Carnet du jour (5)

imageNon, ce ne sera décidément pas un journal, ni la transcription de celui que je tiens dans ce carnet bleu « de Rome ». Ou alors un journal en différé. Écrirai-je jamais sur Rome ?, me demandai-je un 23 novembre 2016. « Le temps a passé depuis le 26 octobre 2013, comme à reculons, vers un désastre annoncé. (Quelle drôle d’idée… Sans doute pensais-je le désastre derrière moi, ou plutôt l’avais-je pressenti, aussi j’y retournais fatalement.) Je reprends le carnet bleu, il sent la moisissure d’avoir croupi ces trois années dans le tiroir d’une commode, dans une pièce non chauffée. Mais cette odeur me dit son attente, son désir de moi, de mes mots, et je fais le vœu de ne pas le lâcher, de me cramponner à ses pages blanches, puis ocre jaune, et de les noircir pour accomplir leur destin. Au dehors la tempête s’est levée dans la nuit, après le déluge de la pluie ces derniers jours qui a réveillé toutes les cascades au flanc des routes, gonflé les gardons, abreuvé les champs. La tempête s’est levée et, étrangement, le calme m’a envahie, installant avec lui la confiance en l’avenir quel qu’il soit.

(…)

Le 6 décembre 2016 – Il me sera impossible de transcrire ce qui précède dans ce carnet bleu, sur le blog. Trop intime et puis, qui cela intéresserait-il ? Je parlerai donc de Rome, uniquement de Rome, ville fantasmée plus qu’arpentée. En ce jour de migraine, alors que le temps est au beau, dehors dans le ciel placidement bleu les cimes des châtaigniers ne bronchent pas d’une branche, je construis dans ma tête le texte destiné à l’atelier de François Bon. Un lieu point virgule un lieu. Pour moi ce sera ça.

le 10 décembre – Trente ans de Ballet Bross’ ce soir à la Genette. Beaucoup d’énergie dans ces spectacles de danse. Les plus anciens ont ma préférence, serait-ce que je vieillis ? Ecriture minimaliste dans le travail des plus jeunes, voire pas d’écriture du tout. Revu avec bonheur quelques ami(e)s. Terminé la correction de la thèse sur le polar noir, de Amin. Mais c’était hier. Donc, je vieillis. D’ailleurs demain jour anniversaire. Le sanglier marine et je n’ai aucun humour pour aucun jeu de mots.

Le 13 décembre – Réveillée pour le haïku ! En flânant sur FB, traversée par les images d’un long rêve où de jeunes femmes dansaient en short noir (réminiscence du spectacle de Ballet Bross’ sans doute) et puis cette soirée où je me rendais avec une amie (impossible de la reconnaître pourtant), à pied, parce que je n’avais pas compris qu’il fallait prendre la voiture. Une histoire aussi de gâteau ou de confit que je n’avais pas goûté en raison d’un malentendu. Bref c’était le rêve du malentendu et de l’incompréhension qui n’engendrait aucun conflit, seulement la sensation de passer à côté de la plaque, à côté de l’essentiel. »

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