Réflexion

© Marlen Sauvage 2021

« Celui qui oublie son chemin en voyageant ne peut rentrer chez lui. »

Lie Zi, Du vide parfait


Extrait de « Faveurs célestes, XI » :
Yan Zi dit :
« Combien était juste la pensée de la mort chez les Anciens. Elle réunit les vertueux et les méchants, tous reposent au même endroit. »
La mort est cette demeure que l’on cherche tous à reconnaître. Les Anciens appelaient les morts « ceux qui sont revenus ». Cela signifie que les vivants sont des voyageurs, « ceux qui ne sont pas encore revenus. » Celui qui oublie son chemin en voyageant ne peut rentrer chez lui.
Le monde entier réprouve ceux qui errent. Mais que le monde entier oublie le chemin du retour, personne ne trouve rien à y redire. Un homme quitte sa terre natale, se sépare de sa famille, dilapide sa fortune pour parcourir le monde. Il ne rentre jamais chez lui. Quelle sorte d’homme est-ce ? Qui ne le traitera pas de fou et de vagabond ?
Un autre homme chérit sa personne ; fier de ses talents, il recherche à tout prix la célébrité et n’a de cesse de se faire valoir aux yeux de tous. Quelle sorte d’homme est-ce ? Qui ne l’estimera pas et ne le saluera pas comme un homme de grand esprit ?
Le monde rejette le premier homme, admire le second ; pourtant ils se sont trompés de chemin l’un comme l’autre. Seul le sage sait qui admirer, qui rejeter.

Traduction Lisa Bresner

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