Disparition, Liliane Paffoni

Vieux ormes, centenaires, fiers, aux troncs élancés, vous ne murmurez plus dans l’aube claire, vous ne fredonnez plus vos ritournelles

Au soleil de midi, arbres compagnons, nul ne vient plus se lover dans l’ombre douce de votre cime arrondie

Ni l’aquilon, ni le zéphyr ne vous font sangloter ou soupirer au crépuscule naissant

Ormes majestueux, vous n’êtes plus que des squelettes décharnés, couleur de cendres, bras tendus, abandonnés, au bord des chemins

Ormes puissants, vous étiez tantôt les princes des parcs des châteaux et des avenues des grandes villes, tantôt de nobles  campagnards dans les cours des fermes ou sur les places des villages

Ormes généreux, pendant des siècles, les menuisiers, les charrons et les charpentiers vous ont façonnés pour la vie quotidienne

Ormes précieux, les méandres et les arabesques de vos loupes ne font plus rêver les ébénistes

Tant de jours, tant de nuits à vivre sous le soleil et la pluie

Tant de mois, tant d’années à affronter les frimas

En vain.

Vous n’êtes plus là.

Est-ce parce que personne ne venait poser sa joue contre votre écorce  crevassée?

Est-ce parce que personne ne vous a serrés dans ses bras quand vous étiez rongés par un mal incurable ?

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