Carnets d’Irlande [2000, ≠ 2]

Le 19 mai

Branle-bas de combat dans la rue à 6 h du matin. Elle se réveille et se rendort jusqu’à 7 h 30, heure à laquelle ils décident de faire une promenade avant le breakfast, prévu à 9 h. Petit-déjeuner insignifiant, cup manquante et pain moisi ; la balade dans Kinsale, elle, était à la hauteur de ce qu’annonçait le guide. Des maisons colorées, un fort avec des bateaux, et contrairement à ce qu’affirme le GDR, de belles vitrines, un beau cheval gravé, du beau linge, bref tout beau.

Sur la route de la côte, ils s’arrêtèrent à Timoleague, où une jolie abbaye franciscaine un peu en ruine les attendait avec son cimetière qui donne sur la baie. Les réflexions allèrent bon train sur l’après-vie et toutes ces considérations sur les funérailles… incinération ou enterrement ? Ils choisirent la deuxième solution, préférant la terre comme ultime lit, et souhaitant offrir ainsi à ceux qui le voudraient la possibilité de se recueillir sur leur tombe. (…)

Arrêt à Clanakilty, jolie ville colorée itou. Puis stone circle à Dromberg (-150 av. J.C.) Soleil, soleil, pour un repas improvisé face à la baie dans la petite ville de Glandore.

Après, ils poursuivirent jusqu’à Schull et découvrirent le gâteau à la rhubarbe d’Adeles, après, ils poursuivirent en direction de Mizen Head, sans toutefois aller jusqu’au bout, puis ils remontèrent de péninsule en péninsule (n’exagérons rien, il y en avait une seulement au milieu), jusqu’à Beara, où ils avaient décidé de passer la nuit à Windy Point view (B&B). La beauté du paysage les enchanta d’abord, puis elle les émut aux larmes qu’on ne verse pas en public, alors ils se turent et surent pourquoi. Et au fil des kilomètres, elle les attrista tout à fait jusqu’à ce bout du monde qui s’enfouissait avec la fin du jour dans le brouillard des nuages bas. Là, ils décidèrent qu’ils n’avaient rien vu d’aussi beau, d’aussi émouvant que l’Irlande.

Ici, il y a des champs de vaches et de moutons ! Photo de 5 maisons dont 4 en ruine, devant des roches et de la lande. [Nous prenions beaucoup de diapositives et tirions bien peu sur papier… Quel dommage !]

M. est retourné sur la route, derrière nous, pour prendre en photo une dame assise sur le seuil de sa maison. Si elle le veut bien… (Non, il ne demande rien). Il y a le vent, le chant de quelques oiseaux qui s’y perd, des moutons tachés de bleu, des fuchsias rouges dans les haies au bord de la route et de la bruyère mauve pâle qui remue avec le vent, des maisons de pierres sèches et des murets où elles se dressent verticalement, des criques noires et blanches.

Mauve ? Il paraît que ce n’est pas de la bruyère. J’en fais sécher dans mon petit calepin pour voir…

Le lendemain, ils s’en allèrent dans les environs sous un soleil irlandais, celui qui donne une si belle couleur aux paysages. Il prit en photo deux hommes ravis d’être immortalisés, enfin, tout ceci est très relatif, puis poussèrent jusqu’à Allihies pour une petite balade sur les hauteurs. La ville vivait des mines de cuivre dans le temps, cela s’est arrêté dans les années 60. Ils s’extasièrent devant le village coloré comme tout ce qui se trouve dans le paysage. Ils entrèrent dans un des pubs de la « ville », c’était un jour de communion, le monde se pressait ici pour boire et parler. Ils attendirent leur plat pendant une heure mais avec une patience inébranlable. A côté d’eux, un homme et sa fille (?) discutaient âprement (surtout elle, qui essuyait aussi quelques larmes furtives), avec l’air de traduire quelque chose (un papier sur la table). Ils ne surent pas le fin mot de l’histoire.
Ils « visitèrent » Eyeries, puis se promenèrent sur la route côtière où ils découvrirent d’autres bouts du monde ; le temps changeait pourtant, les moutons paissaient immuablement, et seule la couleur du ciel donnait d’autres reflets à l’océan et à la terre.

 

Sur les traces de Mesdemoiselles Mignon et Mespoulet, agrégées, boursières d’Albert Kahn, membres titulaires de la Société autour du Monde, qui partirent en Irlande en 1913 et réalisèrent 73 clichés en couleur « pour Monsieur Kahn ».
(Titre du carnet de voyage écrit pour la circonstance du 17 mai au 2 juin 2000)

Cahiers et carnets – Des voyages – CI ≠ 2

 

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2 réflexions sur “Carnets d’Irlande [2000, ≠ 2]

  1. Voilà qui donne envie d’aller soi-même y faire un tour.
    Les diapos sont certainement très belles, il faudrait les numériser pour nous les faire partager 😉

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