Carnet des jours (43)

A rebours septembre 2020
Mercredi 30
L’atelier d’écriture aura bien lieu en octobre, à Saint-Laurent-de-Trèves, dans une salle suffisamment grande pour accueillir les participantes et respecter les mesures sanitaires. Je me réjouis de cette reprise d’activité avec un groupe que je connais bien depuis le temps que nous travaillons ensemble. Certaines ont répondu à la proposition d’été du Club de Mediapart et je dois encore relayer leurs textes sur ce blog. Prochainement donc.
J’écris pour l’atelier de François Bon, cette 14e proposition où nous devons faire parler un mort… J’ai trouvé la voix… Mais le texte se défile, la voix s’égare, les mots m’entraînent loin de mon propos de départ et de ce qu’a vécu le personnage (enfin, de ce que j’imagine qu’il a vécu, car nous sommes bien dans une fiction). Les contrariétés engendrées par une réponse impulsive et lapidaire – de ma part – à un post d’une amie sur Facebook concernant le port du masque – où je voulais insister sur l’idée de ne pas se laisser diviser par l’objet – viennent perturber mon écriture. Je ne sais ce que je garderai au final. Bien qu’anti-masque, j’ai précisé que je le portais [facile de comprendre pourquoi avec mes activités], mais « on » s’est arrêté à la première partie de ma phrase (pas BC, mais d’autres dans leurs commentaires) et ce fut une succession de « leçons », et de ce que j’ai pris pour des insultes déguisées [je ne serais pas « responsable », ni « respectueuse des autres », l’histoire des maladies de peau engendrées par le masque ne serait que « futilités » et tout cela pour finir une histoire ramenée à ma propre personne, qui pour un peu, serais responsable de la pandémie, rien que ça… On ne peut donc pour certains et certaines, être anti-masque et pourtant respecter les consignes de sécurité… bref. Heureusement, je m’appuie sur celles et ceux qui me connaissent « en vrai »]. Mais tout cela m’a affectée. Le masque divise, ma chère, mets ton idéal dans ta poche et à l’avenir, ferme-la.

Mardi 29
Après plusieurs tentatives depuis le mois de juin pour changer les billets d’avion pour Montréal, [annulation du voyage pour cause de Covid], j’ai enfin obtenu gain de cause. Départ prévu en mai prochain. Pourvu que rien ne vienne troubler ce projet. Ma grande fille me manque, et Justin, et K.
Je viens de trouver le livre qui m’attendait à la librairie de l’Olivier, Le grand livre des pierres et des cristaux, de Mily Robin. Je cherche ce qui pourra atténuer le deuil de Julie… Un livre dont 10 € me sont défalqués grâce à une carte « pass » offerte par la Région (je suis surprise d’être parmi la centaine de personnes à expérimenter le projet), destinée à favoriser les sorties culturelles… des seniors. Ben oui, ma vieille.
Soirée cinéma : La femme des steppes, le flic et l’œuf. Lent et poétique. Cru et magnifique. Je ne connaissais rien de ce film, ni du cinéaste (Wang Quan An), j’y suis allée au feeling, j’ai adoré. « Tu connais le secret pour éviter la disparition des dinosaures ? » « Non » « L’amour véritable ». Là, j’ai pleuré… Les steppes mongoles sont splendides, filmées à merveille, le portrait de cette jeune bergère malicieuse qui vit seule sous sa yourte, entourée de son troupeau de bêtes, m’a beaucoup émue.

Vendredi 25
Sophro avec Prêle… Encore un grand voyage. Depuis le confinement et les séances hebdomadaires, j’ai testé tous les niveaux et bénéficié de protocoles tous plus étonnants les uns que les autres. Et mon genou droit ne me fait plus souffrir ! Nous terminons par une discussion comme toujours, à distance, mais presque comme si elle était dans mon salon, avec Zoom… « Chaque fois que tu parles de François Bon, je pense à son nom… quelle chance pour un écrivain de porter un nom comme celui-ci », me dit-elle. « Bon, de bonté ? Vraiment ? » Les noms… et tout ce qu’ils engendrent… mais oui, elle a raison, Prêle.
Visio avec Stef et Justin dont le masque engendre une maladie de peau par-dessus son acné… Décidément, je plains les petits jeunes d’aujourd’hui.

Jeudi 24
Soirée entre femmes… Elles sont chouettes mes deux amies, S. et C. Et le lien entre elles est immédiat. Tout ce que j’aime et qui me rassure quant à la différence d’âge, de culture, d’origine, de centres d’intérêt, quand il s’agit juste d’apprécier l’autre dans ce qu’il est…

Mardi 22
Chiens, chats, poulettes… Tout le monde m’attendait chez Brigitte et Pascal. Ramassé 5 œufs tout frais, deux kilos de tomates que j’ai transformés en confiture. L’orage a tonné après mon départ et j’ai goûté ce plaisir-là au fond du canapé.

Bambino…

Lundi 21
Stretching comme tous les lundis depuis septembre. L’occasion de tester des muscles dont je ne soupçonnais pas l’existence… Gel hydroalcoolique à l’entrée, masques que l’on est autorisé à enlever durant la séance, nous sommes éloignés de deux mètres en tous sens, la salle est immense heureusement, et les deux portes grandes ouvertes sur l’extérieur – il fait encore très bon – nous sommes 15 ! Patrick nous lit les consignes de sécurité à chaque séance !

Samedi 19
Un petit tour à La Bégude pour l’injection de Titi… La nature est toujours aussi magnifique sur la route qui mène au cabinet vétérinaire. Je roule en douceur, je connais chaque virage, chaque arbre sur le chemin, je les vois changer de couleur et accueillir l’automne.

Mercredi 16

Supervision du psychologue avec le groupe d’accompagnants en soins palliatifs. Deux heures de partage dans une bienveillance qui réchauffe le cœur.

Lundi 14
Grande tablée le soir au Fauve, à Rémuzat, pour le plaisir de se retrouver entre potes, jeunes et moins jeunes, avant la fin de la saison.

Les jours d’avant…
A Marseille avec Brigitte, chez Lolo que nous trouvons dans son salon au milieu de cartons de vaisselle… A bientôt 90 ans, elle vient de déménager son immense maison de Langogne… a voyagé dans le camion de déménagement… et ne tarde pas à diriger les opérations après nous avoir accueillies avec un verre de sirop. Nous repartons avec divers objets – pendule, soupière, bonbonnière, coupe à fruits, soliflores et autres plats – à sa grande joie et à notre grand désarroi… pour ma part, je n’ai aucune place pour toute vaisselle supplémentaire…

La coupe à fruits…

Dimanche 6
Dans un jardin qu’on dirait éternel… de Tatsushi Omori. Mon plaisir du jour, seule dans une salle comble quasiment, compte tenu des vides à respecter entre chaque spectateur. Comment l’apprentissage de l’art du thé révèle à une jeune femme sa propre identité. La délicatesse du cinéma japonais me renvoie à une littérature et une poésie admirées. Kawabata n’est pas très loin… en tout cas, le rituel ancestral du thé me rappelle sa Nuée d’oiseaux blancs et tout de suite, j’ai envie de le relire.

Samedi 5
Concert Vivaldi ce soir à La Courroie, avec Alain, seulement, pour finir. Nous nous réjouissons d’une soupe et d’un gâteau à l’extérieur de la bâtisse, dans les rayons du soleil couchant. Le bonheur de goûter les concertos du maître magistralement interprétés par 9 musiciens qui suscitent un enthousiasme à peine dissimulé par les masques de rigueur.

Vendredi 4
Résultats de la sérologie Covid2, négatifs… Le commentaire explique qu’ils peuvent avoir été positifs mais qu’avec le temps (depuis avril…), devenir négatifs. Soit.

Jeudi 1er
Marche avec Cathy sur la route du plateau des Cailles, trois heures de confidences dans une nature qui me rappelle pourquoi j’ai choisi de vivre ici.

Texte et photos : Marlen Sauvage

2 commentaires sur “Carnet des jours (43)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s