Un petit Moleskine tout noir [≠7]

Notations canadiennes
Montréal, 11 mai 2005

15h25. Au bistro à Jojo, on joue du jazz et du blues. Atmosphère, c’est le nom du magasin « Sports-Plein air » face au bistro, dans la rue Saint-Denis. Comme il fait grand soleil, le Quartier Latin regorge de passants nonchalants. Un camion Garda explose de rouge dans ce cosmopolitisme ultracoloré.

15h30. Au bistro à Jojo, une jeune maman blonde en débardeur rayé bleu marine et blanc boit une bière à même la bouteille. Près d’elle sur la table le biberon de bébé bulle de lait blanc mousseux. Bébé dort dans sa poussette bleue.

15h35. Devant le bistro à Jojo, les gens passent. Des jeunes, étudiants de l’université toute proche, des trentenaires, des vieux, des medium, de small, des large, des extra-large. Ils parlent français, anglais, espagnol. Ils portent des sacs à dos bleus, gris, noirs. Ils sont en débardeurs, en chemises, en T-shirts rouges, bleu turquoise, blancs, jaunes, verts, en short, en bermuda, en pantalon de coton, en jean, en velours, en tissu stretch.

15h40. Devant le bistro à Jojo passe la rue Saint-Denis et dans la rue des voitures de particuliers, des taxis, une ambulance jaune, et une bagnole de flic : 21-10, et une autre, 21-85 au néon bleu-blanc-rouge sur le toit.

15h42. Au bistro à Jojo, un clochard s’arrête, harangue le couple de parents et leur ami au chien roux. Tout le monde rit. Un passant le traite gentiment de mongol et tout le monde rit encore. La barmaid apporte un verre d’eau au mongol qui en met dans sa main pour désaltérer le chien. Alors la serveuse revient avec un verre d’eau juste pour le chien.

16h30. Sur un banc de bois, juste devant l’hôpital Saint-Luc Centre hospitalier de l’université de Montréal (CHUM) où naîtra Justin quelque part entre le 12 et le 23 mai*… Face au CHUM, un dépanneur ouvert 7 jours sur 7. Bière. Vin. Un hôtel, le Bristol, au n°1099. Un restaurant au 1117. Un club Voyages, et, en jaune, un dentiste qu’on peut joindre en cas d’urgence au 288 XX XX.
*j’avais d’abord écrit le 17 mai comme une injonction secrète entre Justin et moi, pour l’inciter à choisir ce jour-là de la naissance de son arrière-grand-père maternel.

[Je me souviens avoir été choquée par cette appellation de « mongol », et du fait que tout le monde ait éclaté de rire en même temps. J’ai pensé que nos cousins québécois dans ce bistro au moins, étaient d’une autre culture, peut-être. Car tout se faisait dans la bienveillance, celle qui endort, celle qui me laisse toujours aux aguets.]
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