Carnet des jours – Confinement #16

Photo : Marlen Sauvage

Je suis au fond de l’eau. J’ai rempli d’air mes poumons, je retiens ma respiration, je reste le plus longtemps possible recroquevillée, concentrée, j’essaie de penser à autre chose, et puis quand ce n’est plus possible, je donne un grand coup de pied et je remonte à l’air libre. Je suis au fond de la piscine. Et je préfère la mer.

Nous sommes entrés dans la deuxième quinzaine du confinement. J’ai passé quasiment trois heures à supprimer des mails datant des trois dernières années, assise dans le canapé, à les relire, me remémorer les situations, les discussions, les boulots bénévoles ou non, les voyages. J’ai conservé les conversations avec mes filles, quelques mails d’amis que je ne me résigne pas à jeter, quelques photos envoyées par X ou Y, des idées de projets envisagés avec les un.e.s et les autres, des extraits de bouquins… J’ai retrouvé un enregistrement de la voix de S. qui m’avait envoyé un de ses textes… Et puis des choses rigolotes comme cette anecdote racontée par Stef, de Milo demandant à son père pourquoi le Père Noël vient toujours la nuit. A la réponse du papa que c’est parce que le Père Noël est un vampire, Milo de répondre « Ben non, les vampires, ça n’existe pas ! ». Un peu d’oxygène encore avec les premiers textes qui me parviennent de l’atelier de mardi. En dehors de ces réponses aux propositions d’écriture, les participantes débordent d’humour et de créativité, comme pour enterrer la quinzaine et repartir dans la joie pour la suivante. Elles envisagent  une « cororéunion » pour discuter de leurs textes à distance, plutôt qu’une coronaréunion, la question est posée, mais je l’entends comme un pied-de-nez à la situation pour laisser place aux choses du cœur… J’ai droit à un poisson masqué (nous sommes le 1er avril… et ce sont des gamines !), je découvre l’arbre à ballons qui a poussé dans la cour de l’une d’elles, la « question existentielle » de la fille de Fanette, 7 ans : “Il existe Boris Vian ?” Oxygène.

A savoir :
« Le poète Paul Celan, né à Czernowitz (aujourd’hui en Ukraine) en 1920, il y aura cent ans le 23 novembre, suicidé le 20 avril 1970 à Paris, il y aura cinquante ans ce 20 avril. Dans le recueil de poèmes que lui ont consacré les éditions José Corti en 2007, que je consultai il y a quelques jours, on peut lire, extraits d’un recueil paru en 1952, Mohn und Gedächtnis (Pavot et Mémoire) deux poèmes qui se suivent : Corona, puis l’un des plus célèbres poèmes de cet auteur Todesfuge (Poème de la mort). Le rapprochement de ces deux poèmes est troublant. Même si le poème Corona ne fait pas explicitement référence à la mort. Bien au contraire. » Patrick Roy, éditeur en Cévennes, à Barre-des-Cévennes.

A regarder (merci Aline !) :
https://www.youtube.com/watch?v=K-5Bs4rVnyY

A consulter :
Le blog d’une Canadienne installée en Chine (merci Stef !)
… http://emberswift.com/pet-play-date-borrow-a-dog/?

A lire (merci Claude !)
https://lesamisdebartleby.wordpress.com/2020/03/27/edouard-schaelchli-lettre-ouverte-a-m-le-maire-degletons/#more-1900

MS

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