Carnet de voyage (sud tunisien 6)

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2 janvier – Gouvernorat de Tataouine – Chenini
Nous filons à une petite vingtaine de kilomètres de Tataouine, pour arriver aux alentours de 10 h à Chenini, village troglodytique berbère. D’où vient ce nom ? Je le chercherai. [« D’après saint Augustin, le nom serait issu de Kanaan. Dans le parler berbère de Tataouine, le verbe « chenna » signifie « mélanger », selon wikipedia.] Nous grimpons à l’assaut de la butte vers le ksar qui la surplombe, éminence blanche dans un paysage de pierre ocre.

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On dit que le minaret blanc servait autrefois de repère aux cavaliers… Le nouveau village se situe en bas.

En haut, la vue ouvre sur l’immensité désertique du sud tunisien, parsemée de vertes oasis. Une boutique expose masques et poteries, des tapis ourlent le mur d’enceinte, j’admire le paysage. Au soleil d’une petite terrasse qui surplombe la plaine, comment ne pas remercier pour ce cadeau de la vie, les amis, le voyage, la découverte…

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Je me perds dans le dédale des rues oubliées, visitées seulement par les touristes… moins nombreux qu’avant dans cette belle région…

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Je m’égare, redescends la colline en flânant sous le soleil ardent et fais une halte dans une petite échoppe, attirée par des bijoux et des objets artisanaux exposés dehors. Un jeune homme, Ali, m’aborde et m’invite à prendre un thé au petit café, deux tables dressées à l’ombre dans la ruelle en terrasse qui redescend de la colline. Il me raconte la vie du village dans les années 60 et jusqu’à aujourd’hui. Il est allé à l’école primaire. Ici, à six ans, on apprend l’arabe, à huit ans le français puis l’anglais, mais tous parlent berbère entre eux. Le village compte 500 personnes soit 80 familles, dont les femmes restent à la maison, travaillant l’artisanat, au milieu des vieux et des enfants. « Tous les vendeurs de journaux à Tunis viennent de Chenini », m’assure-t-il. « Ici, on vit de l’élevage des chèvres et des moutons. On vit cinq ou six mois ici, et le reste dans les oasis. On part en petite caravane, avec quelques dromadaires, des moutons et des chèvres, et on revient quand il fait trop chaud là-bas. »

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Ali se plaint des attentats qui ruinent les petits commerces et des touristes qui n’achètent plus rien. Je repars avec un bijou, un bracelet d’argent et de turquoise pour B., et un bougeoir, jusqu’aux bus où j’attends les autres. Deux enfants me rejoignent et veulent écrire sur ma tablette. Ahmed a 8 ans et Zaid, 12 ans. Ils vont à l’école du village. Nous parlons de la langue française, je les laisse écrire l’un après l’autre tous les mots de français qu’ils connaissent. Famille. Amis. Amélie. Mario. Maison. L’école. Merci. Bruno. Bravo. Quand un vieil homme s’approche, l’un d’eux prend peur, son regard inquiet se tourne vers son cousin qui m’explique qu’ils doivent me quitter sous peine de se faire gronder par leur grand-père…

Nous quittons Chenini pour un autre village, Douiret, lieu berbère abandonné. Il fait face à la plaine, un chemin le contourne, . Le groupe s’échappe, se disperse. Aux visages que je croise, je constate que la méditation bat silence plein !

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Déjeuner dans Tataouine d’une très bonne daurade dans un petit restaurant puisque le Sinbad recommandé par un vendeur est fermé. Si les vendeurs de journaux viennent de Chenini, ce sont les gens de Tataouine qui tiennent les pâtisseries arabes à Paris… Après-midi libre. Nous retrouvons le groupe au restaurant de l’hôtel pour un jeu du soir animé par notre guide italien, Stefano. Chacun doit retrouver les 2 personnes du groupe qui ont reçu comme elle/lui au début du voyage un bouton de couleur : les rouges, les jaunes, les verts, etc. Il se forme ainsi 9 groupes de 3 voyageurs. Chaque groupe ainsi constitué reçoit ce soir un numéro de loto, et doit trouver la raison de ce bouton associé à ce numéro. Un jeu digne d’un atelier d’écriture. J’observe les visages interrogateurs, dubitatifs, les regards qui se tournent, cherchant des réponses  ici et là, et puis viennent les rires quand chacun commence à inventer sa propre histoire. Tous feront preuve d’imagination, plus ou moins poétique ou délirante.

Il n’y avait bien sûr rien à trouver en particulier, le but étant de nouer encore des liens à travers un jeu, si besoin était à ce stade du voyage…

(à suivre…)

Texte et photos : Marlen Sauvage

 

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