Un Zap book jaune [≠ 25]

2004
[Avant, des notes sur l’anniversaire d’un rendez-vous au café Beaubourg, puis à la Truffe… à Parigi, sur Rouen et le cinéma nordique.]

avril ou mai
Pierre- André Taguieff [philosophe, politologue et historien des idées]
Le progrès a-t-il un sens encore aujourd’hui ?

Suivent des notes sur les critiques théoriques et politiques du progrès [pour un entretien destiné au magazine Dirigeant pour lequel je travaillais à l’époque… Avec au milieu de ce qui reste lisible :]

Espérance : l’homme fait son bonheur lui-même. Une conviction qui vacille avec les dégâts écologiques et industriels. (…) Il ne faut pas diaboliser le progrès, depuis 30 ans on criminalise le progrès scientifique et technique. (…) Tout ce qui est possible n’est pas forcément souhaitable. Dans l’héritage du progrès, qu’est-ce qui est vivant et mort ? Il faut éviter de tomber dans la technologie, aujourd’hui nous sommes dans la technolâtrie ! (…)

Arrêter de penser que l’allongement de la vie est un bien en soi. Abolir le mal : folie qui est l’ombre du progrès.
Message : « désutopiser » l’idée de progrès, la repenser par rapport à l’incertitude, l’indétermination de l’avenir.

[Et le bouquin s’appelait Le sens du progrès, publié chez Flammarion. Ces seules notes donnent l’impression d’enfoncer des portes ouvertes, mais j’ai le souvenir d’un entretien intéressant.]

J’ai lu « la poésie, une morte de vie » au lieu de « un mode de vie ».
Et à propos de Guillaume Apollinaire : « Il est , à partir de 1913, un artiste fêlé, avec Max Jacob et Picasso » au lieu de « fêté ».

[Déjà vu dans d’autres carnets cette propension à lire de travers… J’ai mis le temps avant de porter des lunettes !]

Le 27 avril 2004
Hantée par le grand vide toute la sainte journée, remplie de néant, comme si d’en haut ou de l’extérieur de moi, j’en contemplais l’intérieur aux parois écartées, écartelées, avec du rien au milieu, et cette sensation de trimballer une coque molle, corps et tête béants.

Nous sommes aujourd’hui le 10 août et les éléments se déchaînent depuis plusieurs heures. Dimanche 8, à 18h15, s’éteignait une lumière, celle d’Annemieke, puisse-t-elle briller ailleurs et vibrer parmi d’autres aussi bienveillantes qu’elle le fut sur cette terre, dans cette vie trop courte.

Du samedi 20 au dimanche 21 novembre
Hippolyte est parti, je l’espère, au paradis des chats. Endormi dans son panier d’osier, pour l’éternité, sans que nous ayons su pourquoi, sans un dernier câlin. Il est enterré dans la clairière de la châtaigneraie, où il avait l’habitude de me suivre.

[C’est étrange comme la proximité de ces deux morts à l’écran me dérange et comme d’une page à l’autre, dans une écriture manuscrite, cela est naturel comme les événements d’une vie.]

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