Rochefort-en-Valdaine

Dans la plaine de la Valdaine, sur la route improvisée de ce jour-là, un panneau indique un village médiéval et la voiture en emprunte le chemin… Les restes de fortifications mangées par la végétation, trouées par le temps, me laissent perplexe… Avant de contourner le mur d’enceinte dont j’apprendrai qu’il fut remanié au XIVe siècle, je jette un regard sur l’horizon.

Les grands oiseaux blancs se perdent dans la brume matinale, je les suivais des yeux sur la route qui mène ici. Je leur trouve toujours une grâce désordonnée…

Un coup d’œil sur la droite du paysage, et la beauté m’étreint la gorge, je voudrais connaître le nom de toutes les montagnes, des villages dans le lointain, mais je n’ai aucune carte, aucun repère. Juste mes yeux pour admirer, le vent dans les oreilles et la solitude pour compagne.

Je contourne les vestiges, saluée par le soleil et accueillie par un vieil habitant du lieu.

C’est lui ! Son écorce vaut une bonne poignée de main.

L’entrée du château-fort. Construit sur un ancien château de terre dont les fondations remontent au Xe s, il date du XIIe siècle.

L’ensemble est désolé… Il faut un grand pouvoir d’imagination pour rêver la vie dans cet endroit. Sur place, je ne fais qu’envisager la place possible des poutres, des plafonds, des portes, selon les traces relevées dans les murs…

Mais de retour chez moi, je découvre que le château appartenait à la branche aînée des du Puy-Montbrun (l’histoire de la famille et du nom qui se transmet par « réversion » est assez longue, je ne rentre donc pas ici dans les détails…), une famille noble, issue de la chevalerie, dont les racines remontent au moins à 1267 et qui s’est éteinte en 1871. L’un des membres de la famille du Puy-Montbrun, capitaine huguenot impliqué dans les guerres de Religion et chef des protestants du Dauphiné, fut en 1563 le second du baron des Adrets. Lequel baron est un personnage de mon enfance puisque la maison que nous occupions dans la Drôme était – nous disait-on – un des lieux où s’abritait l’homme, sanguinaire par ailleurs, qui alimentait nos peurs de petites filles. A posteriori, le château se peuple de chevaliers, de marquis, de leurs épouses, d’enfants, de prénoms : Jacques, Charles, Alexandre, Justine, Lucrèce, Diane…

Après un siècle d’abandon, le château est de nouveau occupé et modernisé au XVIe s. Aujourd’hui, une association locale (ACROCH) se charge de consolider certaines parties du lieu.

A quelques pas du château, la chapelle Saint-Blaise (XIIIe-XVIIIe s), dédiée à l’évêque de Sébaste en Arménie (qui était aussi médecin et que l’on invoque pour les maux de dents et les maladies des animaux). Martyrisé en 316 et décapité.

Sous l’Ancien Régime, la chapelle appartenait au diocèse de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Le portail de la façade date du XVe. L’accès était fermé, je n’ai rien pu voir de l’intérieur…

Mais sur le lieu, on peut lire que l’édifice renferme dans la nef et dans le chœur les caveaux de la famille seigneuriale des du Puy-Montbrun.

Enfin, le cimetière voisin où j’ai déambulé, ramassant dans une allée le cœur de Séraphin

Texte et photos : Marlen Sauvage



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