D’un mot à l’autre. Monique Fraissinet

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Tendresse
Lovée dans le creux de la main qui caresse, la main jointe à l’autre, les mains qui prient pour demander refuge

Refuge
Refuge dans un bateau, bateau d’espoir, bateau du désespoir. Les secours qui approchent, la sirène hurle, les bras se lèvent, les mains se tendent. Les femmes et les enfants d’abord !

Femmes
Les femmes sont libres d’aller au stade, libres de conduire, leur liberté est toute enfouie. Seul cet habit nous dit que c’est une femme.

Habits
Habits de fête, habits de travestis, habits de moine, habit de noce. C’est selon, vis ta vie, attache-toi aux moments délicieux.

Moments
Moments éphémères des fumerolles qui remontent du lac gelé au petit matin glacé, moments éphémères de l’arc-en-ciel, moments délicieux devant l’éternel va-et-vient des vagues, moment agréable du reflet de la nature dans l’eau claire.

Texte et photo : Monique Fraissinet

Un texte écrit en atelier à partir d’une proposition que j’ai intitulée « D’un mot à l’autre », inspirée d’un texte de Anna Jouy, publié sur sa page Facebook le 5 avril (à lire ci-dessous). Marlen Sauvage

poète

– se demande si 58 kilos ce n’est pas trop pour le plaisir et le goût éthéré des choses

choses

-un mot que j’aime bien, comme s’il soutenait tous les indéfinis de trottoir et que cela m’exemptait de chercher à monter et à les assembler

assembler

-peut-être mais trop souvent, il faut ensuite en découdre, un fil sous la peau et puis le trou suivant… encore.

découdre

-c’est un poing dans l’espace, je ne frôle que le vide, la fuite, et je ne les bats même pas.

frôler

-caresse inaboutie qui tient entre ses dents, son chapeau. toutou sage et formaté. la peur est une amante sans la moindre idée de mon désir

chapeau

-toujours le porter sur le côté responsable. la vie se vit avec un rebord large, comme un anneau de Saturne. mais que des manèges et des tournées de veste

anneau

-je le retiens celui-là, pour toutes les conneries qui passent au travers du feu et n’en sortent même pas roussies

conneries

-fortes, âcres, sentant leurs reflets fauves, oppression de pores et remugles de caniveau où je navigue- paraît que je suis folle-, c’est l’essentiel à dire. je n’en doute pas. ça suinte.

doute

-pourtant. tout est fuites sans corde de rappel. les choses n’ont pas de prix, ne valent pas certes le temps de disparaître. elles vont dans le silence, silence de ce qui est mort.

silence

-pour en finir. on y voit la liberté de vivre, selon soi. à l’autre bout, il n’y a personne – parait-

mais j’en doute

poète

-58 kilos de mots et de gras sur les papiers.

©Anna Jouy

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