Carnet des jours – Confinement #11

Lever tardif comme jamais, 9 h 30. Envie de… rien ! L’effet confinement du onzième jour. L’amie artiste qui ne peut pas peindre, vide dans la tête et dans le geste, ma grande sistra qui n’y parvient pas non plus, imputant la chose au manque de stress… Je lis les nouvelles, graves celles-là, de celles et ceux dans un cercle d’amis plus lointains ou plus virtuels atteints par la maladie ; comme d’habitude les infos me sapent le moral, et engendrent une montée de colère noire. Heureusement il y a des coups de fil qui vous réveillent immédiatement, parce que vous entendez le sourire poindre sous les paroles, comme un réconfort qui ne dit pas son nom, parce que les vieux souvenirs, le bon temps de l’école de journalisme, des rigolades à « Canal-de-Pantin », en nous remémorant certains épisodes comme notre réunion de rédaction, croqués par Faujour, les Banlieues Bleues, notre interview commune de son directeur, Pierrot à la photo, moi en porteuse de micro… nos débriefings dans le troquet du coin… la mémoire précise d’une pensée fulgurante, jamais partagée et que l’on peut aujourd’hui s’avouer, la prescription aidant… Le bon côté du confinement ? On se promet de se revoir comme il était prévu, mais plus tard, bien sûr, et je peste encore contre cette nouvelle entendue sur Inter d’un confinement prévu jusqu’au 15 avril. Pour qui décidément nous prend-on ?

Que se passe-t-il ailleurs ? En Guyane, la vie dans certains quartiers a repris de plus belle, supermarchés, chantiers ouverts, selon le producteur de légumes et œufs qui vient livrer Prêle dans sa cité. « Les gens travaillent, le monde circule, c’est pire qu’au début du confinement, affirme-t-il, et pour nous, petits producteurs, on ferme les marchés… » Sentiment profond d’une injustice criante. J’écoutais aussi la situation des routiers en Espagne, pour qui il était impossible de trouver une douche, des toilettes sur leur route, une épicerie où trouver le minimum basique… Mais on a remédié à cela après des témoignages, les pleurs d’une « routière »… Ce qu’il faut endurer quand on est « en bas » de l’échelle, parmi ceux qui contribuent à maintenir le nécessaire pour le commun des mortels… A La Réunion, la polémique des masques périmés, (merci Julie !)… 

En ce vendredi (après un coup d’œil à mon agenda…), nous devions tenir notre réunion de délibération avec le comité de lecture du concours de Nouvelles initié par Chrysalide… Je barre le rendez-vous comme tous ceux qui ont précédé… en me demandant comment nous allons parvenir à caser dans le futur tout ce qui était prévu… et bien, nous prendrons le temps, ma chère, puisque nous aurons appris que tout peut attendre. Sur la route de ma promenade hier, puisque je ne suis pas sortie en ce onzième jour, j’ai croisé quelques autres confinés, les voici, toujours à l’isolement… sauf le chien peut-être qui a manifesté longuement son désaccord avec les mesures prises.

MS

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