Carnet des jours – Confinement #6

Photo : Marlen Sauvage

J’ai peur que les jours se ressemblent à partir d’aujourd’hui, le même silence, la même tranquillité sur la place ; heureusement un volet s’ouvre, puis un autre, un couple à un balcon devisant dans le soleil, des draps et des couvertures jetés sur la balustrade… J’ai su à mon arrivée dans la ville qu’il s’agissait d’une famille syrienne accueillie il y a quelques années. Une autre que celle rencontrée lors d’un repas partagé avec les jardiniers des jardins communaux quelque part à l’automne. La Syrie… Oubliée plus que jamais en ces temps de confinement. Mais il faut dire que je ne lis plus la presse ou si peu. Comme un lecteur (ou une lectrice) de mon blog me suggère l’humour pour surmonter le côté anxiogène de la situation (et que je préfère l’humour des autres au mien), j’ai trouvé un panel de solutions humoristiques données dans le Courrier international, le lien est ici.

Les informations qui me parviennent sont celles d’ami.e.s dispersées en France et ailleurs, et j’aurai passé ma journée à aller me cultiver pour savoir ce que peuvent bien être les « oyas » que me conseille ma voisine pour notre jardin commun (finalement, les pots en terre que je plantais dans le sol cévenol au pied des plants de tomates et de courges étaient des oyas sans que je le sache…) ; je découvre qui est Peia Luzzy, proposée par Prêle, une voix splendide que je vous partage :

Enfin, parmi mes découvertes du jour, ce très original poème cinématographique d’Ilse Garnier, pour rêver avec les mots, que m’envoie Françoise C., c’est superbe.

Echange de messages audio avec Prêle qui me parle d’une coupure d’électricité intervenue la veille dans tout Cayenne, qui la fait réfléchir au désarroi de beaucoup d’entre nous qui ne sommes pas équipés pour affronter ce genre de situation. « Pourquoi nous ? » demandaient des jeunes dans son quartier. (Elle vit dans une résidence de plusieurs dizaines, voire centaines d’appartements.) Elle a apprécié le silence, avait suffisamment de bougies pour lire une histoire à sa fille. Peut-être qu’il faudrait envisager de vivre autrement un jour, me dit-elle, et arrêter maintenant la réflexion pour passer à l’action, trouver des solutions qui nous permettent d’être autonomes. Pour ce qui la concerne, elle veut progressivement se préparer à ça, cultiver davantage de plants sur son balcon, avoir des appareils à rechargement solaire, etc., le seul problème serait… le réfrigérateur ! J’entends la petite Alima, 5 ans, dire qu’en pleine nuit alors qu’elle a rejoint sa maman dans son lit, elle a entendu les oiseaux chanter “comme au carbet”, du temps où elles vivaient en pleine forêt… “Et c’était merveilleux…” Vive le silence… des oiseaux !

Des oiseaux pour Alima

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