La fève bleue, Anne Lavenant


Trois éléments déclencheurs pour cette suggestion : deux photos dont une collée sur un carré de bois, à décrire et une de pommiers ; le dessin d’une « drôle de cosse bleue ». Il s’agissait ensuite d’imaginer une histoire à partir de ces trois images.

Premier texte :
Il s’agit d’un tableau carré de 20 x 20 cm. Une photo prise en plongée, qui a été retravaillée comme une photo ancienne, sombre et froissée. On y voit une femme assise à une table de bois, qui écosse des fèves. Elle est brune, les cheveux relevés en chignon. Elle porte une robe rouge décolletée qui laisse voir sa peau dorée et ses bras nus. A son annulaire gauche, une alliance dorée. Elle tient entre ses mains une cosse de fève. Devant elle, sur la table, une vingtaine de cosses sont entassées, quelques fèves sont déjà écossées. A sa droite, un verre à pied, dans l’ombre, contient un liquide rouge sombre. De part et d’autre du verre, trois tomates sont posées là ainsi qu’un bol en terre. En face de la femme, de l’autre côté de la table, légèrement sur la droite, il y a une autre chaise. On aperçoit au sol le pied gauche de la femme sur les grandes dalles de carrelage clair.

Deuxième texte :
Elle avait attendu le printemps avec fébrilité parce qu’à la fin de l’été, elle avait rencontré une drôle de petite fille qui lui avait dit qu’elle trouverait la réponse à ses interrogations dans une cosse de fève… Cela l’avait beaucoup intriguée. Qui était cette petite fille au regard sérieux et profond qui se promenait sur la plage ce soir-là ? Et pourquoi s’était-elle arrêtée devant elle longuement en la regardant ? Elle n’avait pas osé l’interroger, c’est la petite qui lui avait souri et lui avait dit : « Je sais des choses dans le cœur des grandes personnes, veux-tu savoir ce que je vois chez toi ? ». Tu feras un choix qui déterminera ta vie, alors attends le printemps et tu trouveras la réponse en épluchant une cosse de fève. Puis la gamine avait ri et s’était enfuie en courant.
Elle n’avait alors pas attaché d’importance à cette rencontre. Mais dans l’hiver, elle s’était trouvée devant un dilemme… Quel choix faire ? Et la phrase de la petite fille lui était revenue… Et si elle attendait le printemps pour se décider ? Aussi quand les pommiers ont refleuri, elle est allée au jardin et a guetté les tiges des fèves jusqu’à ce que les cosses se forment et gonflent, prêtes à être cueillies.
Elle a rapporté sa cueillette à la maison et s’est mise à l’écosser. Elle adorait les fèves fraiches, crues, avec un morceau de pain beurré… Et là, quelle surprise ! En ouvrant cette cosse, une fève d’un beau bleu jaillit de son écrin et tomba sur la table. Elle sut tout de suite que c’était là le signe annoncé par la petite fille et le choix qu’elle devait faire… Elle serait infirmière et non sage-femme, en effet elle hésitait depuis la rentrée quant à son orientation, car il fallait déposer les dossiers d’entrée dans les écoles avant le mois de juin. Jusque là elle avait envisagé les deux orientations sans parvenir à se décider. Mais la couleur bleue de cette fève extraordinaire lui indiquait clairement qu’elle serait infirmière car les élèves infirmières portaient une blouse bleue la première année, alors que les élèves sages-femmes portaient une blouse rose !

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