Un zap book jaune [≠2]

Le 21 novembre
J’ai retrouvé sur une feuille volante « Je n’ai pas peur de grand-chose, je crains juste la bêtise humaine ». Je crois bien que c’est Marc qui m’a dit cela un soir (…). Cette phrase, j’aurais aussi bien pu la prononcer.

[Conversations récurrentes. Oui, la bêtise est affligeante… Je préfère encore la méchanceté !]

Se souvenir que F. aujourd’hui 25 novembre 1999 a parlé « d’humanité urbanistique » pour définir une photo de Phinkhassov (Magnum) où une petite fille japonaise pose dans le métro de Tokyo avec un sac à dos et une jupe plissée.

[C’était le temps où je travaillais pour la Bibliothèque nationale et le magazine Trajectoire… Cette légende voulue par une rédactrice en chef m’avait hérissé le poil… Ce snobisme qui veut que l’on affuble nos pensées de tournures aussi ridicules m’afflige toujours.]

Le 29 novembre
Anniv de Nans. (…)
Réunion de rédaction ce soir au magazine Croisière. Que de futilités ! Comment s’emballer pour autant de pages shopping, produits croisières et autres bouquins de luxe ? Les reportages seront sans doute intéressants… mais je reste perplexe. Je reste pour pouvoir un jour nous permettre de partir en province. (…) Se consacrer à ce qu’on aime. Je sais qu’on pourra le faire. Aujourd’hui dans le train, j’ai lu Le Tablier bleu (Brigitte). Beaucoup de pensées pour Papa, ses angoisses éventuelles avant de mourir, ses derniers désirs, ses dernières images puisqu’il paraît que notre vie défile à la vitesse V… J’ai eu l’idée d’un court récit sur la malle du courrier de ses amoureuses, restée au grenier à la Crêpière. Enfin, aux Trois colombes…

[Tout cela me semble très loin… Le magazine Croisière a vécu… oubliant de payer ses rédacteurs, sa secrétaire de rédaction, son maquettiste, ses photographes… Aucun recours possible en justice… La loi du plus malin, quoi. Les temps devenaient difficiles pour les pigistes de tous bords. Contre ces pratiques, je suis heureuse d’avoir quand même réussi mon pari…
Les Trois colombes, c’est le nom que mon père avait donné à sa dernière maison, pour dire à ses filles combien il les aimait. Il avait débaptisé la maison, fait fabriquer une plaque qu’il a posée deux mois avant de mourir.]

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