Compression, transfert

Une femme se retrouve seule en haute montagne, dans le chalet d’un couple ami qui ne rentrera jamais d’une course au village voisin. La narratrice tient le journal de ses journées après que, sortie de la maison pour promener le chien, elle heurte un mur invisible au-delà duquel la vie s’est arrêtée, suspendue dans les gestes des habitants. Le quotidien s’égrène sur les pages d’un cahier, immuable : soins aux animaux (un chat, un chien, une vache…), coupe de bois, culture du jardin. Tout cela dans le silence de la nature et la solitude. Son ultime compagnie : une corneille blanche bannie de la société des oiseaux.

J’ai trouvé la faille, je suis passée de l’autre côté. L’enfer aussi m’attendait là. Ma face cachée de démiurge. Tout pouvoir entre mes mains. La conscience du mal agaçait mes tempes à heure fixe, le temps de le réaliser, rien en dehors de cet instant fugitif. Il fallait agir au bon moment, surprendre l’éclair de lucidité, franchir le mur et retrouver la solitude. Mais une boîte invisible me compressait maintenant, quatre murs translucides contre lesquels je me heurterais jusqu’à la mort. 

Texte écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture proposé par François Bon pour cet été 2015, sur le thème du fantastique…

Licence Creative Commons

Texte : M. Sauvage

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