Carnet des jours – Confinement #14

Photo : Marlen Sauvage

Ma colère est tombée…
Ou tout au moins, je décide de la mettre en quarantaine. Pour me concentrer sur le po-si-tif.
Nous parlions hier avec un ami de la difficulté à remplir en une journée le peu d’objectifs que nous nous donnons, compte tenu du temps dont nous savons disposer. Alors qu’à la fin des années 80, nous arrivions à bout de notre page « d’action items » (nous bossions dans une boîte américaine) tant pour le travail que pour la vie de la maison, tout est devenu plus compliqué avec les années. Et je m’en accommodais. Mais là avec le confinement, c’est le bouquet. Non seulement, on écourte la liste, mais on en reporte allègrement les points d’un jour sur l’autre… A l’époque de la trentaine bourrée d’énergie, le « devoir accompli » me remplissait de satisfaction, et c’est à cela que j’ai repensé après quasiment deux semaines d’activité molle, voire nulle, sans motivation. En ce quatorzième jour de confrontation à soi-même, j’ai re-pensé ma journée en termes d’objectifs (je vous épargnerai ma liste)… avec mesure, toutefois, pour lui redonner une « forme ».
J’ai donc rempli ce jour en activités diverses, écouté Etienne Klein parler de son dernier ouvrage Ce qui est sans être tout à fait : Essai sur le vide, passé deux heures à l’extérieur parce qu’oublié l’heure pendant que je lisais, discuté dans la rue avec une connaissance pendant dix minutes, et c’était bon !, reçu du petit groupe d’amies qui participent à mes ateliers d’écriture des nouvelles joyeuses (les petits-enfants de l’une, confinés comme tout le monde mais plus créatifs peut-être, ont créé le coronaphone, un tuyau de deux mètres à travers lequel se parler…), des questions drôles (qu’est-ce qu’on va bien pouvoir trouver cette année pour le 1er avril?), des idées de lecture (Les quatre filles du Dr March) « inoffensive en ces temps tourmentés et qui nous remet en phase avec les vraies valeurs de la féminité », des récits de rêves étranges où il est question de « crocodiles chlorophyllés », reçu aussi la photo d’une tortue de pierre (photo ci-dessous), et enfin une citation à méditer, qui vient boucler finalement le début de ce billet (et me rappeler de laisser une part à la méditation) : « Par peur du vide, nous courons d’une activité à l’autre sans laisser le moindre temps mort. Paradoxalement, ce temps plein à ras bord nous paraît, avec le recul, d’un vide effrayant. » Lars Fr. H. Svendsen – Petite philosophie de l’ennui.
Et des liens que je vous partage ici :
Une chanson de circonstance (merci Fanette-de-Florac)
Une lettre à écouter (merci Monika)
Une BD quelque peu visionnaire (merci Alain-de-Belgique !)
Une vidéo sur le vide, d’Etienne Klein

Photo : Liliane Paffoni

MS

Un commentaire sur “Carnet des jours – Confinement #14

  1. pas bien, mais un tel plaisir de voir que mon aboulie est partagée, un peu, je vous le souhaite, par la majorité d’entre nous (ça me réconforte, et puis cela crée des textes si beaux finalement pour ceux qui colle toi passent outre)

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