La douleur, Mireille Rouvière

Photo : Marlen Sauvage

La liste

Oublier, cérébrale, tempête sous un crâne, la douleur, évanescente ou tumultueuse, la rêver, la manipuler, obédiente ou indocile,  douleur vagabonde, oppressante, dominante, accablante, pesante, refluer ou renflouer, l’amener à se corrompre, la stipendier, l’accepter pour soulager, finir par l’oublier.

La douleur

Pitre, oui bille de clown, faire l’arbre droit, oui oublier la souffrance. Regarder le ciel et dessiner des arabesques sur le sable clair. Un petit vélo dans ta tête qui fait des zigzags et se sauve pour soulager la tempête sous le crâne, il l’extirpe de ta pensée, il l’aspire la délie et la jette dans l’océan où elle va se fondre et se confondre avec le monde sous-marin. Le grand Léviathan reviendra se fourrera dans ton esprit et ta cervelle en explosera. Tant pis pour toi tu n’avais qu’à y penser avant, la douleur on ne doit pas attendre on doit la soigner dès qu’elle apparaît pour qu’elle nous laisse tranquille, pour qu’elle nous oublie. Maintenant essaie comme l’autruche, ta tête,  enfouis-la dans le sable et écoute si ça te soulage après tout tu n’as rien à perdre, seulement perdre la tête, et alors un décapité il la perd bien et cela ne lui fait ni chaud ni froid, elle roule on la  ramasse et on la lui sert sur un plateau. Ou bien allonge-toi sur la voie ferrée, choisis plus tôt celle du TGV c’est plus radical, tu es tranquille, tu te poses juste pour faire un essai et ta douleur elle a tellement peur qu’elle se retire, et là tu la considères tu lui parles de femme à  femme, face à face, tu l’insultes avec tous les jurons que tu connais et dans toutes les langues dont tu sais faire usage, alors tu la vois ta douleur elle devient rouge de honte, bleue de peur, blanche d’effroi, elle diminue, elle fond, elle se dessèche, elle s’effrite et elle disparaît définitivement.

Mireille Rouvière

Ma proposition d’écriture 
A la façon de Tarkos, dans son texte 
Le contre-jour, dresser une liste de votre environnement mental ici et maintenant, en un bloc de texte, où seuls se succèderont des mots séparés par des virgules. Puis dans un deuxième temps et un deuxième texte, écrire en vous inspirant de cette citation de Virginia Woolf :« Ecrivez. Soyez niais, soyez sentimental, lâchez la bride à toute impulsion, faites toutes les fautes de style, de grammaire, de goût et de syntaxe, débordez, culbutez, dans n’importe quelle prose ou poésie. Ainsi vous apprendrez à écrire. » Marlen Sauvage

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