Carnet de famille – Une histoire de sœurs

Dans la vidéo qui suit, les peintures sont de Stéphanie Heendrickxen et la voix qui les porte est celle de Julie Heendrickxen, sa jeune sœur… mes filles. A l’époque de cette voix, Julie avait 18 ou 19 ans, elle répétait pour un concert donné par l’association du Grenier de la Rémarde, à Saint-Arnoult-en-Yvelines. Didier Sauvage l’accompagne à la guitare. Le Grenier, c’est un peu une histoire de famille, nous étions tombés dedans à notre arrivée dans le village, pour y faire du théâtre, fin des années 80 ; finalement nous étions mieux dans la musique et le chant, et nous proposions des soirées « cabaret », sans prétention, pour le plaisir. Julie y a trouvé sa place quelques années plus tard. Souvent, les spectacles étaient dédiés à des résidents de maison de retraite, au bénéfice des Restos du Cœur, etc. Quant aux images de Stéphanie, bien qu’elle ait depuis une petite vingtaine d’années élaboré une œuvre singulière autour des animaux ou des humains et de leur part animale, elles disent quelque chose d’elle enfant, lorsqu’elle imitait les cris des animaux à l’âge de deux ans déjà, qu’elle était à l’affût de la moindre petite bête, et que spontanément elle allait vers toutes, petites et grosses, sans crainte. A six ans, comme elle dessinait très bien, il était clair pour moi qu’elle s’acheminerait vers une carrière liée au dessin, ce qu’elle fit à 17 ans, en intégrant l’école d’arts visuels d’Orléans, juste après son bac. Son dada, alors, c’était la gravure… Je pense que cette touche est encore visible dans ses travaux actuels. Tout ce que je retiens de ces images et de cette voix, c’est une belle humanité, une grande tendresse pour la vie. Avec les années (20 ans !), il me semble que cela éclate encore davantage aujourd’hui !

Vidéo : Didier Sauvage

MS

Une escapade au Ventoux

Photo : Pierre Gernez

Une balade de quelques heures jusqu’au Ventoux, en voiture, par temps mitigé et grand vent, au sommet tout au moins. Partis de Bédoin, nous n’avons pu redescendre le Grand Géant sur son autre versant jusqu’à Malaucène, la route étant coupée. Tu prenais les photos, Pierre, et nous parlions peu ; la nature s’accommode si bien du silence…

Photo : Pierre Gernez
Photo : Pierre Gernez

MS

Carnet des jours (40)

Partie vers 8 h ce matin sur le sentier de Barjavel qui mène à mon arbre, un tilleul finalement, que je n’avais pas identifié comme tel la fois précédente… Mais en m’adossant au tronc rugueux, j’ai bien remarqué les fruits à venir, de petites boules vert clair et ses feuilles en forme de cœur… J’ai retrouvé le foulard quelque peu tâché par les pluies de ces derniers jours. Enveloppée dans la ramure, j’ai  décidé de revenir là écrire sur un carnet une fiction épistolaire… Le ferai-je ? Je me renseigne sur le tilleul : arbre sacré en Egypte, il était utilisé dans la fabrication de masques funéraires. Dans l’Est de la France et dans les pays germaniques, on rendait la justice à son ombre… C’est un arbre qui symbolise la liberté, il a été choisi en 1792 pour incarner les valeurs de la Révolution française… Il est aussi le symbole de l’amitié. Tout cela me va…

Le bois qu’il faut traverser pour parvenir à « mon » tilleul s’appelle m’a-t-on dit, le Bois de lumière. Que voulez-vous que je vous dise ? N’est-ce pas merveilleux ? Durant le trajet, je renifle toutes les senteurs de chèvrefeuille, de genêt, de sureau, et au retour, en me détournant de la route, j’ai la surprise d’un couple de chevaux – noir, blanc – broutant l’herbe fraîche de leur pré.

MS

Photos : Marlen Sauvage

Carnet des jours (39)

Photo : Marlen Sauvage

La vie a repris son cours, presque comme avant. Du monde dehors, oui, beaucoup de voitures, quelques magasins ouverts sur la place, mais des masques omniprésents dans les rues et l’entrée dans certains magasins limitée à 10 personnes. J’ai passé la journée d’hier au jardin avec mon voisin et sa grande fille. Comme nous sommes tenus d’y aller un jour sur deux, les parcelles étaient peu fréquentées, mais nous étions heureux de nous saluer et d’échanger à distance avec les quelques jardiniers présents. Ce fut une vraie joie aussi de remettre les mains dans la terre, de repiquer, arroser, tuteurer… Après cinq heures et demie de travail intense et une bonne douche, je sentais revivre mon corps, et quelle re-découverte !

Ce matin au réveil, les nouvelles de Guyane m’apprenaient qu’un confinement était de nouveau envisagé… à peine celui-ci vient de se terminer. En cause, le Brésil proche dont le gouvernement n’a pris aucune mesure pour enrayer la pandémie, menaçant même les travailleurs de ne pas être payés s’ils ne rejoignaient pas leurs postes… « Et à la frontière avec le Brésil, côté français, à Saint-Georges, bien qu’il soit interdit de passer la douane et de venir à Cayenne, les gens circulent… C’est une passoire ! », m’explique Prèle.

Depuis mon dernier journal, deux jours avant la fin du confinement, j’ai été fêtée le 10 mai par ma fille québécoise puisque la fête des mères tombait ce jour-là dans ce pays. Avec une invitation à écouter des lectures engagées d’un collectif intitulé Mères au front, qui proteste en l’occurrence contre l’inaction politique face aux bouleversements climatiques, et à rejoindre le mouvement si l’avenir de nos enfants et petits-enfants (ou celui de la planète tout simplement) nous préoccupe. J’ai signé bien sûr.

J’ajoute une grille de santé mentale (ah ! ah !), venue tout droit du Québec itou… pour se tester hors confinement et en confinement si nous devions y retourner…

MS

Journal du confinement J-2

Photo : Marlen Sauvage

Balade dès 9 h 30 sur les hauteurs de Nyons, sans l’avoir décidé vraiment. Le ciel de mai ne ment pas, son bleu franc tranche sur les toits ; l’Eygues chante à peine de son eau turquoise transparente. Après le pont roman, je découvre un petit sentier de randonnée dont l’entrée démarre avec une série de marches bétonnées cachées par la végétation. C’est étroit comme le lit d’une cascade, pentu et caillouteux. L’air déjà chaud laisse présager une belle journée. Un coup d’œil derrière moi et je surplombe le piton rocheux qui se dresse au bord de la route. Les sangliers ont bouroulé la terre par endroits. Parvenue près d’une table d’orientation, j’admire le col du Pontias et la montagne du Devès, celle de Vaux… Il n’y a évidemment pas un chat dans le coin, pourtant on doit bien y venir puisqu’une table de camping trône sur une terrasse sauvage face au panorama. Je me réjouis des senteurs du sous-bois, c’est frais et suave à la fois. Quand le chemin croise la route, je tourne à droite vers les oliviers, respirant les genêts d’un jaune vivifiant, jusqu’à un arbre superbe qui me tend toutes ses branches et dont je serre le tronc vieilli et rugueux contre moi. Ce qu’il me murmure : « sois sage et patiente ». J’éclate de rire. Je lui donne mon foulard blanc, je reviendrai le chercher à l’occasion. Et je redescends à grande vitesse par la route, le téléphone collé à l’oreille (la petite sistra !), mon temps de sortie dépassé depuis une demi-heure. Vivement le 11 !

Parmi les conseils du jour, celui de Chrystel pour la lecture de la lettre de Houellebecq. J’irai l’écouter sur Inter.

Et parmi les musiques partagées, celles de Neil Young et son lonely boy… Out on the week-end, Sinatra et Fly Me to the Moon, et enfin Zappa avec Honey don’t you want a man like me? dont les paroles quelque peu… décalées… m’amusent beaucoup.

MS

Photo : Marlen Sauvage

Journal du confinement J-4

Photo : Marlen Sauvage

J-7 – Il y a trois jours, mon cadeau du matin, merci Pascal ! Un petit film sur les lavandes du Ventoux et du pays de Sault… Un peu de nature en boîte avant d’aller la déguster sur place dans quelques jours.
Il est 10 h 42. J’écoute Idir depuis plus d’une heure.
Appel de Sam, nous parlons de son prochain livre ; je chercherai pour lui mon texte déposé à l’APA que j’avais intitulé C’était l’été. En dépeçant les cartons qui emballaient les meubles reçus il y a quelques jours, je me suis bien sûr tailladé deux doigts. Mais j’en suis venue à bout.
J-6 – Grasse matinée jusqu’à 8 h 30 ! Je suis privée de mes nouvelles… ma boîte mail a été supprimée sans que je sois prévenue… J’en ai changé, tiens pour celles et ceux que cela intéresse et que je ne pourrai prévenir : marlen.sauvage@free.fr
La voix de Prêle dans le micro est inaudible… pas de bonjour guyanais ; pas non plus de bonjour pantinois… mais je démarre la journée dans le soleil intérieur et extérieur ! Vivement le 11 que l’on puisse sortir sans ausweiss ! Mais pour finir, maudite journée de fatigue, tant tout est fragile.
J-5 Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. L’effet Covid, me dit-on. Superbe journée remplie de bonheur, d’énergie, de rires ! Du nettoyage par le vide, qui remplit de joie. Le soleil a brillé toute la journée, pourtant je ne suis pas sortie encore ce jour.
J-4 Ce jeudi, un texte de Mireille sur le tajine, écrit durant le dernier atelier, que je découvre seulement maintenant !
Et enfin, la voix d’Anh Mat dans cette vidéo-lecture qui me transporte ce matin…  « Je choisis l’errance la transe ambulatoire du corps… » Instantané #1 Celui que je fus

MS
Les liens ne s’affichent plus… WordPress, version Premium, ce n’est plus ce que c’était…

Lavandes vivantes : https://www.youtube.com/watch?v=PhNlCdLMae4&feature=youtu.be
Un murmure d’oasis, de Mireille Rouvière : https://les-ateliers-du-deluge.com/2020/05/07/un-murmure-doasis-par-mireille-rouviere/
Anh Mat, Instantané #1 : https://www.youtube.com/watch?v=t_BU9ZUtr88

Journal du confinement – J-8

Photo : Liliane Paffoni

Ce dimanche j’apprends la mort d’Idir et je partage ma peine avec Brigitte C. J’écoute en boucle A vava inouva, Sendou, Je me souviens… Le chanteur débordait d’humanité, je pleure quand d’habitude je danse… Je remets le nez dehors, pour la première fois depuis longtemps, à pied je veux dire, dans la ville sous le soleil. Je soulève mon masque pour humer le parfum de roses entières, d’un bel orangé, le long de mon chemin. Au retour de la boulangerie, je me promène visage nu, quel bonheur de respirer librement !
J’attends des nouvelles de P., le confinement a imposé ses rituels entre mails, sms et coups de fil, à heures quasi régulières, chaque jour. Je partage avec lui le Chant des marais, version 2020, envoyé par Claude.
Les « jeunes » se manifestent… Pêche et ses « larmes en ciel ou soleil corbeaux », ses images-mots succédant à ses photos. Il me prête des activités loin de ce que je peux encore me permettre, faute d’énergie. J’apprends selon M. dans l’après-midi que l’on compte 40 jours pour se rétablir. Stef s’inquiète de mes muscles et de mes tendons ! Notre conversation décalée confine à l’absurde. Prêle toujours fidèle au rendez-vous WhatsApp… Je commence et termine mes journées avec elle qui oscille d’un jour à l’autre entre ras-le-bol, colère puis joie de vivre et débauche d’énergie… 
Je prépare l’atelier d’écriture de mardi (par skype) en espérant que ma voix ne se casse pas entretemps, bouquine quelques articles de la revue Inexploré, que m’a vantée S., remets au lendemain le rangement du bureau, car demain, n’est-ce pas, il fera jour…

MS

Journal du confinement – J-10

Photo : Rose-Marie Fort

J’écoute JJ Cale et Eric Clapton, il est 7 h 30, ce sera une belle journée. Vous savez, une de ces journées où après une nuit sereine, les idées se sont mises en ordre d’elles-mêmes et les choix apparaissent dans toute leur évidence.
En ce 1er mai, jour gris, le muguet a fleuri dans mon téléphone cellulaire et dans la boîte mail et ce fut une abondance de bouquets reçus des un.e.s et des autres. Dans le jardin d’avant, je le cueillais sous la première marche des escaliers de schiste, il sortait ses clochettes quelques jours avant le jour J., j’en ramassais deux brins que j’expédiais par la poste à chacune de mes filles, et quelques brins pour la table où ils embaumaient subtilement l’atmosphère.
Pas de fragrance aujourd’hui, mais j’ai une très bonne mémoire olfactive. Il me suffit de fermer les yeux.

Ces jours derniers, mes lectures et mes envies m’ont emmenée sur de beaux chemins imaginaires, parmi lesquels Simon et L, de Gwen Denieul, dont j’extrais cette phrase qui ne parle que d’amour : « Je suis passé d’une drogue dure à une autre… ». Sur le site des Cosaques des Frontières, j’ai découvert Sandrine Davin, et tellement d’autres.

Une chaîne poétique à laquelle j’ai participé tout récemment m’a rappelé d’anciennes amours avec Miguel Hernández chanté par Paco Ibanez et ces Andaluces de Jaen pour lesquelles je pleure toujours d’émotion. Merci à toi, Claude P. !

Et pour rire, parce que c’est salutaire, je suis retournée écouter Les Deschiens bien sûr !

Marlen S

Et j’ajoute ici ce poème d’Aragon, le choix de Claude, parce que ç’aurait pu être un des miens… Poème écrit en hommage à Federico Garcia Lorca, assassiné en 1936 par les franquistes, et que l’on pourrait dédier à tous ceux qui par le monde – poètes, journalistes, écrivains, chanteurs – le sont encore en raison de leur voix.

Un jour, un jour

Tout ce que l’homme fut de grand et de sublime
Sa protestation ses chants et ses héros
Au-dessus de ce corps et contre ses bourreaux
A Grenade aujourd’hui surgit devant le crime

Et cette bouche absente et Lorca qui s’est tu
Emplissant tout à coup l’univers de silence
Contre les violents tourne la violence
Dieu le fracas que fait un poète qu’on tue

Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Ah je désespérais de mes frères sauvages
Je voyais je voyais l’avenir à genoux
La Bête triomphante et la pierre sur nous
Et le feu des soldats porté sur nos rivages

Quoi toujours ce serait par atroce marché
Un partage incessant que se font de la terre
Ente eux ces assassins que craignent les panthères
Et dont tremble un poignard quand leur main l’a touché

Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Quoi toujours ce serait laguerre la querelle
Des manières des rois et des fronts prosternés
Et l’enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles

Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d’idoles
Aux cadavres jeté ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou

Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Louis Aragon, Le Fou d’Elsa.

Jour du confinement J-13

Photo : MS. Du monde sur la place aujourd’hui…

Mardi 28 avril. Un jour sans.
Téléphoné hier à mon médecin pour savoir si je pouvais sortir sans dommage pour les autres, si j’étais contagieuse encore, sa réponse : non, puisque la fièvre est tombée… vous porterez un masque et ce sera bien.
La raison de ma sortie : l’injection mensuelle que j’administre à mon chat malade. Et le vétérinaire qui me délivre la préparation en question se trouve à 40 bonnes minutes d’ici. Hier j’allais très bien, mais mon rendez-vous n’a été fixé que ce matin 11h15. Une belle sortie sous la pluie, dans la beauté verte de ce printemps, jusqu’à La Bégude, croisé deux voitures dont une de police, et c’est tout. Petit arrêt pour des légumes dans la petite surface locale et rentrée chez moi vers midi. Une seule envie : dormir ! Ce que j’ai fait durant trois heures… Les suites du Covid, j’imagine, alors qu’un flash à la radio prévenait que la maladie demandait quelques jours de repos, et basta. La belle info… Bref.
Hier comme j’avais la pêche, j’ai entrepris le grand rangement des livres qui s’imposait. En suis arrivée à bout, après avoir écarté un bon nombre d’entre eux que je donnerai dès que possible.
Mes lectures sur le net m’ont emmenée vers le site Diacritik dont j’aime le ton, pour un article signé d’un  collectif de profs de lycée, contre la réforme Blanquer. C’est carré, argumenté, efficace et c’est ici. Puis vers le site de Françoise Gérard dont je suis le thriller aux ressorts nourris par l’actualité.

Et pour rejoindre une déclaration que je faisais récemment à un vieil ami, cette jolie chanson de Louis Chedid, chantée ici par un collectif familial, très touchant, entendue sur les Carnets de Marseille, et dans la version familiale par les Chedid eux-mêmes…

MS

Journal du confinement J-15

Photo : Pato.

Dimanche 26 avril
Je refais surface VRAIMENT après quinze jours d’abrutissement quasi total dû au virus. Sans toux, sans fièvre, sans mal de tête, sans brûlure dans les articulations. Seule j’étais, mais entourée, merci à vous qui étiez présent.e.s, par vos petits mots, vos mails, vos photos, vos vidéos, vos appels, vos suggestions de musique… Libérée enfin de maux divers sans la certitude d’être immunisée, si j’en crois certaines informations, et j’ignore combien de temps encore je serai contagieuse. Pour m’accueillir ce matin, un petit vocal sur WhatsApp de ma nièce guyanaise qui après un « T’es une guerrière ma Marlen » me jette dans le bain du jour avec une diatribe contre le gouvernement, rejoignant encore dans ses coups de gueule et ses analyses ce qu’exprime Thierry Crouzet dans son billet. Oui, il y a de quoi hurler contre la bêtise crasse et les incohérences de ceux qui nous gouvernent. Et contre le pire qu’exacerbe la situation… la délation, à laquelle je ne voulais pas croire, par exemple, et dont on me raconte un épisode vécu. Froid dans le dos.
Mais je ne m’en tiendrai pas à ce qui démoralise. J’ai renoué avec mes habitudes quotidiennes, allant grapiller les mots des autres et leurs photos chez Marie-Christine Grimard, Brigitte Célérier, Dominique Hasselmann, Leyla, Adam Isler, et écouter les contributions chantées sur le site des Carnets de Marseille… Découvert aussi cette animation poétique envoyée par ma grande nénette québécoise. J’ai tenu compte des conseils de prudence des un.e.s et des autres, en ai fait le moins possible aujourd’hui, goûtant juste le plaisir de bouger sans douleur. Et rêvant d’herbe tendre, me suis contentée de la voix de Michel Simon et de Serge Gainsbourg.


MS