Carnet des jours (42)

A rebours… et nous sommes le 23 août…
C’est encore un jour de grande chaleur. J’émerge de mon lit, trop tard en ce dimanche, après une nuit de sommeil saucissonné. Je trouve l’énergie de répondre aux courriers en retard, ces vrais courriers sur papier que l’on glisse dans une enveloppe… De la même manière que j’ai poussé un cri de joie en voyant l’écriture de Chrystel, j’imagine le sien en retour. Et puis d’heure en heure, l’enthousiasme revient, j’imagine tout ce que je pourrais faire écrire pendant la prochaine année d’ateliers… Etonnement à constater que je n’ai jamais ouvert un exemplaire de Vinaigrette, le n° 2, arrivé pendant le confinement alors que je me battais contre le virus ! Silence en Emilie, de Piergiorgio Casotti, traduit de l’italien par Danièle Faugeras. C’est cela, je lis 16 avril 2020 sur l’enveloppe. La photo qui accompagne le texte est d’un calme réparateur. Et dans le même temps, à l’intérieur de mon classeur-mémoire, le livret de Yan Kouton, Volutes, jamais ouvert, jamais lu non plus, dont je découvre les superbes images, et le texte que je lis à voix haute, bien sûr, qui me plonge dans le vide et m’en extrait aussi vite pour m’entourer de brumes qui ne se dissipent pas. Je referme le recueil, j’aime son format, le grain du papier, cette fenêtre qui s’ouvre sur des branches comme des mains qui s’appellent.
Ce soir, soupe au pistou chez B. et P. pendant que d’autres regarderont la finale de la Ligue des Champions – PSG-Bayern – autour des pizzas de David…

Vinaigrette n° 4 – Avec un texte d’Olivia Lavergne, « En un éclat de rire », une ode à l’altérité, et cette photo superbe.

Samedi 22 août
Encore une nuit sans sommeil. Merdum. 3 h 45 au total… Un peu court. Longue vidéo avec Stef, ma grande fille québécoise… on se chamaille un peu à propos des conséquences de la pandémie… C’est vrai qu’en France on est sans doute plus rebelle qu’au Québec… Pour elle qui s’inquiète davantage de l’avenir de la planète, nos rébellions sont autant de caprices…  Bref. Je persiste à penser que limiter les réunions de groupe à moins de dix personnes dans les lieux publics élimine toute velléité de manifestation… que livrer des masques à la population, certes c’est bien, mais lorsqu’ils sont importables, je me demande si ceux qui les fabriquent les ont testés vraiment, et si l’on n’a pas encore dépensé des sommes folles à tort et à travers. Fin du chapitre. Confiture de tomates avec celles que j’ai fait macérer hier soir dans le sucre et le citron… J’ai décidé ce soir de ne plus fumer, après la toute dernière clope du jour…

Vendredi 21 août
Apéro chez les voisins. Je récupère les fruits de notre collaboration potagère. Soirée cuisine… Préparation des tomates pour la confiture de demain… Equeutage des haricots donnés par T., que je congèle aussitôt… Eau de badiane, en prévision des chaleurs encore à venir. Flans antillais à la noix de coco… 

Jeudi 20 août
Réveillée dans la nuit à cause du hurlement du chat qui a dû se blesser… qui ne mange ni ne boit encore. Heureusement, T. s’amuse à me changer les idées « Faut arrêter de tout interdire parce que je n’arrive plus à tout désobéir » dit une image signée Toto… Et soirée entre amis à Cornillon-sur-l’Oulle dans le petit resto local, où tout me ravit le palais…

Mercredi 19 août
Réveil à 8 h. J’emmène le chat chez le véto… Mon absence lui a encore valu de ne pas manger, il est totalement déshydraté, le toubib pense qu’il ne supporte pas que je parte, sa gingivite a envahi sa bouche, c’est une plaie sanguinolente. J’en ai mal au cœur. Sophrologie dans l’après-midi avec Prêle que je retrouve avec infiniment de plaisir. Nous discutons encore pendant une bonne heure et demie après les exercices.

Mardi 18 août
Le matou est vraiment mal en point. Rendez-vous demain chez le vétérinaire. Je récupère enfin mes lunettes de vue. Wouahhhh ! Le monde est clair, enfin, c’est l’idée qui me vient à l’esprit tout de suite, il y avait avant un nuage de brume permanent sur mon environnement. « Lavez-vous les mains, la télévision s’occupe de vous laver le cerveau », m’envoie Y. avec la photo d’une nana masquée, gel hydroalcoolique en main. Visite chez Brigitte en fin d’après-midi, nous colorions des mandalas, une activité qui me va parfaitement aujourd’hui.

Lundi 17 août
De retour de chez T. Un bonjour à Brigitte et Pascal en passant avant de rejoindre l’appartement en fin d’après-midi. Chat introuvable. Retrouvé finalement sur une terrasse d’où il ne peut s’extraire… La petite voisine grimpe sur les tuiles pour le récupérer, il chancelle, tout sali de sang. Je l’hydrate avec un gant, le nettoie, il se laisse faire comme un gentil matou qu’il est…

Dimanche 16 août – Mardi 11 août
Semaine de vacances au pays basque, où il n’y a rien d’autre à faire que se promener, rêver, jouer dans les vagues, visiter Biarritz et ses hauteurs, Saint-Jean-de-Luz, Bayonne… Le pont Eiffel… La foule d’estivants, les goélands ! Les sandwiches sur le sable, les sandwiches au sable, aussi. Les rues où se masquer est obligatoire, les marchés locaux, les bérets basques… Un resto sympa, La Cucaracha, où les chipirons sont juste délicieux et ont un goût de trop peu selon Y. Je termine l’écriture de la proposition n° 10 pour l’atelier de François Bon. Orage de grêle le samedi 15 juste en arrivant au resto. Je déguste l’aixoa et le lait caillé de brebis au miel dans une robe absolument trempée.

Lundi 10 août
Préparatifs pour la semaine de vacances à venir. Consignes à la petite voisine pour le chat. Et aller-retour à La Motte pour chercher T.

Texte et photos : Marlen Sauvage

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