Que du bleu ! (petite suite)

C’était un dimanche, le 22 janvier, balade en voiture jusqu’à Carry pour acheter les gâteaux du jour ! Un éclair et un macaron à la framboise emportent la palme avec un tout-chocolat à partager, avant de filer sur Niolon – calanque très visitée en ce jour, trop pour nous – puis La Vesse. Petite marche, là, dans les ruelles à l’abri du vent, près des « arches » de la voie ferrée. Aucune photo de ces deux calanques, en revanche une de Carro, ci-dessous, joli petit port de pêche éclairé par le soleil de la fin d’après-midi.

Au bord de la plage, un phare rouge et blanc surveille l’horizon. Il domine la réserve marine créée pour la protection et le repeuplement du milieu marin. Toutes les activités de pêche y sont interdites ainsi que la plongée en scaphandre et le mouillage des bateaux. A Sausset-les-Pins, je ne reconnais rien d’une très ancienne visite… le soir tombe, le ciel y est particulièrement beau. C’est tout ce que je photographierai…

Que du bleu !

Carry-le-Rouet, une petite ville dans le vent froid, durant notre séjour hivernal… « La Perle de la Côte Bleue » ainsi nommée dans les prospectus touristiques, mérite très certainement son qualificatif. Mais voilà, emmitouflée dans écharpes et manteau, je n’ai rien photographié d’autre en me baladant le premier jour que cette somptueuse Villa Arena (hôtel-restaurant) du XVIIe siècle.
A l’extérieur de la ville, sur la plage du Rouet, le gîte situé à l’étage d’une maison tout en escaliers donnait juste sur la mer. Une largeur d’impasse entre nous et l’eau… Chaque matin, un cargo de marchandises traversait l’horizon de la large baie vitrée de l’appartement, je comptais les minutes pour le voir disparaître mais il prenait parfois son temps, stoppant en cours de route ou me tournant le dos pour s’en aller de l’autre côté de la Méditerranée. A toute heure du jour, j’ai aimé cette immensité bleue, gris clair, argentée, qui côtoyait toutes les nuances de rose.

Au réveil, dès les rideaux levés, et parce qu’un placard-miroir occupait tout le mur, reflétant la mer, j’avais l’impression de flotter sur l’eau. Une île pour rêver. Aucune connexion pour se préoccuper du monde, Yoga, d’Emmanuel Carrère, un moleskine rouge, un cahier de mandalas et une valise de crayons de couleur. Les mouettes donnaient un concert d’ailes dans le froid du matin : – 4°C à huit heures. J’enviais leur liberté et peut-être leur inconscience de se savoir libres.

Une grande marche dans le vent fort le long de la mer sublime, transparente, nous mène jusqu’à une calanque et une plage de galets. Il a fallu descendre 37 marches puis 129 – mon plaisir de compter les pas – en monter ensuite 96 pour se hisser à hauteur de la voie ferrée et surplomber l’eau. Ce même jour, une virée en voiture pour nourrir le frigo nous conduit à la calanque de La Redonne, après une descente vertigineuse. Comme je n’ai pas d’appareil photo, je me contente de mon téléphone, mais celui-ci refuse ensuite de me transmettre les photos, par quelque moyen que ce soit. Peste que ce B. ! Voici une vue chipée sur le net (MarseilleTourisme.fr, merci), que je changerai pour les miennes dès que je les aurai récupérées.

© MarseilleTourisme.fr

A suivre, bien sûr, nos petites vacances ont duré 8 jours !

L’audace du papillon

Le festival Contes et rencontres se poursuit à Nyons et dans les villages environnants, et qu’est-ce que l’équipe est heureuse de la réponse du public à ses propositions ! La salle était comble hier soir au Théâtre des 2 mondes, à Vaison-la-Romaine, pour assister au spectacle de Sabrina Chézeau, L’audace du papillon. Cent personnes dans les gradins, cent souffles retenus, deux cents oreilles écarquillées, deux cents yeux éblouis durant les 75 minutes où la conteuse raconte, danse, incarne les personnages de son histoire… L’histoire est celle de Denise, 55 ans, qui travaille en usine depuis 37 ans et qui prend ce jour-là sa retraite, justement, le jour où nous sommes tous présents ! Enfin, elle va pouvoir vivre ce qu’elle rêve de vivre depuis si longtemps sans jamais en avoir eu le temps ni l’énergie, enfin elle va pouvoir profiter de sa maison, de ses papillons, de son jardin, de son mari s’il consent à travailler un peu moins… Mais une épreuve vient faire basculer son existence et tout remettre en question, en elle et autour d’elle.

Je n’en dis pas plus. Si vous avez l’occasion un jour d’aller écouter Sabrina Chezeau, pour ce spectacle ou un autre, n’hésitez pas un seul instant. C’est une conteuse magnifique, une présence sur scène où la parole se conjugue au langage du corps dans une grande fluidité. Son « dada », celui de sa compagnie « La Farouche Compagnie », ce sont « les relations de famille et les passions humaines au sein de notre communauté ; les silences, les émotions, les injustices et les secrets qui s’y nichent« . C’est fort, c’est lumineux. On ressort de ce spectacle complètement gonflé à bloc ! La conteuse a été ovationnée, elle le mérite amplement.

Extrait de son site : « Sabrina Chézeau s’est formée à l’école de Théâtre Jacques Lecoq à Paris après avoir travaillé le conte auprès de Michel Hindenoch et Luigi Rignanèse. En parallèle à son métier de conteuse, elle  se forme en gestlat-thérapie. En plongeant ainsi dans les labyrinthes de l’âme humaine, elle aiguise ses outils d’auteure et ses histoires déploient leur véritable  pouvoir guérisseur. »

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Le Théâtre des 2 mondes est non seulement un bel endroit mais c’est aussi une histoire particulière… Celle d’une dizaine d’amoureux du théâtre qui se regroupent en association pour faire vivre la culture dans la ville de Vaison depuis des années. Et ça marche ! Pour en savoir plus, c’est ici.

DR

Celle du moulin qui grince

C’était hier dimanche à Aubres et le jour d’avant à Villedieu… Les enfants assis sur des coussins sous le nez du conteur, les parents derrière mais pas les derniers à rire à l’histoire contée par Remi Lapouble qui a su embarquer dans la forêt –  de la route goudronnée, en passant par le chemin creux et puis la roche plate et la clairière – jusqu’au moulin qui grince, les dizaines de spectateurs attentifs.
Contes et rencontres, 34e édition, du 11 novembre au 11 décembre. Et on n’a pas encore tout vu !

C’était divin !

Le vin délie les langues… Hier, nous avons voyagé dans les pas de Noé, de Dionysos, et savouré les textes de Giono, Laurent Gaudé, Gaston Couté, Charles Baudelaire, Colette, Jean Richepin, et d’autres, dans la voix de Virginie Komaniecki et Didier Alix. C’était enlevé, joyeux, sensuel, et nous nous sommes enivrés de mots avant de goûter (avec modération) le vin de la cave La Vinsobraise, qui accueillait ce spectacle du Festival Contes et rencontres à Vinsobres, donc. Un spectacle intitulé C’est divin !, un moment trop vite passé !

Dialogues avec l’oiseau

C’est le titre d’un spectacle plein d’humanité, de poésie, de tendresse chanté, parlé par Renat Sette, accompagné à la contrebasse et au chant par Christiane Ildevert. En fait de dialogues, nous n’entendrons jamais l’oiseau (sauf grâce à quelques appeaux), et Renat nous emmène d’une enfance lointaine jusqu’à François d’Assise, Il Poverello, et à sa bienveillance envers la nature, les animaux et les hommes. On ressort de ce spectacle un peu plus optimiste et beaucoup plus joyeux ! Le texte, splendide, est de Vincent Siano.

« L’oiseau de confidence
et de confiance
qui entre en nous comme on entre en fraternité
non seulement par affection mais aussi par nécessité. »

Et ça s’est passé dans un village de la Drôme, Saint-Sauveur-de-Gouvernet, dans le cadre du festival Contes et Rencontres (34e édition)…

Depuis huit jours…

Je n’ai rien emporté d’autre que mon appareil photo. Pas un carnet, pas un ordinateur. Six jours hors de chez moi dans le nord de la Drôme pour garder une enfant de trois ans. Exit toute velléité d’écrire dans ce blog bien que nous étions deux. J’ai privilégié la rencontre. Et quelle récompense ! C’est l’enfant seule qui décide d’une quelconque complicité, rien ne vous appartient, vous ne maîtrisez rien. Vous êtes celle qui peut endormir, coiffer, câliner… Vous êtes celle près de qui on se glisse dans le lit le matin, celle que l’on imite, celle à qui l’on confie ses gros chagrins. Des liens se tissent autour du choix d’un bol quand par bonheur vous proposez le préféré, autour d’un repas de fromage blanc au sucre roux parce que c’est exceptionnel n’est-ce pas un dîner au fromage. Nous en avons quand même profité pour nous balader dans la campagne environnante. Et à Comps en particulier, dont un panneau signalait une église romane, l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, édifiée vers le milieu du XIIe siècle.

Et que campagne et montagne sont belles !

Photos ©Marlen Sauvage 2022

Autour d’un lac

Quelques pas dans la nature en attendant la réunion amicale pour un anniversaire de mariage (50 ans, quelle aventure !), et c’est l’automne qui bouscule le regard. Un lac… celui de Cornillon-sur-l’Oule, dans sa splendeur solitaire, loin des touristes qui l’envahissent chaque été… On l’appelle Le Pas des Ondes, joli, n’est-ce pas ? Et l’origine du nom proviendrait de la cluse en aval des plans d’eau. Car il y en a deux : un pour la baignade et un pour la pêche. [J’imaginais que l’on faisait référence à la lente déambulation du cours d’eau qui a creusé la montagne… Et bien non ! Le « pas » n’est rien d’autre qu’un col…]

Photos © Marlen Sauvage 2022