Une vie en éclats (23) 1949

Je poursuis la collecte d’informations à partir des sources à ma disposition : tes états de service de l’armée, tes courriers, tes photos, les réponses des unes et des autres à mes questions… Je n’ai pas arrêté la forme de ce récit. Je me contente de mettre en place les éléments de manière chronologique. Contactée par le président de L’amicale du 8e zouaves, je lui ai confié quelques photos et données te concernant ; j’avais puisé aussi dans le blog de cette amicale, tout à fait au hasard de mes recherches sur internet, des précisions sur ton bataillon au Maroc. Et ce monsieur me confirme la dissolution du 8e régiment de zouaves le 31 janvier 1949*.

Tu es donc affecté provisoirement au 1er régiment de tirailleurs marocains (RTM) dès le 1er février. Provisoirement car tu n’es pas un militaire de carrière à proprement parler. Enfin, il me semble que c’est la raison pour laquelle on te retrouve ici et là. Tu t’es engagé, tu te rengages au cours des 18 années qui suivront ton incorporation en 1944, à dix-huit ans… Parmi le peu de souvenirs échangés concernant ta présence au Maroc, j’ai retenu que tu classais ce pays parmi les plus beaux que tu avais connus, avec la Thaïlande. Peu de temps avant ta mort, nous t’avions envoyé un « beau livre » sur le Maroc où nous projetions de vous emmener toi et maman. Il est arrivé après ton décès, alors que nous passions quelques jours dans la famille. Du Maroc aussi, la recette de couscous que tu m’as détaillée sur deux pages recto-verso d’un bloc Rhodia (à ta mort, nous avons trouvé des cartons de fournitures de bureau, tu accumulais les stylos, les blocs, les crayons, le papier carbone, mon Dieu, que tout ce passé semble lointain !).

Parmi tes courriers de l’année 1949, une suite de lettre, sur un papier à en tête du 1er bataillon de marche du 4e tirailleurs marocains. Tu y parles de « radio et de phono », de musique classique, « celle de Wagner, Berlioz, Beethoven et Strauss ce qui nous changera un peu les idées… » Tu ajoutes « alors ! la vie est belle ». Toujours ton côté positif ! J’ai regardé ces dernières semaines le documentaire de Patrick Rotman et Bertrand Tavernier, La Guerre sans nom, réalisé à partir d’entretiens menés auprès d’appelés de la guerre d’Algérie. On y raconte qu’en dehors des opérations, c’était l’ennui qui prédominait… les parties de cartes, l’écoute de musique (classique ou non) remplissait les vides de l’existence. J’imagine que la vie de soldats, appelés ou militaires d’active, quelque soit le lieu ou l’époque, connaît les mêmes affres, les mêmes remèdes.

Tu évoques une permission « de longue durée », où tu viendras manger le « gras de bœuf » chez Coucou et son mari. Je comprends qu’il s’agit de la fin d’une longue lettre à ta mère, tu la termines à 4 h du matin, il fait très chaud, dis-tu, en ajoutant en PS que tu n’as pas eu ta « section de partisans. Je suis toujours à la CB ». Abscons pour moi… Jusqu’à cette précision du président de l’amicale mentionnée plus haut, la CCB était la compagnie de commandement. Mais je ne sais qui est Coucou…

MS

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