Reproche contemporain, de Mohamed al-Maghout

A ceux qui m’ont rempli le cœur de terreur
La tête de cheveux blancs avant l’heure
La coupe de larmes
La poitrine de toux
Les trottoirs de va-nu-pieds
Les murs d’oraisons funèbres
Les nuits d’insomnie
Les rêves de cauchemars

Ceux qui m’ont interdit mon innocence d’enfant
Ma dignité de vieillard
Mon éloquence de locuteur
Ma patience d’interlocuteur
Mon territoire de prince
Mon coin de mendiant
Ma chevalerie de bédouin
Mon étonnement de voyageur
Ma nostalgie de revenant

Puis ils ont pris mon épée de combattant
Ma plume de poète
Mon pinceau de peintre
Ma guitare de gitan
Et ils m’ont tout rendu sur la route du cimetière,
Que puis-je alors leur dire d’autre plus que ce que le violon dit à la tempête ?

Le bourreau de fleurs, Beyrouth, Almada Publishing Company, 2009, pp.107-109, traduit de l’arabe (Syrie) par Aymen Hacen in Le retour des assassins, propos sur la Tunisie, janvier 2011-juillet 2012. Le bousquet-la barthe éditions

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