Arles, parmi ce que j’ai aimé #5

From disaster to desire… ça sonne mieux en anglais qu’en français ! (sans jouer les snobinardes)… Du désastre au désir, donc, Vers une autre mythologie du spatial. Quand j’ai dit ça, je n’ai rien dit, vous ne comprenez rien, et c’est normal.

Je dois l’avouer, au début, je n’ai pas compris grand-chose à cette installation où des photos au format identique – mais magnifiques, les photos – côtoient des vidéos dans laquelle une femme (Anamanda Sîn) tient des propos incompréhensibles, des panneaux lumineux projettent des formes multicolores qui cachent un visage ou encore des stores verticaux scindent un paysage en autant de bandeaux qui recomposent l’image initiale, une sorte de vaisseau spatial trône au milieu de l’espace…. Mais j’ai été saisie d’emblée par l’atmosphère, comment dire, cosmique, du lieu ! Car il y a comme un envoûtement dans cet environnement brut où chaque objet vous appelle, vous invite à une connexion subtile… et vous ignorez bien laquelle ! L’explication vient bien sûr à la lecture des nombreux cartels.

Je vous parle de Désidération (Anamanda Sîn)… où de-sideris, signifie le regret de la perte des étoiles mais aussi le désir de leur retour… Ce que j’ai compris de cette histoire, c’est qu’ayant perdu notre lien au cosmos, le moyen de le retrouver passerait entre autres par la médiation avec les météorites, voire par « l’injection » sous la peau de ces objets extraterrestres . Nous sommes en plein délire bien sûr, et comme ça fait du bien !

SMITH, le plasticien, partage avec nous sa nostalgie du cosmos… dit ainsi, ça commence à faire sens. Egalement photographe, metteur en scène et chercheur, il « explore la pratique et la pensée de la métamorphose : transition de genre, d’ère et d’état, plasticité, mutations et travail du rêve, jalonnent ses propositions depuis dix ans. » Nous sommes donc en plein délire, certes, un délire poétique, et c’est cela qui m’a happée d’emblée. Pour ce projet élaboré dès 2017, Smith travaille avec un astrophysicien (Jean-Philippe Uzan), un écrivain (Lucien Raphmaj), un designer (Matthieu Prat), un compositeur et violoncelliste (Gaspar Claus), une performeuse (Nadège Piton), deux performeurs (François Chaignaud et Adrian Gebhart), une créatrice textile (Zélia Smith). Tout de suite, vous saisissez la tonalité, n’est-ce pas ?

Tout cela reflète si pauvrement l’atmosphère saisissante de cette exposition visuelle et sonore… C’est celle qui m’a le plus marquée, avec celle de Sabine Weiss, pour ces rencontres photographiques 2021.

Ci-dessous, un extrait trouvé sur le net qui raconte peut-être mieux encore ce que j’ai tenté de partager ici :

« Explorant la porosité des pratiques artistiques, scientifiques, de la philosophie et des narrations spéculatives, Désidération propose une autre mythologie du spatial, à travers la pensée d’une humanité interstellaire en quête de nouvelles alliances avec son cosmos originaire. Jouant sur le trouble de son étymologie, qui oscille entre le regret de la perte des étoiles (de-sideris) et le désir de leur retour, la désidération désigne à la fois une proposition de diagnostic et de remédiation au désastre contemporain, au capitalisme tardif, à l’anthropocène terrifiant. Notre civilisation semble avoir perdu quelque chose de fondamental dans son rapport quotidien avec le ciel étoilé. De ce fait discret, qui met en lumière les destructions matérielles et spirituelles de nos sociétés, doit procéder une nouvelle configuration de l’imaginaire, une zone à rêver où se forment de nouvelles mythologies peuplées de figures hybrides, pour inventer un nouveau pacte avec le cosmos. Ainsi, avec la figure terrestre d’Anamanda Sîn, on découvrira une nouvelle sensibilité, où les météorites constituent le lien entre le passé et l’avenir, la terre et le ciel, l’art et la science, le non-humain et l’humain, la mélancolie et le désir.
UN PROJET MENÉ PAR SMITH, DIPLOMATES ET LUCIEN RAPHMAJ. AVEC FRANÇOIS CHAIGNAUD, GASPAR CLAUS, NADÈGE PITON, ZÉLIA SMITH, ANNA MILONE, ADRIAN GEBHART, ETC.
PUBLICATION : DÉSIDÉRATION (ANAMANDA SÎN), SMITH ET LUCIEN RAPHMAJ, ÉDITIONS TEXTUEL, 2021. »

MS

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