Avignon, le nez en l’air

Vendredi 30 octobre, fin d’après-midi dans les rues d’Avignon, le ciel bleu encore pour un temps qui fraîchit. J’ai marché tout droit de l’extérieur des remparts jusqu’à la rue Galante, du macadam aux rues pavées, tâchant de retrouver quelque chose d’autrefois. Mais aucun frémissement sous le voile noir. Me suis délestée du sac à dos et de l’ordinateur pour une boisson fraîche au troquet de la place Saint-Didier où les murs racontent un peu du passé de la ville.

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Cette enseigne sur la place où se tenait le marché aux cocons m’a rappelé ce superbe livre d’Alessandro Barrico, Soie.

« On était en 1861. Flaubert écrivait Salammbô, l’éclairage électrique n’était encore qu’une hypothèse et Abraham Lincoln, de l’autre côté de l’Océan, livrait une guerre dont il ne verrait jamais la fin. 
Hervé Joncour avait trente-deux ans.
Il  achetait, et il vendait.
Des vers à soie. »

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Une église pose ses drôles d’yeux sur moi et s’étonne de mon passage, je lui fais une frange de la branche d’un pin et tente de capter une autre facette d’elle.

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Samedi 31, dernier jour d’octobre, il n’y a bien qu’ici que les ciels sont si purs (j’entends gronder des voix derrière les écrans)… Mais je n’en dirai rien, chacun y est allé de son coin de ciel bleu pour le 1er novembre ! Oubliez, oubliez. [Je viens d’aller voir la couleur du ciel d’Avignon du côté de chez Paumée ce 3 novembre. Très en retard ce matin. Encore bien bleu !]

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Je longe et contourne le Palais des Papes, à la beauté gothique indestructible.

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« Le visage de l’arbre est souvent tourné vers le haut, et sa beauté livrée à qui le surplombe, comme en témoignent tous les voyageurs qui ont survolé la forêt vierge », écrit Julien Gracq (Carnets du grand chemin). La beauté du dessous me saisit toujours, elle se tient dans l’élan qui porte haut les arbres…

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Contrastes…

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Des hauteurs d’Avignon, on surplombait le fleuve et les toits de la ville, d’ici était-ce le Rhône ou bien le Petit Rhône ? Me revient en mémoire la voix de la petite sœur qui chantait toujours en voiture lorsque nous descendions du nord vers le sud « Montélimar, Espelusse (Espeluche), le Rhône » et son Rhône à elle ne portait pas d’accent.

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Au loin, un autre ami de l’enfance, celui que je voyais de la fenêtre de ma chambre, le Ventoux. Nous nous sommes affrontés un été, moi à vélo, lui, imperturbable de pente et de virages, et je me suis inclinée au mont Serein (1400 m) atteint sans mettre pied à terre.

 

 

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Parfois des branches poussent la tête en bas… et j’aime cette idée d’un arbre aux racines dans le ciel.

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Texte et photo : M. Sauvage

8 réflexions sur “Avignon, le nez en l’air

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