Carnet des jours (46)

Décembre 2020

Mardi 1er
Comme j’ai oublié Souleyman hier, j’essaie de réparer avec un vocal, espérant que ma carte d’anniversaire est tout de même arrivée depuis le temps.

Mercredi 2
Grand soleil blanc sur les façades qu’apportent le froid et l’hiver. Plus aucun feuillage pour me rassasier les yeux, platanes et oliviers ont subi leur taille hivernale il y a quelques semaines, leurs branches ne sont plus que moignons implorants. Je file changer la peinture, le blanc finalement conviendra tout à fait, j’aviserai pour une couleur plus tard, dans une autre pièce éventuellement. Du côté des mandalas, je vibre dans les bleus et verts. Je me suis laissé aller à deux parts de la tropézienne de Pascal… C’est trop, je vais encore m’en vouloir. Regardé une comédie conseillée par Prêle, Tout peut arriver, et ri de bon cœur !

Jeudi 3
Vidéo avec Julie. Joie de la voir même s’il est difficile de partager grand-chose avec les petits loups demandeurs dans les parages. Nous parlons pierres… Mon cadeau de fin d’année pour tout le monde ! Sacha aime le rose, ce sera du quartz, voilà pour lui. Le petit bonhomme m’envoie un bisou pendant que sa mère questionne son grand frère. Une complicité qui me touche !
Sophro juste après. Je voudrais retrouver le sommeil… Je me visualise dans les préparatifs du coucher, mon corps est si lourd que j’ai l’impression de flotter au-dessus de lui, la voix de Prêle est presque hypnotique, posée, douce, atone. Après cela, nous discutons encore à distance durant deux heures.

Vendredi 4
Pluie au réveil. 100 % de pluie pour la journée, me dit mon portable. 7°C, ressenti 4°C. Et en orange, « Perturbations possibles dues à la neige et la glace ». Il pleut. Couchée après minuit.

Samedi 5
Déjeuner chez Suz. Nous nous trouvons d’autres affinités… Je découvre la collection de gypses de M. ; le talent de Suz pour le point d’Aubusson et sa tapisserie immense suspendue à l’un des murs de sa grande pièce ; son coin pour « rêveurs ». Comme je lui dis mon attirance de longue date pour Carl Jung, elle revient avec son autobiographie qu’elle me dédicace et m’offre en toute simplicité. 

Dimanche 6
Kathy m’invite ce soir à dîner chez elle. Que des bonnes choses naturelles, crues et cuites ; je craque pour son fondant à la châtaigne, pour le regretter aussitôt, tant je suis « coufle ».

Lundi 7
Réveillée à 6 h 30 avec la lune encore accrochée au ciel sombre. Câlin au matou qui préfère décidément les caresses à ses croquettes. Je recherche sur le net un lieu de retraite silencieuse, il y en a un près de chez moi, chez des sœurs dominicaines. Pas sûre que ce soit le bon endroit pour moi… Prêle éclate de rire quand je lui raconte mon souhait… Payer pour faire silence… Tu ne peux pas faire ça chez toi ?  

Mardi 8 
Aller-retour au magasin de bricolage pour un enduit de rebouchage. L’appartement cache de petites fissures dans toutes les pièces… La faille sismique ou l’ancienneté du lieu ? C’est décidé : je repeins le mur de séparation entre pièce à vivre et cuisine. Très vite je réalise que ça ne suffira pas, celui de droite réclame aussi sa couche de peinture. Je sais très bien ce que me réserve le futur… 
Méditation guidée en soirée, il s’en faut de peu que je m’endorme sur le canapé…
Couchée tôt pour lire Ma vie, de Jung, et forcément réveillée à 1 h du mat’. Sophro spéciale réparatrice du sommeil enregistrée par Prèle pour me rendormir. Et ça marche ! 

Mercredi 9
Grand bleu. Je me demande si la neige a disparu des hauteurs.
Coup de fil à la Marpa pour prévenir de ma visite demain.
Je termine la peinture de deux murs. J’imagine un autre agencement pour avoir davantage d’espace. D’avoir vidé toute la vaisselle pour pouvoir bouger l’ancien pétrin qui me sert de meuble de rangement me rappelle que je dois aussi alléger ma vie de ce côté-là. 

Jeudi10
Arrivés ce jour, une lettre bleue dont je connais l’auteur… et une enveloppe à bulles venue d’Orléans… Mystère. Alors je la garde comme la première, pour demain.
Visite à la Marpa, je revois Annette, Belli et Sylvère… Sylvère, 98 ans, qui m’accueille avec tant de douceur… je reste près de lui, nous parlons de la fatigue de la vieillesse, de la mort qui nous attend tous, de sa vie de joaillier, de ses activités de peintre et de sa pratique de l’italien… Spontanément, je lui caresse le bras, il m’en remercie, me dit combien cela lui manque, les caresses, être touché… ce dont toute vieille personne est privée souvent en fin de vie, et plus encore en ces temps de confinement. 
Finalement je craque pour un « faux » sapin de Noël… Après toutes ces années sans en décorer… depuis votre départ ; et sans petits-enfants, cela ne rimait à rien. Mais voilà, ça me trottait dans la tête depuis plus d’un mois, et à peser le pour et le contre du vrai sapin et du faux, j’ai fait mon choix. 

Vendredi 11
Dans mon lit, ce matin, alors que je m’apprête à enlever le « mode avion » de mon portable, je lis « Joyeux anniversaire, Sauvage Marlen »… Je regarde mieux… Ce sont les souhaits de Google ! Eclat de rire. Dans quel monde vit-on… Les vrais messages n’ont pas tardé à affluer dès que j’ai remis le téléphone en marche, avec la longue suite de vocaux enregistrés par Prèle dont le premier qui chante avec la voix de la petite Alima. Pendant près de trois heures, je lis mes messages, écris, réponds au téléphone… J’ouvre mes enveloppes, trouve deux boucles d’oreille, animaux totem, envoyés par Carine… Vers 11 h, livraison d’un bouquet de fleurs, Julie, que je devine derrière le petit mot non signé. Visite inopinée de Brigitte avec un cactus en fleurs ! Kathy, son bracelet protecteur, et Sophie qui m’invitent pour déjeuner… que de surprises. Au retour chez moi, le coup de fil de Stéphanie, un tarot akashique que m’envoie Prèle, un kit cosmétique de Lily, un énorme livre superbe de 100 vues d’Edo, reçu de Didier… Je ne m’attendais à rien en ce nouvel anniversaire et les pensées des amis et des proches ont déferlé, je suis étonnée et tellement émue par tant de preuves d’amour et d’amitié. Je n’ai que « merci » en tête et j’espère que ma gratitude va vers toutes et tous.

Samedi 12
Rien dormi de la nuit ! Repas pour la petite famille A., et vidéo familiale avec à la fois le Québec – Justin et Stef –, La Réunion – Julie et les petits gars –, 9 h de décalage ! – et les cousins de Guérande. Grand moment de cacophonie générale et d’éclats de rire, nous faisons la connaissance du petit dernier, Baptiste, adorable poupon blondinet, endormi au sein ! Un livre en cadeau et des chocolats… Grande discussion avec Julien… sur l’état profond, Soros et tutti cuanti. Je reste sceptique. Après le départ de tout le monde, je décide de commencer mon enquête pour pouvoir argumenter… Au bout d’une heure de recherches sur Soros, j’aligne deux pages de questions ! J’ouvre un classeur… Le mécénat et les actions humanitaires du philanthrope me laissent pensive… Notamment l’étude développée par le CNRS, qu’il finance, sur le contrôle au faciès, puis sur le traitement « accordé » aux musulmans à Marseille… Un magazine indépendant marseillais (en ligne) le soutient (son titre ? Est-il vraiment indépendant d’ailleurs, je dois encore vérifier) contre La Provence (réunion du Méridional et du Provençal, créés par Deferre). Ce disciple de Karl Popper ne me paraît du coup pas antipathique… mais, méfiance… Après quelques heures, j’imprime mes trouvailles, et je me rends compte que le temps a passé sans que je pense à grignoter. 
Anniversaire à rebondissement avec d’autres appels. Et puis les chocolats et les macarons qui m’attendent devant ma porte, cadeau de mes voisins ! Bluffée.

Dimanche 13
Réveil avant 8 h, après une nuit coupée et une sophro qui m’a aidée à me rendormir. Je repense à Nans hier, ses commentaires et sa gentillesse, je me sens si bien entourée. Balade sur la digue de 16 à 17 h. 

Mardi 15
Je finis par annuler l’atelier d’écriture de ce soir. Zoom avec 5 personnes au lieu de 10, non merci. Les désistements ont eu raison de ma bonne volonté ! Et je me questionne sur la pertinence de ces ateliers à distance. Personne ne s’y retrouve ou si peu… Je ne sais plus quoi penser. J’espère juste que mes compagnes de si longue date ne m’en voudront pas… A quoi sert de préparer des propositions censées être discutées et expliquées pour finir par les envoyer par courrier à la moitié du groupe ?

Mercredi 16
Je me prépare à accueillir mes voisins pour dîner, le temps de tout cuisiner, ils arrivent à 4 et la soirée est délicieuse.

Jeudi 17
Je poursuis mes recherches sur « l’état profond » et découvre la vidéo qui fut virale il y a deux ans, de Ronald Bernard. Tout ce qui me paraissait fantasmatique devient soudain plus que réel. J’en suis remuée. D’autant que la mort de RB m’atterre. 

Vendredi 18
Entre deux sommeils, brassé les révélations de Ronald Bernard et réalisé que tous les blogs « complotistes » ayant relayé sa vidéo avaient dans le même temps et les mêmes termes évoqué sa mort. Suspicion nocturne… Bien m’en a pris. Des recherches plus approfondies m’entraînent vers des vidéos toutes récentes du « financier repenti », qui a créé son mouvement – People Foundation – et mis en place les prémisses d’une nouvelle banque qui appartiendrait à ses propriétaires (les « gens »), entre autres choses. Bien vivant, donc. Et une série de questions à la clé…
Réunion de supervision très animée après une question toute simple, de ma part : est-ce que je peux aller voir les personnes que j’accompagne (en alternance avec mon binôme) plus qu’une fois tous les quinze jours ? Je me trouve dépassée par les remarques et les questions des uns et des autres… Quid de la dépendance que je pourrais nourrir envers les personnes accompagnées, et qu’ils pourraient éprouver envers moi ? Du déséquilibre créé entre ma présence et celle de mon binôme ? Quelles sont mes motivations ? Qu’est-ce que je tente de réparer ? etc. Je m’embrouille dans mes tentatives d’explication. J’ai l’esprit de l’escalier, et là, je me sens submergée. Là où personne n’attend de réponse immédiate, bien sûr. Je vis la discussion comme un assaut, j’oublie que chacun part de ses propres peurs, craintes, sans doute, mais de son expérience aussi !, et surtout que nous sommes là pour élaborer ensemble un accompagnement plus juste pour tout le monde. Fichu tempérament. Je vais m’assaillir de reproches toute la soirée.

Samedi 19
Un mail de Monique qui aimerait m’entendre au téléphone.
Passé 4 heures en vidéo avec Prèle, selon elle, car je n’ai pas vu le temps passer. A analyser nos réactions, à reparler des affects qui nous traversent, certes, et qu’il est parfois difficile de gérer mais aussi des situations où l’on s’embourbe. Confère la discussion d’hier…

Lundi 21
Massage ayurvédique avec Emma, cadeau de Brigitte… Je pique du nez à la toute fin de l’heure !

Mardi 22
Réveil dans des douleurs au bas du dos, effets du massage d’hier ! Et puis tout s’estompe, heureusement. 
Zoom avec Monique, une heure de bavardages autour de ma décision de cesser les ateliers tant que nous ne pourrons plus être en présence… et de ses « écritures » en cours…

Mercredi 23
Après-midi avec Suz et Alain… Champagne et petits gâteaux, nous fêtons Noël en avance, discussion à bâtons rompus sur nos accompagnements, Carl Jung, Georges Colleuil et le référentiel de naissance…

Jeudi 24
Visite à la Marpa dans l’après-midi. Silvère endormi. Belli dans ses mêmes tourments. Mais il me remercie de ma présence. Impuissance devant tant de solitude. J’ai laissé les livres publiés à CG pour qu’il sache en quoi consistaient mes ateliers auprès de différents publics.
Réveillon chez Brigitte et Pascal. Je plonge dans Un océan d’amour, cadeau de Nans et Julie ! « A consommer de préférence avant que l’océan ne fasse plus rêver »… Et puis Dixit nous emmène jusqu’à 4 h du matin !
A mon retour chez moi, je déballe les cadeaux déposés sous mon sapin… Heureuse surprise d’un gypse offert par Suzanne hier, qu’elle m’a demandé de n’ouvrir que ce soir. La magnifique améthyste pendule-bracelet de Stef ; le bracelet de perles œil-de-tigre de ma petite mother avec Fracture, d’Eliza Griswold, et Sous le ciel des hommes, de Diane Meur… Excellent choix a priori. Et puis, La librairie de la place aux herbes, clin d’œil de mes voisins. [la place où je vis s’appelait ainsi…]

Vendredi 25
Quatre heures de sieste… assez rare pour le noter. Les nuits courtes ne me valent rien !

Samedi 26
A l’institut de Kathy pour des soins en échange de la coupe de cheveux et la couleur du mois dernier ! Sa douceur et notre grande complicité de femmes. 

Dimanche 27
Nuit blanche jusqu’à 4 h 30. Réveil à 8 h 30. Je nous croyais lundi… Une fois de plus. A l’ouest totalement avec les fêtes… Préparé un pudding qui va me durer la semaine, c’est sûr. Echanges avec Prèle à propos de son amoureux, des évidences non partagées, l’impression d’être plus loin d’une longueur… Je voulais écrire et puis la journée a passé sans une ligne. 

Lundi 28
Balade sur la digue, beaucoup de promeneurs cet après-midi mais si peu d’interactions. Tout le monde cloitré dans la distance. Echanges WhatsApp avec Stef. Je lui parle de mes recherches… elle, très très sceptique… en totale opposition avec Julien. Je mets son avis dans la balance, il vient équilibrer mes doutes, j’opte pour la neutralité de toutes façons. Pas suffisamment de matière encore.

Mardi 29
L’affaire Jeffrey Epstein que je suis dans un documentaire vient recouper certaines infos que je glane sur le fameux « état profond ». Mais rien pour conclure quoi que ce soit. La parole de toutes ces jeunes femmes et leur combat me renvoient à L’affaire DSK… Les mêmes travers. Mais là, un « suicide » à point nommé. Des faits, rien que des faits.

Mercredi 30
Repas avec Brigitte et Pascal et un couple d’amis. Le plaisir de cuisiner pour eux. Et Carl Jung pour terminer cette journée.

Jeudi 31
Dernier jour de l’année. De la neige et un peu de blues. Mais j’ai choisi de rester seule. Prèle en matinée. Sa présence et ses conseils bienveillants toujours. Elle me demande un vocal à minuit !  En espérant que je ne serai pas endormie…

MS

2 commentaires sur “Carnet des jours (46)

  1. @Roseleen Merci Roseleen pour ce souhait qui me va droit au cœur. Belle année à vous aussi, dans la sérénité et la paix du cœur. J’essaierai de parler de ce fameux « état profond » un de ces jours dans mes carnets !

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