Je me demandais à qui j’écrivais

C’est au fond pour toi toujours que j’ai écrit…
Pour cette part de toi que  parfois la vie me laissait entrevoir et qu’une acuité éphémère m’obligeait à cerner.
Ecrire. Circonscrire. Dans la conscience que l’essentiel se briserait sur les mots, que l’effondrement me guettait, et que de cet effondrement naîtrait une parole lucide. C’est cela. Ecrire comme on se cherche, dans une quête qu’aucun creuset ne contient, ne peut contenir, parce que la faille s’annonce et que cette quête est peut-être celle-ci, celle de la faille.
Une écriture de circonstance, qui ne peut être qu’intrinsèquement contenue dans l’expérience du bonheur vulnérable ou de la souffrance, quand la réalité s’évanouit et que dans l’évanouissement revient la conscience de soi. Une écriture comme une contrainte obsessionnelle à laquelle se soumettre parce qu’elle m’oblige.
Et c’est au fond pour toi aujourd’hui que j’écris. Peut-être même à toi. Pour trouver ensemble ce que devient le blanc de la neige quand elle fond.
Marlen Sauvage

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s