L’écriture, Ghislaine G.

Elle est, du sens et de la raison, l’ébréchure
étrange, familière parfois plus que de nature
mais ce sont les méninges à coup sûr qu’elle triture
Et, ce sont mes nuits, sans états d’âme qu’elle torture
Ah donc, muse, serais-tu avide de déchirure ?

En jets de mots incontrôlables, sans nulle brûlure
l’illumination peut sortir sans trop d’foulure
et la main courir, seule, maîtresse, à toute allure.
Peut, exister, l’écriture sans rature sans souffrure
comme parfois, sans gueule de bois se fait bonne biture
feu qui prend de suite soleil qui se met à luire
gerbe mordorée et bouillonnante enluminure !

Aussi, peut me jeter, de trémolos en rupture
et dans l’incendie les affres de l’incertiture
tête vide cerveau en bouillie, complète déconfiture
sans parler du poignet, des neurones en contracture !
Entre souffrance, flagelle, masochisme ou drogue dure
l’écrit tue. Mais pourquoi a-t-il la peau si dure ?

Parfois on y croit, que c’est du lion la capture
c’est l’grand Mot le texte qui va surgir de l’ordure
mais le doute pervers dure et l’on est jamais sûr
de ne pas s’enliser en nulle et sombre bavure
on a angoisse vertige on se sent pas sécure
l’inspiration se fane et le fruit tombe, pas mûr.

Entre moi, soi, ma tête et mes doigts c’est la fracture.
Le matériau de mon cœur, comment le tradure ?
J’écris à tue-tête dans un désert lugubre…

Faites-vous confiance, qu’elle disait l’animature
Laissez courir la verdoyante imaginure
Fi de la scolature ! larguez donc l’emprisure !
Ciselez la syntaxe, le verbe en fine ferrure
Osez sortir des tristouilles lieux communs parjures.
Dans son for intérieur virer les impostures
Humant l’air neuf, se tirer à quelques encablures
Limier sans pitié, y traquer l’autocensure
et s’en soulager en vainqueur au vide-ordure.
Plus facile à dire qu’à faire, sacrée fouture,
devant l’vide sidéral d’la page à la reliure !
Le feu de la contrainte m’accouche en créature.

Pourtant bien souvent à la balade en verdure
Je préfère m’en aller perdre en littérature
Je lui préfère ses chemins troubles de perdure.
Mais comment ne pas s’abîmer en désillure ?
éviter d’la diarrhée écrite, l’infâme fumure ?
Comment du stylet vénéré à l’encre pure
Ne pas redouter la panne sèche du futur ?

Fuir d’la sécheresse la douloureuse craquelure
et de l’arc en ciel bavard la muette saumure
Cultiver pousse fragile en prometteuse bouture
Sous ma main élever l’érection immature
du timide stylo l’innocente vergeture
en totem flamboyant baveux de bafouillure
En accueillir l’humide sperme noir dès l’ouverture
En désirer la sensuelle et chaude mouillure
Me noyer en eaux limpides dans sa trouble coulure
jouir, là, de salir la page d’une vierge épure
L’alexandrin en rut et la rime en friture…
Gangrène galopante dévoreuse de l’inventure.
Même les vieilles, avec de beaux, jeunes, mots en levure
à l’adultère peuvent se risquer, belle aventure
Sexe, sentiments pervers lumineux ou obscurs
tout doit pouvoir être couché au lit de l’écriture.
Se foutre joyeuse, d’la conforme convenue moulure

A l’académie de l’alphabet en marbre-ure
Vive l’alchimie des mots en déconniâtrie pure !

 

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