Carnet des jours (17)

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[Sans doute ai-je l’impression, à cultiver ce décalage, de ne plus parler vraiment de moi…]

Mardi 2 mai
Réunion avec Eva à Barre. Mise au point de ce qu’elle attend de moi durant le festival du livre, interviews des auteurs/éditeurs et table ronde. A Saint-Etienne où je me rends pour une séance d’ostéopathie, J.-M. reporte le rendez-vous. Urgence familiale. Photos des sculptures de Bonnal dans son cabinet, pour les assurances, je me rends chez lui pour celle de la « femme gynéco », comme il dit. Atelier en soirée à Florac.

Mercredi 3 mai
Je file à Mende retrouver 11 participants des GEM. Cueilli des fleurs de montagne pour ce gentil groupe, un plaisir simple pour moi accepté simplement par eux. Courses à l’hyper du coin et ailleurs où je distribue les programmes du festival. Débat Macron-Le Pen. Pourvu que cette bouffonne ne passe pas. Ce serait la honte de la France. J’irais vivre ailleurs !

Jeudi 4 mai
Coup de fil de C. L. pour la brochure des SCL. Je négocie la date limite au 6 juillet. Après, je voudrais tenir ma décision de prendre une année sabbatique (quelques mois au moins…) pour décider de mon futur sans aucune pression. D’ailleurs, dès le lendemain je serai partie d’ici… Balade d’une heure sur la route de la Combe. Méditation avec les oiseaux mais les pensées disruptives me dissuadent de poursuivre après deux tentatives. Ce mental trop présent… Je brasse tous les choix qui s’offrent à moi pour l’avenir. Tout vendre, tout quitter, la dernière option qui me tente. Arrêt à la cabane en bois dans la châtaigneraie. Je grimpe la pente qui y mène. Les propriétaires ont créé un jardin suspendu où ils ont planté tomates et tagètes. Le jardinet en fascines de châtaignier ressemble à une barque et des bambous se dressent où viendront s’agripper les pieds de tomates. C’est joli et ce sera efficace. Ils ont dû renoncer au jardin en contrebas en raison des chevreuils et des sangliers… Préparé l’atelier de samedi sur les peurs, pour Saint-Chély. Appris un tas de choses pendant mes recherches. Lu les Rats taupiers de Christophe Sanchez au coin du poêle car la soirée était fraîche encore dans la maison malgré le soleil tout le jour. Touchée par cette écriture sur le père manquant… Et parlé à X. qui m’amuse et m’attendrit. Mais j’ai dû lui rappeler que je suis une fille de la campagne, lui qui me conseille de choisir un pied-à-terre parisien ou banlieusard, montpelliérain ou marseillais… Bref. Je choisirai mon coin lui ai-je dit, à la campagne, dans la nature dont j’ai besoin.

Samedi 6
Le clash. A 2 h du matin, réglé en 8 minutes chrono. Soupirs, soupirs… soulagement ou contrariété ? Ce qui s’écrit mentalement : « Goulot d’étranglement/Nos colères s’y engouffrent/ », et puis j’ai oublié la suite. Sans importance. Alors que je viens de passer une nuit blanche et que je pense à tout cela, me dis que l’aveugle, c’est moi sans doute. Tout ce qu’on ne veut pas voir… de soi, de ses propres peurs, de ses fuites… De nous deux, il est le sage. Et puis je me dis que j’ai quelques excuses en ces temps mouvementés. Refait le point de nos différences. Bon. Stop. Au bout de la nuit, je finissais par me trouver toutes les raisons de culpabiliser…

Dimanche 7 mai
Et voilà. Un petit mot d’excuse pour mes mots horribles et ta réponse, contre toute attente, qui me bouleverse. Tu ne crois qu’à ce qui nous distingue. Et c’est bien toi qui as raison.
Aujourd’hui jour d’élection, deuxième tour.
Hier samedi premier atelier à St-Chély, 6 personnes dont une qui n’écrira qu’à la toute dernière proposition.

Lundi 8 mai
Visite à la Combe pour récupérer mon courrier. Une heure trente chez Véro à papoter jardin et élections. Vidéo avec X. qui me dit tout ce qu’il pense de moi (je bois du petit lait). Rien ne me traverse de ce que pense cet homme, tout m’imprègne, tout se pose pour longtemps en moi, et je ressens toujours la sérénité des premiers moments quand nous parlons à cœur ouvert. Qu’il nous voie vieillir côte à côte en nous tenant la main me remue les tripes. Et puis j’aime les hommes qui savent pleurer. Ouvre les yeux, me dis-je, et ton cœur, femme blessée !
C’est ma fête aujourd’hui, au Canada, en tout cas, et je reçois les vœux de ma Stéphanie.

Mercredi 10 mai
Longue après-midi à St-Chély. Quatre heures de route pour trois heures d’atelier. Groupe amical de 7 personnes. De bons fous rires, une ambiance cordiale, un peu de chocolat en guise de carburant (je pensais accueillir des enfants en ce mercredi !) et le temps a filé. Je me disais au retour que le nord de la Lozère avait toujours été accueillant pour mes ateliers… Quel dommage qu’il y fasse si froid l’hiver. De retour à la maison vers 19 h non sans avoir stoppé quelques minutes sur la route pour admirer un jeune chevreuil, intéressé lui aussi (par la voiture), en arrêt au bord de la forêt, à me regarder, avant de se décider à tourner le dos et à bondir dans la futaie alors que je sortais mon appareil photo. Hier mardi journée dédiée à la finalisation des interviews et table ronde du festival. Ce soir appel de A., il ira finalement à Venise du 16 au 18 juin pour un festival des arts. Lu la lettre de recommandation d’un sociologue pour le poste qu’il brigue à l’université McGill de Montréal. Punaise ! quel élogieux courrier ! S’il n’a pas le poste, je n’y comprends rien.

Dimanche 14 mai
Festival du livre à Florac ce week-end. Tout est . Rencontre avec Sandrine Cnudde, André Bucher, Catherine Poulain. Acheté des livres, trop. Envie de renouer avec le journalisme culturel.

Mardi 16 mai, tard
Atelier ce soir au moulin de Grattegals en comité restreint. J’ai écrit pour changer un peu et… me rendre compte de la difficulté de mes propositions ! Le silence, à partir d’une interview avec Bram Van Velde, et les plis du temps… Au retour, aperçu trois chevreuils sur la Cam, deux jeunes et un adulte, et encore un sur la route en lacets qui descend la vallée, puis deux yeux brillants parmi les herbes hautes. J’ai croisé le regard de l’un des faons, et c’est toujours la même émotion.
Vidéo avec R. qui me manque beaucoup. Tristesse quand j’ai appris son retour en région parisienne pour 8 jours. Etre si près et ne pas se voir…

Texte et photo : Marlen Sauvage

 

 

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