Carnet des jours (58)

Trombes d’eau dans la nuit, levée à 4 heures pour admirer les éclairs depuis la terrasse ; ils sillonnaient le ciel comme pour une course où chacun d’eux tentait d’atteindre un point invisible à mes yeux. Que devais-je écrire d’urgent, alors ?  L’orage a tourné longtemps au-dessus de nos têtes, grondant et déversant ses litres d’eau, j’imaginais la terre s’ouvrir pour accueillir cette manne, et tout le monde « d’en-dessous » en bénéficier. Depuis des heures je plongeai dans le sommeil puis en émergeai, extraite de mes rêves par une quinte de toux inextinguible. L’orage tourna encore longtemps puis s’apaisa et ce ne furent plus que grondements lointains. On allait nourrir la terre ailleurs, réveiller d’autres gens, s’immiscer dans leurs matins. Je retournai à ce rêve où ma sœur aînée descendait une forte pente à vélo sans me proposer de m’emmener comme elle le faisait habituellement. Je le constatai simplement avec peut-être une pointe de déception. 

MS

2 commentaires sur “Carnet des jours (58)

  1. votre orage était un peu en avance sur le nôtre (mais moi il est entré… sans trop de gravité tout de même et j’ai loupé le spectacle parce que j’épongeais… alors l’admire dans ce texte)

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