Le carnet vert [ébauche d’une biographie ≠ 2]

Dans le carnet vert, encore :
J’ai perdu la cassette, celle où tu parlais du BMC, je t’avais demandé « c’est-à-dire », tu avais répondu « bordel militaire de campagne », en pinçant légèrement les lèvres avec dans le regard la fausse évidence de ta réponse, et puis tu avais évoqué aussi (…)

[Je m’arrête ici, coupant l’élan de la longue phrase entamée il y a des années dans le carnet vert, le sujet est trop dur encore toutes ces années après, j’y reviendrai peut-être un jour, plus tard, quand j’aurai éclairci certaines choses ou quand j’aurai le courage d’affronter la réalité. Cet entretien date de 1997, je ne l’ai relaté dans le carnet vert qu’en 2004, quand j’avais décidé de plonger dans toutes les photos récupérées après la mort de mon père.]

La photo en noir et blanc du carnet vert
J’ai récupéré des dizaines de photos de cette période de la vie de mon père. Leur format dit leur date : 7,5 cm x 10 cm. Années 50. Elles sont joliment dentelées, on ne ferait plus ça aujourd’hui, l’esthétique n’est plus pour la masse, la sobriété prime, le coût des choses aussi, et il me vient à l’esprit qu’à l’époque, rares finalement étaient les individus qui se promenaient un appareil photo à l’épaule… Je n’ai pas choisi la photo que je publie ici, je l’ai intitulée « Epluchage de pommes de terre » (il ne s’agit pas de mon père) ; j’ai pris celle qui venait au bout des doigts parmi la centaine que compte l’enveloppe kraft intitulée « Armée : portraits ».

Epluchage des pommes de terre-1

C’est un autre monde qui dort dans la boîte noire sur l’étagère de mon bureau. Une boîte noire… Je le réalise en l’écrivant. La photo dont je parle ci-dessous dans le carnet vert est toute autre. Je ne la publierai pas.

Ça se passe [en été ?] dans un pré. L’herbe haute s’est inclinée sous le poids des personnes qui l’ont traversée. Au premier plan, un homme à plat ventre, en caleçon de bain. Puis un homme blond à lunettes qui s’adresse à une jolie jeune femme allongée, légèrement relevée sur ses coudes. Elle entrouvre légèrement la bouche, peut-être parle-t-elle, des cheveux châtain dégringolent sur ses épaules, elle dévoile des bras fins.
Debout, derrière ces trois personnages, deux hommes discutent, l’un porte un ballon sous le bras. A droite de la jeune femme, assez proche d’elle, couchée sur une couverture, une femme en maillot de bain s’est assoupie. Plus loin, une autre jeune femme leur tourne le dos. Elle est assise dans l’herbe.

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