Carnet des jours (62)

Dimanche 1er janvier 2023
Encore le souvenir de ce film vu hier à Vaison – Caravage – qui retrace la vie du peintre ; la débauche et l’hypersensibilité pour nourrir des tableaux plus impressionnants les uns que les autres. Et cette fin terrible… probable.

2 janvier
Reçu aujourd’hui A l’aube d’un dimanche, de François Mocaër…
Premier cours d’italien de l’année… impression d’avoir déjà tout oublié !

3 janvier
« C’est lorsque je me suis retrouvée en fauteuil que j’ai cessé de me battre. Il ne faudrait jamais être dans un fauteuil. » Une dame à l’Unité de soins longue durée que je n’accompagne pas mais que je salue ce jour-là et avec laquelle je finis par discuter une demi-heure !

4 janvier
J’apprends la mort d’Erik Borja, survenue le 28 décembre dernier. Je retourne faire un tour sur la page d’atelier d’écriture de haïku… Et je regrette de ne plus trouver ce temps-là pour étudier vraiment cette poésie.

5 janvier
Chrysalide, 3 nouvelles 1 nouveau , une galette des rois, deux reines, beaucoup de joie à se retrouver.

6 janvier
Nous prolongeons les cours de paléographie jusqu’en mars.

7 janvier
Sensation d’échapper à ma vie, d’être hors de mon rythme personnel.

Dimanche 8 janvier
Visite de l’expo « Singulièrement brut » à Vallaurie, avec B. et G. Très chouette. Découverte d’artistes locaux et régionaux. De l’art brut et singulier comme le suggère le titre de l’événement. Un dessin de Chaissac… Je n’ai pas noté le nom des artistes, quelle idiote. Et un poisson boîte de sardines qui m’a rappelé bien des souvenirs !

9 janvier
Réunion de bureau C & R.

11 janvier
Retour à l’appartement. D’autres habitudes qui reviennent très vite. Mais je ne resterai plus aussi longtemps partie.

12 janvier
Réunion C & R de bureau « élargi » à midi, chez A. Des choses se disent, c’est bien. Puis CA à 18 h. Bilan du festival. Beaucoup de tensions. Quel dommage. Me sens de moins en moins à ma place ici.

14 janvier
Un petit repas tranquille en famille, chez B. et P. Les jeunes nous convient à un jeu de dictionnaire version boîte de jeu, cartes et comptage de points. De bons fous rires… et l’occasion d’enrichir son vocabulaire !

Dimanche 15 janvier
Rappelé F. M. comme convenu. C’est un grand oui ! Il pense publier mon recueil pour le marché de la poésie. Chouette !

16 janvier
Retourné le contrat. Mais je ne serai convaincue qu’avec le livre dans les mains…
Reçu aujourd’hui celui de Sabine. Quelle surprise ! Ces nanas sont épatantes. Ce qui me rappelle que je ne leur ai jamais donné les infos pour le POD. Mais elles se débrouillent tellement bien sans moi !

17 janvier
Auberge de Saint-Pantaléon, que de la truffe – une brouillade délicieuse – accompagnée d’un gigondan un peu moins à mon goût. Après-midi avec les dames en USLD… Toutes les deux me font de la peine aujourd’hui, toutes les deux perdent vraiment la tête. On ne réserve pas encore nos billets pour le Québec…

18 janvier
Préparatifs pour le départ vers Carry demain.

19 janvier
Départ pour Carry-le-Rouet. Un petit gîte quasi les pieds dans l’eau !

© Marlen Sauvage 2023 – Vue de Notre-Dame sur une anse du Rouet-plage.

20 janvier
Petite nuit… bruit de la clim réversible… lumières de la ville à travers les interstices des rideaux. Mais réveil tout de même sur notre île ! Avec la mer au-dehors et son reflet dans l’immense miroir des portes du placard, nous avons l’impression d’être sur un bateau. Petite marche plaisir d’une heure trente dans les environs. L’après-midi, découverte de La Redonne, superbe. Est-ce que je parviendrai à publier les photos sur mon blog ?

21 janvier
Journée en famille à Marseille. Le plaisir des retrouvailles et les petites sont si craquantes ! On a eu droit à une galette des rois et à un gâteau des rois, le seul « vrai » dixit les gens du coin ! Balade sur le Vieux-Port, on n’échappe pas au manège. Grands fous rires de toute l’équipée qui font honte à la petite T. perchée sur un cheval à l’étage, loin de nous. Elle tourne la tête à chaque passage ce qui intensifie les fous rires des adultes que nous sommes censés être… Nous ne repartirons pas en train, il nous fait faux bond, c’est la grève !

Dimanche 22 janvier
Coup de fil à maman. Impression souffrante qu’elle oublie de plus en plus de choses… Mais 90 ans cette année… On n’aime pas voir ses parents vieillir.

23 janvier
Lever à 7h30 pour se préparer à la visite de la grotte Cosquer, prévue à 10h40. La reconstitution est étonnante, subjuguante. Après quelques minutes je suis complètement emportée dans l’univers des habitants de l’endroit, il y a 33 000 ans ! La découverte de la main prise dans le faisceau de la lampe du découvreur de la grotte, Henri Cosquer, est un grand moment d’émotion. Comme les photos sont interdites, bien sûr, je vous invite à aller jeter un œil ici.

© Marlen Sauvage 2023

26 janvier
Tajine à Marseille, un délice malgré le froid ambiant. Je décide que ce sera mon dernier repas « complet » avant onze jours. Je démarre un jeûne dès demain. Après Niolon, Sausset-les-Pins, La Vesse, Carro ces derniers jours… Retour à la maison !

27 janvier
Meeting Insoumis à la maison de pays. Du monde, du monde, du monde ! Et un panel d’intervenants qui laisserait croire à une véritable union possible et durable. Mais dans les étages au-dessus ?

Dimanche 29 janvier
Coup de fil à Jo. Un conseil de lecture : L’humanité va disparaître, bon débarras ! Quelle chance que cette tata-là;-)

31 janvier
Manif pour les retraites. J’en reviens pour terminer ce carnet du mois… Un peu déçue. Moins de monde que pour la réunion avec Marie Pochon et Manuel Bompard vendredi où nous étions environ 250. Ça se poursuit à Montélimar dans l’après-midi. Je n’y serai pas, visite à l’USLD, dont je me réjouis.

MS


Que du bleu ! (petite suite)

C’était un dimanche, le 22 janvier, balade en voiture jusqu’à Carry pour acheter les gâteaux du jour ! Un éclair et un macaron à la framboise emportent la palme avec un tout-chocolat à partager, avant de filer sur Niolon – calanque très visitée en ce jour, trop pour nous – puis La Vesse. Petite marche, là, dans les ruelles à l’abri du vent, près des « arches » de la voie ferrée. Aucune photo de ces deux calanques, en revanche une de Carro, ci-dessous, joli petit port de pêche éclairé par le soleil de la fin d’après-midi.

Au bord de la plage, un phare rouge et blanc surveille l’horizon. Il domine la réserve marine créée pour la protection et le repeuplement du milieu marin. Toutes les activités de pêche y sont interdites ainsi que la plongée en scaphandre et le mouillage des bateaux. A Sausset-les-Pins, je ne reconnais rien d’une très ancienne visite… le soir tombe, le ciel y est particulièrement beau. C’est tout ce que je photographierai…

Que du bleu !

Carry-le-Rouet, une petite ville dans le vent froid, durant notre séjour hivernal… « La Perle de la Côte Bleue » ainsi nommée dans les prospectus touristiques, mérite très certainement son qualificatif. Mais voilà, emmitouflée dans écharpes et manteau, je n’ai rien photographié d’autre en me baladant le premier jour que cette somptueuse Villa Arena (hôtel-restaurant) du XVIIe siècle.
A l’extérieur de la ville, sur la plage du Rouet, le gîte situé à l’étage d’une maison tout en escaliers donnait juste sur la mer. Une largeur d’impasse entre nous et l’eau… Chaque matin, un cargo de marchandises traversait l’horizon de la large baie vitrée de l’appartement, je comptais les minutes pour le voir disparaître mais il prenait parfois son temps, stoppant en cours de route ou me tournant le dos pour s’en aller de l’autre côté de la Méditerranée. A toute heure du jour, j’ai aimé cette immensité bleue, gris clair, argentée, qui côtoyait toutes les nuances de rose.

Au réveil, dès les rideaux levés, et parce qu’un placard-miroir occupait tout le mur, reflétant la mer, j’avais l’impression de flotter sur l’eau. Une île pour rêver. Aucune connexion pour se préoccuper du monde, Yoga, d’Emmanuel Carrère, un moleskine rouge, un cahier de mandalas et une valise de crayons de couleur. Les mouettes donnaient un concert d’ailes dans le froid du matin : – 4°C à huit heures. J’enviais leur liberté et peut-être leur inconscience de se savoir libres.

Une grande marche dans le vent fort le long de la mer sublime, transparente, nous mène jusqu’à une calanque et une plage de galets. Il a fallu descendre 37 marches puis 129 – mon plaisir de compter les pas – en monter ensuite 96 pour se hisser à hauteur de la voie ferrée et surplomber l’eau. Ce même jour, une virée en voiture pour nourrir le frigo nous conduit à la calanque de La Redonne, après une descente vertigineuse. Comme je n’ai pas d’appareil photo, je me contente de mon téléphone, mais celui-ci refuse ensuite de me transmettre les photos, par quelque moyen que ce soit. Peste que ce B. ! Voici une vue chipée sur le net (MarseilleTourisme.fr, merci), que je changerai pour les miennes dès que je les aurai récupérées.

© MarseilleTourisme.fr

A suivre, bien sûr, nos petites vacances ont duré 8 jours !

Temps de pose

© Marlen Sauvage, collection personnelle.

« Je ne bouge pas, tel le grain de sable qui voudrait stopper le mécanisme, enrayer le mouvement par son invisible présence ».
Marco Lodoli, Les Promesses

Comme elle est belle ma mère sur cette photo, ma sœur aînée la main dans la sienne, moi dans ses bras. Prise en Allemagne. Elle a vingt-trois ans, paraît si… égarée, mécontente, indifférente ? Là en tout cas. Avec deux enfants dans sa vie. Je lis comme un reproche dans le regard sombre qu’elle adresse à mon père, le photographe…

« Ce qui fonde la nature de la photographie, c’est la pose. Peu importe la durée physique de cette pose, même le temps d’un millionième de seconde, il y a toujours eu pose : dans la photo, quelque chose s’est posé devant le petit trou et y est resté à jamais. »
Roland Barthes, La Chambre claire

MS

Codicille

© Marlen Sauvage 2022. Arles.

Peut-on écrire là où on ne voit pas ? La nuit. Deux heures du matin, un peu plus. Impossible de trouver le sommeil. La visite de ce frère aujourd’hui et ses larmes subites, et ce grand corps énorme contre moi, inconsolable. La nuit, la mort prend toute sa place, le jour on l’esquive malgré toutes nos belles paroles sur sa part dans la vie, et l’inutilité de lui opposer son front, mais la nuit…
Fallait-il dire de cette façon-là ce que je pensais de la situation? Avec autant de franchise ? Pourquoi ? Pour afficher ma lucidité congre l’aveuglement d’autres autour de moi ? Cette lucidité me foudroie ! Je voudrais qu’elle contre le sort, qu’elle me renvoie au rôle de méchante prophétesse. Je voudrais un miracle aujourd’hui pour jeter le masque de la mort dans les chiottes. Mais je n’ai pas su me taire et le grand bonhomme a pleuré.
Il s’agissait d’écrire. Quelques jours plus tôt, devant une assiette de fruits de mer et un verre de viognier, en bonne compagnie, les nouvelles reçues étaient de mauvaises nouvelles. On oscillait entre espoir et réalisme.
Peut-on écrire là où on ne voit pas ? Je devais écrire sur la ville, la nuit, dans laquelle on déambule, seul, à la rencontre de… la solitude. Que voit-on dans une ville la nuit ? Le néant de mes pensées ! Et comme la ville ne doit jamais être nommée, pourquoi parler d’une en particulier ? J’ai imaginé qu’IL déambulerait, mais c’était peut-être ELLE. Est-ce qu’on peut trébucher dans une ville la nuit ? Ne pas tomber dans le monologue intérieur mais dans la poésie des pensées à la manière du Paysan de Paris. Mais je ne m’appelle pas Aragon (et déjà pas Montaigne).

MS

Notes. Octobre 2018.
Ce pourrait être le codicille à un texte publié au Tiers-Livre parmi un collectif de textes. J’en ai oublié le titre…

Abécédaire 2022

Anniversaire
Quelle bonne idée que ces « mensiversaires » fêtés dans de bons restaurants alentour ! Au débotté et dans le désordre : Le Cercle (Rousset-les-Vignes) ; le Café de la Poste (Venterol) ; Le Croco ; La Farigoule ; Chez Marco (Nyons) ; Le Petit Bistrot ; La Détente (Vinsobres) ; La Fontaine minérale (Pont-de-Barret) ; et tant d’autres oubliés déjà…

Arles
Trois jours et une virée à trois pour se régaler les yeux aux Rencontres de la photo. Le spectacle était aussi dans la rue ! Août.

Bigot
Gigi, de son prénom ! Une petite femme qui raconte comme elle respire, rencontrée au festival des Contes et rencontres de Nyons. Son dernier livre Marchande d’étoiles… Décembre.

Capsulite
L’épaule gauche abîmée lors d’une chute dans la cascade Jacqueline, en pleines vacances réunionnaises, qui donne lieu au diagnostic de « capsulite ». Traitée pour ça pendant 5 mois avant un bilan qui conclut à une tendinite… laquelle aurait pu être soignée en 2 mois maximum… 3 janvier.

Cassette 
Une de ces cassettes à bande – retrouvée dans un carton de courrier, photos, et diverses choses ayant trait à D. – que Stef avait emportée pour la faire décrypter par K. Chose faite. Emotion. Décembre.

Couleurs
J’aurais pu choisir « Crayons »… J’écarquille les yeux et crie de joie devant la trousse, que dis-je, la valise de crayons de couleur offerte pour Noël par ma grande fille artiste ! Décembre

Cyclone
Batsiraï, l’un des plus violents selon les spécialistes du moment… Aucun prémisse sur la côte ouest où nous nous trouvons avant de rejoindre notre nouveau gîte à l’Etang-Salé. Bouteilles d’eau, provisions, rangement de tout ce qui traîne sur la terrasse… et nous nous cloîtrons en attendant le déluge ! Ce ne sera pas exceptionnel de ce côté de l’île malgré coupures de courant et d’eau, mais dans les jours qui suivront, le passage du cyclone aura marqué l’intérieur : sentiers de randonnée inaccessibles, arbres couchés, gros dégâts matériels… 3 février.

Douze
Douze portraits de CLICHE, basés sur les informations recueillies, jusqu’en 1600 environ, certains « fictionnés ». Imprimé en POD. Septembre.

Elections
Misère. Avril. 

Ernaux
Son prix Nobel m’enchante. Je relis le Quarto Gallimard, Ecrire la vie. Et puis G. m’offre Les cahiers de L’Herne qui lui sont consacrés. Joyeuse tout entière. Décembre.

Filles
2022, l’année des retrouvailles… En décembre 2021, avec Julie – et Will, Souley et Sacha – que je n’avais pas revus depuis janvier 2019 ; avec Stef – et Justin – pas serrés dans mes bras depuis 2018… Juin.

Généalogie
Me laisse emporter par des recherches pour une série de portraits de femmes, cette fois-ci. Un prénom (Simone) me conduit à un nom oublié parmi les 378 que comporte mon arbre, Cogniard. Des ancêtres bûcherons ! Novembre

Guerre
Russie-Ukraine. La stupeur. La honte. La colère. « Opération spéciale »… « Conflit »… 24 février. 

Hell-Bourg
Sa maison Folio, son « guétali », toujours les souvenirs de la belle île… L’origine du mot : « Guette à lui », quand les parents voyaient passer en contrebas un jeune homme venu faire sa cour à une jeune fille… 22 février.

Italien
Inscrite aux cours de (faux) débutants. Un groupe sympa de douze personnes. La plus ancienne – et ça vous donne de l’énergie – a 82 ans. Octobre.

Jade d’or
Lieu de festivités pour l’anniversaire de Julie ! Le patron du restau « chinois » vient d’Avignon ! La nourriture est délicieuse, un bon moment partagé à quatre. 11 février.

Kiné
Jamais autant fréquenté ces spécialistes que cette année donc. De janvier à septembre…

Lectures
Alma, J. M. G. Le Clézio (une merveille) ; La grâce à l’approche de la mort, Kathleen Dowling Singh ; Le Dit de Tanyi, François Cheng ; La matière de l’absence, Patrick Chamoiseau ; Le Berger de l’Avent, Gunnar Gunnarson ; Un dimanche à la campagne, Sue Hubbel ; Chroniques martiennes, Ray Bradbury ; Bâtons à message, Joséphine Bacon ; Nous rêvions juste de liberté, Henri Loevenbruck ; Le Droit du sol, Etienne Davodeau ; Mudwoman, Joyce Carol Oates ; Les femmes au temps des cathédrales, Régine Pernoud ; L’odeur de l’Inde, Pier Paolo Pasolini ; Les damnés de la terre, Frantz Fanon ; Nos cabanes, Marielle Macé ; Caprice de la reine, Jean Echenoz ; La Mousson, Louis Bromfield (lu pour la 3e fois ce roman découvert à 20 ans, toujours le même régal) ; Musée Marilyn, Anne Savelli (un autre régal) ; Les échos du silence, Sylvie Germain ; L’homme qui parlait la langue des serpents, Andrus Kivirähk ; Rosa candida, Andur Ava Olafsdottir ; La Place, Annie Ernaux ; Ernaux, Les cahiers de L’Herne, et relu La femme gelée ; Marchande d’étoiles, Gigi Bigot…

Lou
2,880 Kg, 47 cm. La fille de Lisa qui m’avait demandé à 12/13 ans si je voulais bien être sa marraine de cœur… 4 juillet.

Lunettes
Une nouvelle paire en deux ans. La vue qui baisse. Ma sœur aînée à qui je fais remarquer que j’ai changé de lunettes me dit :  « Ah ! Tu portes des lunettes ? Je n’avais pas remarqué« . Il est vrai que ça ne fait que vingt-cinq ans… Mars.

Lyon
Comme la ville est belle entre ses deux fleuves ! Une échappée pour accompagner G. et son chœur d’hommes : un bouchon – La Mère Cottivet – absolument délicieux, dont j’apprends que le personnage de fiction a été créé dans les années 20 et figurait une concierge lyonnaise ! Octobre.

MacBookPro 
En rade pour la deuxième fois, carte graphique fichue, et trois semaines sans outil de travail… Le moment de s’écarter des réseaux sociaux, de retrouver carnets et crayons, de rompre avec des habitudes vieilles de trente-cinq ans ! Mai

Marseille
Tiens, je réalise qu’à la lettre C, j’aurais pu indiquer « canicule » ! A Marseille, elle était présente à toute heure du jour et de la nuit. Juillet.

Masque 
Fin du port du masque obligatoire… 14 mars.

Nebka
« Accumulation de sable autour d’un obstacle dans le désert ». Enlever le sable ou supprimer l’obstacle ? Avril.

Œufs
Ceux de Chamrousse ! Avec vue sur le massif de Belledonne, avant d’arriver tout en haut, à la Croix de Chamrousse, à 2250 m d’altitude. Août.

© Marlen Sauvage 2022

Paléographie
Retour aux sources dans tous les sens du terme ! Etudiée il y a plus de trente ans, y revenir est une autre plongée dans le passé ! Notre professeur est une dame de 84 ans. Septembre.

Pélerinage
A La Gentone… avec Maman qui tient à la revoir… même transformée. Une autre maison pour des souvenirs qui restent tellement prégnants. Septembre.

Petits-fils
La Réunion en janvier et deux petits-gars dont je découvre les centres d’intérêt, le quotidien, les inquiétudes, les doutes, le caractère… Et Justin, le grand Québécois de 17 ans, quitté il y a quatre ans, devenu un homme, et dont j’ai du mal à ajuster les traits avec l’image que j’avais gardée de lui. Janvier/Juin.

Pie 
Le bébé tombé à son premier vol, surveillé par sa mère du haut du cerisier, que j’ai voulu sauver quand on ne pouvait plus rien pour lui. Le rappel d’une empathie particulière pour les oiseaux tombés du nid… Mai.

Randonnées
On n’a pas vraiment la forme olympique ni l’un ni l’autre depuis des mois, mais enfin, nous tentons une première (petite) randonnée dans les environs puisque nos corps le réclament. Mai.

Réunion
C’est là que j’ai terminé l’année 2021 et démarré l’année 2022 donc. Dans ma famille réunionnaise ; dans une végétation luxuriante, colorée, sublime, une chaleur estivale, à étouffer parfois ; dans les particules fines issues du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, dont l’explosion est suivie d’un tsunami ; avec un cyclone de force 5 ; dans l’écriture d’une fiction qui n’a pas encore trouvé son chemin de vie. Janvier.

Sisteron
Lieu de retrouvailles avec les sœurettes ! Une chouette journée à arpenter la citadelle sous un ciel gris. 14 décembre.

Stage
Celui du début novembre était sur le thème du mouvement. Comme d’habitude, je me suis régalée à imaginer des propositions d’écriture et encore plus à faire écrire les stagiaires, compagnes d’écriture depuis si longtemps, dans le lieu porteur de La Ronceraie, en Cévennes. 5/6 novembre.

Titans
Dans La création du monde racontée par Claudie Obin, publiée aux éditions OuïDire, ils précèdent les dieux et les hommes (DVD x 3, intitulés La création du monde, Les amours de Zeus, Quelques monstres.) Six frères et six sœurs… pourtant on nomme rarement les Titanides. Décembre.

Ukraine
Le Parlement européen attribue le prix Sakharov au peuple ukrainien. « Selon la nomination, le peuple ukrainien se bat pour protéger ses foyers, sa souveraineté, son indépendance et son intégrité territoriale. Mais chaque jour, il se bat également pour la liberté, la démocratie, l’État de droit et les valeurs européennes sur les champs de bataille », explique-t-on sur le site du parlement européen. Je ne peux m’empêcher de penser à l’énorme dette que nous avons déjà envers les Ukrainiens. Octobre.

Virus
Je n’ai pas compté le nombre de visites chez le toubib cette année en raison de ces virus qui viennent chez moi se loger systématiquement dans la trachée ou dans les bronches… Les petites-filles les proposent bien volontiers, entre la crèche, l’école, et les copains… mais que faire ? Se tenir à distance ? Se priver de nos complicités ? Novembre.

W
En italien, doppia vu. Car j’ai revu l’alphabet de cette langue, et découvert par la même occasion qu’il ne comptait que 21 lettres… initialement, avant l’apport des langues étrangères qui lui en confèrent 5 de plus. Octobre

Walsh
Nadine ! Une autre conteuse découverte il y a quelques années et retrouvée dans la 34e édition du festival des Contes et rencontres nyonsais. Une québécoise enchanteresse ! Novembre

DR

Yeoman, yeomen
La tradition anglaise… Ces gardes vêtus de rouge et jaune, dans des costumes du XVe siècle, présents aux funérailles de la reine Elizabeth II, morte le 8 septembre… Née trois semaines avant mon père. Il n’a jamais eu 96 ans. Septembre.

Zarcate
Catherine. Salomon et la reine de Saba, à écouter, offert par Stéfanie J. Un cadeau qui s’ignorait… 11 décembre

MS

C’est fini !

Fin du festival Contes et rencontres hier, dimanche 11, avec la montée des moutons à l’hivernage que 300 personnes environ ont accompagnés. Le rendez-vous était à Saint-May, et après une petite heure de marche tranquille, le vin chaud nous était servi par le maire du village. Repas tiré du sac, partagé autour de grandes tablées, contes improvisés par des conteurs professionnels ou non dans « la grange à Nini », bal folk avec encore une trentaine de personnes restées sous le soleil froid ! C’était chouette comme un jour anniversaire, fêté avec une pompe à huile maison, avec au retour, le bonheur de découvrir le bouquet de fleurs colorées et les bises réunionnaises !

MS

L’audace du papillon

Le festival Contes et rencontres se poursuit à Nyons et dans les villages environnants, et qu’est-ce que l’équipe est heureuse de la réponse du public à ses propositions ! La salle était comble hier soir au Théâtre des 2 mondes, à Vaison-la-Romaine, pour assister au spectacle de Sabrina Chézeau, L’audace du papillon. Cent personnes dans les gradins, cent souffles retenus, deux cents oreilles écarquillées, deux cents yeux éblouis durant les 75 minutes où la conteuse raconte, danse, incarne les personnages de son histoire… L’histoire est celle de Denise, 55 ans, qui travaille en usine depuis 37 ans et qui prend ce jour-là sa retraite, justement, le jour où nous sommes tous présents ! Enfin, elle va pouvoir vivre ce qu’elle rêve de vivre depuis si longtemps sans jamais en avoir eu le temps ni l’énergie, enfin elle va pouvoir profiter de sa maison, de ses papillons, de son jardin, de son mari s’il consent à travailler un peu moins… Mais une épreuve vient faire basculer son existence et tout remettre en question, en elle et autour d’elle.

Je n’en dis pas plus. Si vous avez l’occasion un jour d’aller écouter Sabrina Chezeau, pour ce spectacle ou un autre, n’hésitez pas un seul instant. C’est une conteuse magnifique, une présence sur scène où la parole se conjugue au langage du corps dans une grande fluidité. Son « dada », celui de sa compagnie « La Farouche Compagnie », ce sont « les relations de famille et les passions humaines au sein de notre communauté ; les silences, les émotions, les injustices et les secrets qui s’y nichent« . C’est fort, c’est lumineux. On ressort de ce spectacle complètement gonflé à bloc ! La conteuse a été ovationnée, elle le mérite amplement.

Extrait de son site : « Sabrina Chézeau s’est formée à l’école de Théâtre Jacques Lecoq à Paris après avoir travaillé le conte auprès de Michel Hindenoch et Luigi Rignanèse. En parallèle à son métier de conteuse, elle  se forme en gestlat-thérapie. En plongeant ainsi dans les labyrinthes de l’âme humaine, elle aiguise ses outils d’auteure et ses histoires déploient leur véritable  pouvoir guérisseur. »

++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Le Théâtre des 2 mondes est non seulement un bel endroit mais c’est aussi une histoire particulière… Celle d’une dizaine d’amoureux du théâtre qui se regroupent en association pour faire vivre la culture dans la ville de Vaison depuis des années. Et ça marche ! Pour en savoir plus, c’est ici.

DR