reprend le ballet mélodieux auquel se joignent gaillardement tous ses congénères. Les mouches bourdonnent, vrombissent en quête d’une nourriture sucrée dans le léger sifflement de l’air où se décalquent les murmures lointains d’une conversation – un volet claque – des pierres gémissent sous les roues d’une voiture qui arrive…
Les sons se massifient lentement dans l’immensité calcaire sous le fondu ruisselant d’un robinet qui fuit, les casseroles tintent en cuisine, bruissement des pages refermées d’un livre… La radio s’éveille au journal du soir… C’est l’heure de passer à table.

Photo : M. Sauvage

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