Maternité, seule la femme, par Monique Fraissinet

© Marlen Sauvage 2021– Saint-Laurent-de-Trèves (Cans-et-Cévennes)

Texte issu du stage d’écriture à La Ronceraie, en Lozère, mai 2022. Autrice : Monique Fraissinet

Maternité, un mot qui résonne comme la vie qui va en découler, les premiers battements du cœur de l’embryon. Des hommes en majorité ont voté. Ce matin la radio donne à entendre les résultats des votes du Parlement de l’Etat de l’Oklahoma qui a adopté une loi interdisant l’avortement dès la fécondation. Ce sont les hommes qui amorcent la vie future, avec un consentement ou pas, et c’est eux qui viennent ici par leurs bulletins s’exprimer majoritairement pour décider qu’il sera dorénavant impossible pour une femme de se faire avorter. Est-ce qu’ils se mettent à la place de celles qui vont supporter coûte que coûte ce qu’elles ne désirent pas. Ils craignent quoi ces hommes, que la justice divine leur tombe sur le coin du bec, il est vrai que dans cet immense pays le Président jure sur la Bible…. 

Ils ont voté en leur âme et conscience. Sitôt la loi votée, dans les rues des majorités de femmes approuvent, se réjouissent et soutiennent cette décision.

Convergeant vers le Parlement, d’autres femmes et hommes manifestent leur mécontentement, crient haut et fort des slogans faisant savoir que c’est à elles et elles seules qu’appartient le choix. 

Les médecins, les politiques s’en mêlent, il y a crime, passible de la prison et gare à vous Mesdames qui choisissaient de ne pas porter jusqu’au terme l’enfant conçu. Conçu quand ? comment ? voulu ? pas voulu ?

Vous représentantes, représentants et membres du Parlement qui brandissez la menace de la prison, concevez-vous qu’un enfant puisse naître dans un climat propice quand il n’a pas été voulu ? Que faites-vous également de l’avortement thérapeutique ? 

Maternité, seule la femme. Vous faites abstraction du corps et de la vie des femmes embourbées qu’elles seront dans un tas de difficultés insurmontables pour diverses raisons et qui vont, en même temps, accumuler des souffrances indicibles et des traumatismes durables. C’est interdit parce que c’est mal ! J’y reviens ! C’est mal pourquoi ? C’est mal pour qui ? Pour vous toutes et tous qui craignaient pour le salut de votre âme !

La science et les consciences avaient fait bien des progrès, maintenant on régresse.

Hypocrisie, menace sur la santé des femmes qui n’auront pas d’autre alternative que de franchir le cap de l’avortement clandestin au risque de leur vie et de leur santé.

La maternité nous voulons la vivre selon notre choix. Nous sommes femmes, nous serons mères si nous le désirons.

Autrice : Monique Fraissinet

2 commentaires sur “Maternité, seule la femme, par Monique Fraissinet

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