Ciels, mes Cévennes !

Départ pour la Lozère… je devrais dire les Cévennes lozériennes, au sud du département, vers Florac et Saint-Laurent-de-Trèves, pour rejoindre Monique qui m’accueille dans son beau moulin. Dès les premières crêtes schisteuses dentelées, plus ou moins érodées, qui dessinent d’étranges châteaux envahis par les pins sous un ciel bleu et quelques nuages voyageurs, dès les premières lauzes et les maisons de pierre, j’exulte, je respire les châtaigniers roux, les bouleaux, les hêtres. Ici l’herbe est d’un vert irlandais, mais il y a autant de verts que de bleus…, les murets de pierre sèche me parlent de courage et d’ingéniosité, les chemins m’invitent à la cueillette des champignons (je n’irai pas), les fougères rousses envahissent les fossés, les pentes réclament toujours de bons genoux…

Enfin, j’arrive au moulin de Grattegals près de sa rivière transparente. Le soleil a disparu derrière la barre rocheuse, le ciel est blanc, le temps d’un thé et des dernières confidences, il est bientôt temps de rejoindre le groupe à Florac pour l’atelier du soir.

Retrouvailles ! Huit personnes nous attendent, papotant joyeusement dans la maison de Mireille, embrassades, accolades, sourires des yeux, mains pressées, quel réconfort ! Et nous démarrons la lecture des textes issus d’une proposition de récit épistolaire, après avoir parlé de Jane Austen et de Lady Susan, et d’autres romans tels que Je vous écris, Hisashi Inoué ; Le fusil de chasse, Yasushi Inoué, 84, Charing Cross Road, de Helene Hanff ; Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, d’Annie Barrows ; Inconnu à cette adresse, de  Kathrine Kressmann Taylor), et j’en passe. Je reste époustouflée par l’imaginaire de ces dames, leurs talents d’écriture, et nous sommes captivées durant près de 4 heures par ce qui se raconte et que nous imaginons chacune pour soi derrière nos fronts penchés ou nos yeux rêveurs. J’attends les textes ! L’atelier se termine vers 23h30 après un repas partagé et la proposition donnée pour notre rencontre du mois suivant.

Le lendemain matin, surprise ! Les castors ont profité de la nuit pour dévorer quelques pieds d’arbustes le long de la rivière… C’est net et presque sans bavure… Nous tentons de repérer les traces de pattes et de queue sur le sable gris.

Nous partons à Saint-Laurent-de-Trèves visiter un lieu magnifique tenu par une jeune femme qui ne l’est pas moins, en vue d’un prochain stage. Arpentons le village où j’étais venue il y a près de vingt ans m’extasier devant les traces de pas de dinosaures… Une capacité que les années n’ont pas altérée. Et je reprends le chemin du retour avec quelques kilos de noix, un morceau de courge, des oignons doux et des châtaignes.

Le four à pain du moulin de Grattegals

Textes et photos : MS

4 réflexions sur “Ciels, mes Cévennes !

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