Carnet des jours – Confinement #8

Photo : Marlen Sauvage

Est-ce le blues du confinement ? Plusieurs appels entre hier et aujourd’hui relatent des souffrances, des conflits, des chagrins larvés, le manque de reconnaissance des uns, l’ingratitude des autres, des faiblesses sur lesquelles on met le doigt, de vrais besoins… de ces perturbateurs du quotidien relégués à l’arrière-plan des soucis comme ce qu’on ne veut pas voir, pas encore, et qui un jour surgissent de plus belle parce qu’ils ont tout loisir de le faire. Et c’est là – car je ne sors pas du lot de ceux qui voient surgir leurs failles – que je décide de mémoriser, par écrit, la liste de ce qui m’apparaît crucial, tant on est porté à tout oublier, une fois les tempêtes éprouvées, laissées derrière nous. Elle se terminera avec le dernier jour du confinement, pfff !

Deux heures d’internet, de 7 h à 9 h – lecture de textes, de vidéos d’auteurs que je conseille chaque fois que j’en ai l’occasion (Gwen Denieul, Brigitte Célérier, Claude Enuset, Ahn Mat, Gracia Beijani, Arnaud Maïsetti, Milène Tournier, il y en a d’autres !) – temps d’échange en différé avec Prêle qui depuis sa Guyane m’envoie des exercices de sophrologie par WhatsApp. Je suis gâtée. Aujourd’hui est un jour de cadeaux : dans l’après-midi Stéphanie me donne un lien vers des podcasts de lecture audio de Radio Canada (allez-y ! ici il s’agit d’enquêtes policières), me suggère de « m’imposer une routine » pour ne pas me sentir complètement débordée, car mes horaires dérivent étrangement vers une vie nocturne et un sommeil diurne ! Trop de temps, ça nous inhibe, conclut-elle. Elle m’invite à prendre l’initiative de chanter à la fenêtre avec mes petites voisines, des chansons en canon « comme quand on était petites, tu vois. » Je ne sais pas si j’irai jusque-là pour satisfaire mes besoins « d’animal social », comme elle dit encore… « Si on ne fait pas des choses comme ça pour se changer les idées, on s’en va dans le mur sur le plan de la santé mentale ! » Certes. J’irai encore profiter de l’heure allouée pour les sorties et me contenterai, je pense, de sourire et d’échanger un mot de loin à qui je croiserai. Parmi les dernières nouvelles du Québec, les grands centres d’achats se ferment – jusqu’ici tous les commerces ne l’étaient pas, seuls les lieux où des foules pouvaient se rassembler (bibliothèques, cafés) (encore pour moi une incohérence !), mais pas encore d’autorisation de sortie à fournir, pas de policiers dans les rues, en tout cas dans la grande banlieue de Montréal. Les écoles sont fermées au moins jusqu’au 1er mai, ce qui fait que l’année scolaire de Justin est « pas mal ruinée » (j’aime le vocabulaire québécois), Stef ne fait aucun pari sur la durée du confinement, « ça ne donne rien de spéculer, on arrête les médias et on se concentre sur les trucs qui font du bien » (en dehors du travail à réaliser quand même !) : jardiner, marcher dans la nature, faire un peu de sport le soir, passer du temps ensemble autour d’un film ou de jeux vidéo… Ben oui, à trois, c’est autre chose ! Encore que tout bien réfléchi, je ne sais pas si ce n’est pas plus compliqué de gérer ses états d’âme « en public »…

Au milieu des larmes des unes, des confidences des autres, des conseils, des suggestions, j’ai finalement trouvé l’énergie pour faire un peu de sophrologie le matin, grimper sur le vélo d’appartement l’après-midi, écrire, engager quelques travaux de nettoyage de printemps… 

Parmi les cadeaux trouvés sur le net :
• Plus de 300 livres d’art à télécharger gratuitement, sur la bibliothèque virtuelle du Getty Museum.
• Des oiseaux et leurs histoires, avec les chants associés en cliquant sur leur image.

Et puis quelque chose que je pratique pour son côté agréable et écologique et nous avons le temps de penser à nous, profitons-en, les femmes comme les hommes : un gommage pour le visage et le corps (pour tous !). Si vous faites votre café dans une cafetière filtre ou italienne, essorez le marc et placez-le dans une coupelle. Ajouter une ou deux cuillères d’huile d’olive (ou une huile neutre de votre choix, huile d’amande douce, huile d’argan, etc.), deux gouttes d’huile essentielle de lavande, ou de mandarine, ou tout autre senteur qui vous est agréable. Massez votre visage et votre corps pendant quelques minutes avec cette pâte, rincez, savourez, partagez votre peau pour celles et ceux qui le peuvent et profitez-en pour aller lire ou relire ceci !

MS

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