Pour un dictionnaire

INVISIBLE. Ce que l’on devine, ce que l’on pressent, ce qui s’insinue dans un recoin du cerveau et l’on comprend plus tard pourquoi le chien a choisi de rester près d’une étrangère plutôt que de suivre ses maîtres. Une présence comme un mur lisse et froid qui empêche d’avancer, un inconnu lentement exploré pour ne pas le heurter. Et vous marchez maintenant les mains en l’air. Qui suscite l’effroi quand le seul battement sourd perceptible est celui de votre propre cœur dans une nature majestueuse. Qui peut conduire à la folie. Qui divise le monde en deux. Qui s’installe et vous maintient dans un cauchemar même la nuit. Qui vous fait refermer quand même les rideaux le soir avant de vous coucher. Qui abat toutes les résistances, et vous vous résignez à ne pas résister pour que la vie reste supportable. Qui vous confronte à votre humanité quand vous vous savez condamné à mourir de toute façon. L’invisible, ce sont des habits pendus à un arbre et qui flottent dans une brise au cri des oiseaux. Alors vous êtes seul à pouvoir faire preuve de pitié. Et vous continuez à nourrir la corneille blanche.

 

 

 

 

 

Texte écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon pour cet été 2015, sur le thème du fantastique…

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