Echo du jour

Bruno referme le livre de Lea.
Il fait face à la toile abandonnée.
Il n’a plus besoin de modèle.
La vision, elle est en lui.

Il va peindre Lea. Parce qu’elle est dans ses mains.
Il se met au travail. Comme jamais.
Il peut.
Elle est là, au plus profond de lui, et son absence n’est rien. Rien.
Il peint.
Dans le silence de son atelier. La seule façon qu’il a de la rejoindre.
Il ne s’arrêtera pas.
S’il parvient à finir la toile, il n’aura plus peur.
Il n’y aura plus d’absence.
Il travaille de tout son art, de toute son âme.
Il n’y a rien d’autre qui vaille.
Est-ce qu’aimer, ce n’est pas vouloir rejoindre, sans relâche ?

Le jour s’est levé.
C’est ça sa vie et rien d’autre.

Oui, chaque cœur est seul à respirer.
Et pourtant il aime. Malgré tout.
Tant pis pour le cœur qui panique.

Il peint.
Il ne renoncera pas.

Aimer c’est juste accorder la lumière à la solitude.
Et c’est immense.

Jeanne Benameur, Laver les ombres, Actes Sud, 2008.

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