Le carnet rouge à spirale [≠ 1]

Marseille, le 22 mai 2010
Jour anniversaire de J.
Ce matin.
Sur le marché de la place des Capucines, le monsieur maghrébin à la toque noire soupesait chacune des pommes de terre qu’il allait acheter avant de les glisser dans son sac plastique orange.

Hier.
A l’Alcazar, Lorenzo Mattoti, prince de la couleur, m’a redonné le goût de dessiner et de colorier.

Dans le quartier des antiquaires, le tenancier de la librairie de vieux livres nous a tenu la jambe ce qui nous a fait fuir…

Une dame âgée, toute tordue et bossue, assise à la terrasse d’un café, colle son visage sur son visage pour parvenir à le déchiffrer. Du coup, je trouve que j’ai une très bonne vue.
[Souvenir très clair encore de cette femme penchée sur la table ronde qui telle un miroir lui renvoyait son image.]

Mardi 8 juin (à la PP)
Après les funérailles de P. dont nous parlons depuis des heures… (…)
« La vie avec toi me suffit me dit M. Mais je crois qu’il faut exposer sa vie intime en plus de la vivre, et s’impliquer dans des actions, dans du lien social. » Le modèle de P., homme de lien par excellence.

Elle met sa voiture en route et démarre en trombe. Un long coup de klaxon l’arrête. Une femme s’élance et ramasse le pot d’herbes de Provence tombé du toit, sur lequel résiste encore un verre de moutarde. D’abord surprise, la conductrice rit maintenant.

Le 21 juin, à Mende
C’est une théière émaillée blanche et bleu de Prusse. Une légère couronne bleue en bas du chapeau pointu, la même qui borde le haut du corps de la théière. Seul le bec est pansu, la robe est plate, ne bombe pas le torse.

Quand les idées se percutent, se compressent, se compriment, et, sorties de leur enveloppe de pensée, ne riment plus à rien. En quittant le café, un client dit à la serveuse « Y aura pas de fête de la musique cette année à Mende », et perdue dans mon souvenir pour P., je comprends que tout Mende est triste et ne peut rien fêter ce soir.

Il y a un an déjà, je me retrouvais seule dans un hôtel-restau le jour de la fête de la musique. Et c’est atroce ! L’an dernier, à St-Chély pour un PSC1.

[PSC1 : un brevet de secouriste que l’on réclame (aussi) aux animateurs de randonnées. La fête de la musique dans cet hôtel de Mende tenait du suicide auditif.]

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