Carnet des jours – Journal du confinement #21

Photo : Marlen Sauvage

Lundi 6 avril
La photo du jour ! Chinée à 2:38 tant il est dur de trouver le sommeil… une des réactions au stress du confinement, dit-on… je l’associe plutôt à la présence de la lune à ma fenêtre, mais enfin. D’ailleurs, en parlant de cela, dans la nuit de mardi à mercredi, nous aurons le privilège de voir apparaître une « super lune rose », un phénomène céleste assez rare et magique dit le magazine SO.

Quand j’émerge de ma nuit agitée, mes premières pensées sont pour toi. A cette heure-ci, j’aurais commencé à t’attendre…

Comme chaque matin, un tour sur les réseaux sociaux durant une petite heure pour lire l’actualité de mes auteurs favoris (femmes et hommes mais j’arrête avec l’écriture inclusive, ça devient illisible !). En plus d’écrire, certains partagent leurs savoir-faire, dégotent des infos, des images drôles, et cela suffit pour me redonner la pêche (ou la banane !). Ainsi que le suggère l’association des médecins psychiatres du Québec parmi ses Conseils pour garder la santé mentale pendant la quarantaine (et ce que chacun sait il semble tant le plus drôle fleurit sur le net) : « Partagez les blagues, l’humour est toujours plus drôle lorsqu’il est partagé. Le rire est contagieux. » Dont acte.
Une image souriante que je reprends à Françoise Durif :

©DR

Mais ce qui m’a le plus fait rire je crois, ces derniers temps, c’est cette petite vidéo du papa dans son canapé qui se planque derrière une peinture de coussins pour échapper à ses mômes.
Un autre rendez-vous, la lecture par Claude Enuset d’extraits de livres, aujourd’hui c’est Georges Perros. « Le désespoir c’est de se taire. » (…) « Tout m’émeut comme si j’allais disparaître dans le moment. » En dehors de quelques textes, je ne connais vraiment pas l’auteur. Et découvrir un univers, c’est toujours pour moi une grande joie, j’aime ces partages. Et puis, Claude est un homme de théâtre, il a une voix.

J’ai l’impression de tourner en rond… je vais jusqu’à la chambre préparée pour toi. Le chat s’est endormi sur le lit. Tu m’aurais sans doute téléphoné dans la matinée pour me dire où tu te trouvais…

Je découvre les textes des participantes à l’atelier de mardi – que je vais d’ailleurs publier dans les jours qui viennent, celui de Stéphanie Rieu sur une expérience menée durant le confinement m’a tiré des larmes de rire. Maman m’appelle pour la recette des chapati… A 87 ans bientôt, elle est toujours à l’affut de découvertes culinaires ! Elle m’a avoué il y a deux jours qu’avec le confinement, elle buvait un petit whisky le soir en grignotant des friandises. Quelle nature, j’adore son côté dévoreur de vie ! Seule dans son appartement, elle trouve le temps long, même si elle n’est pas oubliée des uns et des autres qui passent lui porter ses courses.

Une pensée me traverse l’esprit : je n’ai pas imaginé de repas pour toi compte tenu de l’annulation de ta visite. Qu’est-ce que j’aurais finalement préparé ?

C’est sans doute à cause de cela que je finis par commander un poulet, une pintade et des fromages de chèvre à un petit producteur voisin, chez qui je me rendrai vendredi… L’idée de battre la campagne me réjouit déjà ! Sortie une demi-heure pour lire au soleil sur la place des Arcades, je profite du peu d’animation, deux ou trois voitures, des hommes et des femmes qui discutent le temps de se croiser, un semblant de vie.

Et finalement la journée s’étire, entre les photos reçues de Pêche et ses remarques sur les incohérences du gouvernement, le lien vers un générateur d’attestation de déplacement dérogatoire, les échanges avec La Réunion, le Québec, la Guyane, Guérande… Prêle me raconte qu’aujourd’hui, elle a décidé de voir le bon côté des choses. Je crois que nous passons tous par ces stades d’abattement puis de sursaut… Je photographie le couple de pigeons qui squatte le seuil de ma fenêtre depuis de longues minutes. Je renonce à fabriquer un masque pour S. puisqu’elle m’apprend qu’elle vient de s’en coudre un. Je n’ai pas le goût de manger un vrai repas, mon écran est devant moi, je cherche des images, des musiques, des chansons…

Et finalement, tu es là ! Je ferme les yeux, ta moto est noire et non plus jaune, tu me le dis. Nous imaginons ton arrivée, la joie de nous revoir, les embrassades et les câlins. Tant de présence à travers les ondes… on se demande si ç’aurait été aussi intense de près ! Des minutes entières à se dire, à rire, à se remémorer, à questionner le passé, pour s’emporter dans nos rêves. Le privilège d’une longue amitié. 😀

MS

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