Le carnet jaune à spirale [2012 suite ≠1]

13 août 2012

Je pars.
Sereine puisque la décision est prise depuis longtemps de m’absenter pour écrire. Je pars à Campselves.
Euphorique un peu au volant de ma Clio. Toujours le même sentiment de liberté dès que je suis seule et en route pour quelque chose.
Grand soleil. Des cyclistes sur la route. Il fait déjà chaud. Mais il est onze heures.

Je suis arrivée. Il est 13 h et des poussières de temps. J’ai eu envie de prendre un nouveau stylo, n’est-ce pas que c’est drôle pour une si petite aventure ?

La petite maison date de 1886, c’est inscrit au-dessus d’une des fenêtres du rez-de-chaussée. Belle atmosphère en entrant. Le parquet invite à marcher pieds nus et j’aime ça. Ici on est chez soi tout de suite.
Pour l’heure, je bois un café dans un grand bol rond à liséré bleu Bretagne et à fleurettes ébauchées d’une petite tâche rouge, une tige et deux feuilles minuscules écartées, d’un vert prairie.
J’ai mangé les tomates de mon jardin, une ananas et une autre rouge et ronde. La terre dans la bouche. La vraie vie. Le demi concombre a subi le même sort, fraîcheur juteuse garantie. L’eau de la terre dans la bouche.
Ici c’est le grand calme qui surprend. Pourtant je viens du calme. Tous ne se ressemblent pas. Et disant cela, me parvient le chant d’un coq, surprenant à cette heure, le bourdonnement sourd des insectes, le frottement des ailes des grillons. Il m’a semblé entendre au loin des voix et des éclats de rire. Peut-être.
Mon regard porte sur une maison à gauche de là où je me trouve. Au loin, les ruines d’un château sans doute.
J’ai étendu le linge comme me l’a demandé D. par un petit mot posé sur la machine à laver. J’ai ainsi découvert où se trouve le compost, observé les noisettes au sol, fraîches à l’extérieur, en poussière à l’intérieur. [Métaphore d’une vie.]
Les bruits viennent de la maison d’à côté. La terrasse herbeuse devant la maison surplombe un pré en contrebas. Un oiseau s’évertue à crier « huit huit huit » dans un arbre voisin.(…)
Il est cinq heures et la nature est toujours aussi calme. Je viens d’écrire 5 pages et je m’en vais faire un tour.
(…)
J’ai vu des chèvres et leurs chevreaux dans un pré, avec une roulotte, quelques brebis à face noire. Plus loin des vaches et le vacher « hé ééé ah, hé ééé ah,, par ici, la grosse », et la quinzaine de vaches a suivi, est sortie de l’enclos. J’ai cueilli une prunelle sur un prunellier. Chez nous, ce sont bien des prunes, genre mirabelles. Je vais acheter Plantes comestibles en Lozère, aux éditions Debaisieux. Collection Nature pratique.

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