Le mur de Vermeer, Abbas Beydoun

« Les fissures qu’on voit dans le mur de Vermeer pourraient être ma douleur de maintenant. On s’abandonne volontiers à ses fissures. Je dis que cela vient d’une frivolité. Tu fréquentes une obsession et tu ne lui coupes pas les ongles.Tu vois une virgule et tu te dis : aucune chance qu’elle ne se transforme en esperluette douloureuse ! Tu crois que la précaution ne fonde pas les murs et, à force de parler longuement aux passants, tu ne croiseras jamais ta vie dans les escaliers.
Il se peut que la fissure disparue du mur de Vermeer ait été une illusion : la douleur est une simple signature dont nous parlons une fois qu’elle est périmée. »

Abbas Beydoun, Le mur de Vermeer. Traduit par l’auteur et Bernard Noël
in Le Spleen du désert, Petite anthologie de poèmes arabes en prose, Abdul Kader El Janabi
©Editions Paris Méditerranée, 2001.

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