Carnet des jours – Journal du confinement #22

Photo : Marlen Sauvage

Mardi 7 avril
Les jours se suivent et se ressemblent, avec un lever qui diffère toutefois selon la qualité de la nuit. A 6 h ce matin, j’écoutais les messages de ma Guyanaise qui, elle, les envoie tard le soir à ses moments de détente, une fois sa pépette couchée. Confidences sur canapé pour elle, et sur oreiller pour moi, car je redécouvre le plaisir du café au lit quand tout dort encore ! Je ris à ses rires, lui réponds à voix basse ; je prépare mon journal de la veille, je prends le temps, j’ai le temps.
Ecoute encore aujourd’hui d’Eugène Savitzkaya et de Marcel Moreau (mort à 86 ans ce dernier week-end des suites d’une infection au coronavirus), par Claude Enuset, lecture du blog de Brigitte Célérier. Je surfe sur le net, survole beaucoup d’informations, j’ai envie de dehors. Et je finis par m’en aller, guillerette, à 10 h 15 sous le soleil jusqu’à la boutique de Jojo où attendent déjà 2 personnes ! Après une bonne vingtaine de minutes durant lesquelles je discute avec une cliente à deux mètres de distance, c’est mon tour et je repars chargée de betteraves crues, de carottes, de navets tout jeunes, d’avocats tout durs (!), de pommes de terre ensablées, d’une belle batavia toute fraîche, de graines de tournesol, et de deux Bivouak que je dégusterai les soirs de discute. Je dépose tout dans le couloir en bas de chez moi puis repars aussitôt faire le tour du centre-ville pour optimiser mon heure ensoleillée, passer à la poste et échanger un sourire avec B. que je croise là, sur sa grosse moto rutilante, il y a quelques personnes dans la rue à cette heure, masquées pour la plupart, je le suis aussi, et cela m’empêche d’y voir correctement, la buée envahit mes lunettes, et j’étouffe là-dedans… De retour chez moi, le bonheur des messages arrivés en mon absence. Echange avec ma grande sistra de blagues toutes plus cloches les unes que les autres mais qui nous font hurler de rire et abuser des 🤣.
Une sieste de deux heures, et presque coupable encore ! Et puis non. J’ai laissé mes mails en l’état, lecture non terminée, je parcours les textes d’atelier, mesure le panier de linge à repasser que je ne repasserai pas, bouquine entre deux thés, et je me dis qu’à ce rythme je n’aurai encore pas écrit aujourd’hui.
Et ma soirée est occupée à regarder la lune… Il me semble apercevoir un léger halo rosé au plus près de sa circonférence…

Je partage une info (ci-dessous) que m’envoie ma fille québécoise, du Festival de la poésie de Montréal avec une série de podcasts, qu’ils appellent « balados »…

Cadavres dispersés
Poèmes extraits de Nous seules, de Claire Genoux, lu par Marcel Pomerlo. 
https://bit.ly/3aAYUnA

Mémoires de rue
Nocturne à Puerto Angel, de Bruno Grégoire, publié dans la revue Le Mâche-Laurier, lu par Gaétan Nadeau. 
https://bit.ly/2Ux2vgJ

Pensées existentielles
Dig it, de Marjolaine Beauchamp, lu par Catherine Chabot. 
https://bit.ly/2UxXkx2

Romance amoureuse
Poème extrait de Toi tu te tais, de Narcisse, publié aux Éditions d’en bas, lu par Marcel Pomerlo.
https://bit.ly/2JwahBg

Un poème de Michaux, de circonstance, dont fait part un ami cévenol.

MS

Un commentaire sur “Carnet des jours – Journal du confinement #22

  1. on mesure l’effet sur nous, malgré qu’on en ait, à cette incapacité à écrire (et même parfois à lire à certains moments… merci en passant de paumée)

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