un Zap book jaune [≠3]

Fin d’un week-end écriture. Toujours émerveillée de la richesse des échanges, de notre productivité commune, de la stimulation qu’engendrent les propositions. Envie de cultiver « religieusement » cet espace personnel comme un clos privé où se rencontreraient des initiés.

Le 9 décembre [1999]
De retour chez F, M, et Naomi. Le plaisir des amis, bien-être partagé, découverte des centres d’intérêt communs, des souffrances également vécues (licenciement…), des folies de l’un (voyage-séjour à Marie-Galante), des désirs de l’autre (un poste fixe payé 25000 F !). On rigole, on se promet de se retrouver pour l’AFJ. Voilà quand ça ne va pas trop il faut rencontrer des amis.

Le 10 décembre
Discussion avec Stef autour d’un bon repas préparé par MG sur le désir de passer à la postérité. Pour elle ce sera non, merci. Et souffrir pour créer ? Non plus. (…)

3 janvier 2000
Nous y sommes donc arrivés ! Foin de bug et de délires apocalyptiques encore que la France secouée par une tempête pleure 88 morts et 1 million au moins d’arbres blessés, déracinés, arrachés. Pas de réveillon dans le Morvan, privé d’électricité pendant une semaine. Pas de L, pas de C.
Fête à Aubres, chez B et P. Entretemps, les colombes ont déserté la rue de la Crêpière. Elles ont trouvé refuge chacune chez une des filles. Où se réuniront-elles de nouveau ?
Après les affres de la succession (…), j’ai goûté le plaisir d’être accueillie chez le père de P. Quel bonheur ! Quel réconfort ! (…)

4 janvier 2000
Je ne me lasse pas d’écrire ces trois zéros. Ce soir j’apprends de TJ que je suis sa fille spirituelle. Merci ! (…)

13 janvier
Pas une conversation où je ne t’évoque. Où as-tu filé en douce ? Je voudrais pouvoir te parler et être sûre que tu m’entendes.

Le 20 janvier 2000, à Lille
Ce matin vers 10:30 au café de Flore, une dame d’une soixantaine d’années voire davantage, est entrée et à peine avait-elle mis les pieds dans le café que le garçon a crié « Un porto rouge ». Quand on a quitté le café, la vieille dame, encore emmitouflée dans son écharpe marron, son bonnet et son manteau, lisait le journal, le verre à demi-plein près d’elle.

[C’est toujours un grand plaisir pour moi d’observer les allées et venues dans les cafés, en terrasse… Je me souviens d’un troquet vers la gare Saint-Lazare au temps où je travaillais dans un journal rue de la Condamine, où le serveur m’avait accueillie dès ma deuxième apparition avec un « Un petit noir pour la dame », et d’un petit resto près du quartier Saint-Antoine où la patronne m’appelait « ma chérie » à tour de bras. Qui a dit que l’on était anonyme à Paris ?]

Lille. Une brasserie aux murs jaunes, au plafond de verre figurant des brassées de fleurs colorées. Sur les murs des moulures comme des encadrements de portes surmontées de coquillages en relief. Un éclairage de lampes tulipes dispersées, en appliques sur les murs ou en pied, posées sur des banquettes ici et là. Du monde dans la brasserie, une clientèle plutôt âgée en ce jour de semaine. Le maître d’hôtel nous évoque un personnage de Norman Rockwell, pour l’angularité de son visage, la taille de l’homme, mince presque maigre. Accueil très sympathique, on regarde la presse sur une table ronde en attendant qu’une place se libère.

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