Message d’espoir

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« Trois sources complémentaires d’inspiration forment le socle conceptuel de cet ouvrage :

  • la psychologie positive, qui étudie les conditions et processus qui contribuent à l’épanouissement ou au fonctionnement optimal des individus, des groupes et des institutions ;
  • le convivialisme, nouvelle philosophie politique, qui considère qu’une politique légitime devrait reposer sur les quatre principes de commune humanité, de commune socialité, d’individuation et d’opposition maîtrisée ;
  • une vision optimiste de l’être humain, selon laquelle il existe en toute personne une aptitude à la bonté, qui peut s’épanouir ou s’étioler en fonction de ses choix personnels et de son milieu social. Certaines conditions peuvent faire émerger le meilleur de l’être humain, d’autres le pire. 

    Or pour faire émerger le meilleur, la confiance et l’espérance sont indispensables. Ce dont le monde a le plus grand besoin aujourd’hui, c’est de messages d’espoir réaliste, qui nous montrent qu’un monde meilleur est possible et que chacun de nous peut y contribuer. »

    Jacques Lecomte,
    Le monde va beaucoup mieux que vous ne le croyez !
    Editions Les Arènes

    Jacques Lecomte est l’auteur de plusieurs essais dont La Bonté humaine, Altruisme, empathie, générosité (Odile Jacob, Grand prix Moron de l’Académie française) et Les Entreprises humanistes. Il  est aussi président d’honneur de l’Association française de psychologie positive.

 

Une histoire de neige

marlen-sauvage-aiken

« Ça n’avait peut-être pas été le deuxième ni le troisième matin – ni même le quatrième ou le cinquième. Comment pouvait-il en être sûr ? Comment être sûr du moment exact où la délicieuse progression était devenue nette ? Du moment exact où elle avait réellement commencé ? Les intervalles n’étaient pas très précis… Tout ce qu’il savait, c’est qu’à un moment ou un autre – peut-être le deuxième jour, peut-être le sixième – il avait remarqué que la présence de la neige était un peu plus insistante, son bruit plus clair ; et, inversement, le bruit des pas du facteur plus indistinct. Non seulement ne les entendit-il pas au coin de la rue, il ne les entendit même pas à la première maison. Il les entendit au-dessous de la première maison ; et quelques jours plus tard, au-dessous de la deuxième, et encore quelques jours après, au-dessous de la troisième. Graduellement, graduellement, la neige devenait plus lourde, son bouillonnement plus sonore, les pavés de plus en plus emmitouflés. Quand chaque matin, après le rituel de l’écoute, il trouvait en allant à la fenêtre les toits et les pavés aussi nus que jamais, cela ne faisait aucune différence. Ce n’était après tout que ce à quoi il s’était attendu. C’est même ce qui lui plaisait, sa récompense : la chose était à lui, n’appartenait à personne d’autre. »

Conrad Aiken,
Neige silencieuse, neige secrète, éditions La Barque

Carnet du jour (11)

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[Sans doute ai-je l’impression, à cultiver ce décalage, de ne plus parler vraiment de moi…]

Mercredi 8 février
De retour d’un long week-end à Aubres et Avignon. Et toujours pas repartie à Rome… Les oliviers des Baronnies valent ceux de partout ailleurs. Week-end sans repos puisqu’en formation mais pour le plaisir et la connaissance des autres. J’ai laissé filer la semaine dernière, chargée d’ateliers, et de ce beau projet de Caravane avec Quoi de 9 et le Gem de Florac. Retrouvé Sophie pour cette aventure collective. Aujourd’hui sera journée d’écriture, une maison attend de connaître son secret. Le soir sur Youtube, écouté Ricœur et Bachelard.
« Le même souvenir sort de toutes les fontaines », disait ce dernier, justement.
Long coup de fil de P., bonheur d’échanger sur l’actualité (dont je ne me repais pas pourtant, c’est le moins que l’on puisse dire), sur son métier de professeur, elle si engagée, si intelligente, si audacieuse dans ses propositions… et courageuse finalement.

Ce soir du 9 février, je me réjouis ! De quoi donc ? Je ne sais mais j’ai le cœur en joie. Peut-être parce que je viens de terminer de préparer l’atelier de demain… 1h30 de transcription de textes et autant ce matin pour imaginer des propositions qui pourront coller aussi avec le projet plastique. Rangé mon bureau, autre occasion de me réjouir. [Des petits bonheurs qui ne me coûtent que l’effort du rangement… un bonheur qui coûte, il va falloir que je réfléchisse à ça ! me dis-je en transcrivant ce journal] Réunioné trois heures durant pour la préparation du prochain festival [du livre]. Signé le nouveau contrat de mission et envoyé mes colis à S. Papoté avec A. ce matin, répondu aux mails, tweets, messages FB. Comme l’impression qu’il n’y a que l’activité qui me convienne en ce moment.

Dimanche 12 février. Aujourd’hui anniversaire de C. Hier c’était celui de ma fille chérie. Je ne peux me faire à l’âge de ces deux-là… Repensé à la discussion avec K. hier et à ses mises en garde. Dormi l’après-midi, pour noyer ma fatigue et ma lassitude.

Mardi 14 février. Moral en bas mais aujourd’hui est un jour faste. Versé quelques larmes en contrecoup au merveilleux film de Beineix, 37,2 °C le matin, que je n’avais jamais vu et dont l’héroïne m’a bouleversée (jamais lu le buquin de Djian non plus). Superbe Béatrice Dalle qui en avait dans les tripes… Quelle beauté, quel jeu. Sa folie me parle et j’ai pensé qu’avec les années tout de même je m’étais calmée. Bon, je ne me suis jamais non plus arraché un œil… Mais quelle sensibilité à fleur de peau, quelle écorchée vive, et je prends conscience qu’un homme a imaginé cette fille-là ! Il a dû la connaître, impossible autrement !
Comme un baume sur mes états d’âme, un cœur percé par Cupidon… Il ne tient qu’à soi d’accepter les cadeaux pour ce qu’ils sont. Aujourd’hui aussi, vu 4 épisodes de Belphégor, après avoir écouté Gréco sur le net. Je ne connaîtrai sans doute jamais la fin, ça a trop vieilli. Quand je pense que nous nous étions pris une rouste pour avoir tenté d’écouter le feuilleton derrière la porte ! Nous devions avoir 6 ou 7 ans ! Avant-hier et hier, c’est Jésus de Nazareth de Franco Zeffirelli qui m’avait bouleversée. J’ai pensé fort à S. qui ressemble tellement, je trouve, à ce Christ. Robert Powell… S. ne serait sans doute pas d’accord, d’ailleurs il n’en a pas les yeux. Les siens sont mordorés, bien aussi troublants d’ailleurs.

Le 18 février, samedi d’atelier autobio, avec 8 participants, des larmes et de belles discussions, dans ce lieu magique face à l’Aigoual, à la Rouvière, chez A. Fait la connaissance de A. sculpteur, randonneur, peintre, amoureux de la Nature. Quel bel homme à pleurer… que pleure A. toujours… Cet après-midi rangement, nettoyage par le vide. Hier vendredi belle journée ensoleillée, la première depuis plusieurs jours après pluie et froid, et brouillard, où j’en ai profité pour une balade jusqu’à Gardies, accompagnée par les chiens de N., méditation face aux montagnes, au sud, face au soleil. Grand bonheur et sérénité. Visite à E. qui a ses petites-filles craquantes près d’elle. Invitation à dîner avec T. et T. (quel merveilleux jeune homme que ce garçon de 12 ans, quelques mois de moins que Justin. Un amour aussi, mais brun aux yeux marron…) J’ai terminé de lire Thriller de je ne sais plus quel auteur anglo-saxon. Des fous rires souvent. Ecrit et finalisé le secret de la septième maison. J’ai terminé par la Crêpière… Proposer autre chose à Jan maintenant…

21 février. Rentrée ce soir de l’atelier du mardi soir sous une avalanche d’étoiles plantées dans un ciel pur. C’est cela aussi que j’étais venue chercher ici. 
Atelier d’un dynamisme rarement égalé… et d’une joie de vivre ! Avons-nous jamais autant ri ? Une enfant malicieuse dans chacune de ces femmes et de bons fous rires à pleurer. Quel bonheur ! Me souvenir plus tard combien cet atelier m’a réconciliée avec le quotidien, quand je sais tout ce qu’abritent ces vies derrière leurs visages joyeux.
Déjeuner sous le soleil du début d’après-midi chaud et doux. Passé ce matin au village pour déposer des bricoles. Commencé Montedidio prêté par C. et T. Superbe écriture de De Luca comme toujours. Je cherche une idée de structure pour la bio de P. et cette option fragmentaire me plaît tellement… Le talent de Erri de Luca tout de même… A. me dit ce matin que sa journée serait belle et ensoleillée comme moi. Quelle chance j’ai !

22 février. Journée ensoleillée et jardinage intense, taille des rosiers, de la vigne, la passiflore, nettoyage des parterres, sorti les plantes en pot. Depuis 2 ou 3 jours, je déjeune dehors, médite à l’écoute des oiseaux, leurs chants sont si différents, et depuis que je sais comment ils les apprennent, mon écoute est remplie d’émotion. Ce soir un couple de mésanges charbonnières faisait la navette entre le mirabellier et la glycine. J’avais l’impression qu’ils lorgnaient le pigeonnier, se demandant s’ils ne pourraient pas le squatter ! 
Nouvel aller-retour à SC. En raison des travaux, j’y ai laissé les baguettes de protection de la portière droite… et la pierre a rayé tout le bas de caisse… Rangement de la paperasserie, tri des dizaines de cahiers sur les rayonnages, et des ateliers « volants » qui ont retrouvé leurs classeurs. Ereintée et dans mon lit avant l’heure après une douche salvatrice. Décidé de lire Montedidio au calme, demain il fera jour.

Carnet du jour (10)

[Sans doute ai-je l’impression, à cultiver ce décalage, de ne plus parler vraiment de moi…]

Le 26 janvier
Nous sommes mercredi ou jeudi ? Jeudi. Qu’ai-je fait depuis le 20 que je n’ai pas noté ici ? Samedi 21, atelier d’écriture autobiographique à Barre. Mardi, premier atelier Caravane des 10 mots à la bibliothèque de Florac avec un groupe hétérogène mais attentif. Heureusement, Sophie est là pour me rassurer sur mon intervention.Quinze ans de pratique et toujours le trac avant une aventure comme celle de faire écrire… Aujourd’hui jeudi, descente à la Combe pour sortir Whisky. Tout était blanc de neige, 23 cm au final ! Suis partie à la rencontre de V. en début de soirée, qui avait dû laisser sa voiture au pont des Terrades. Papoté sur skype, blogué à propos de ma petite virée dans la neige. Tricot pour S. Je vis au jour le jour dans cette conscience-là…

Le 27 janvier
Skype avec Stef qui s’inquiète de voir son chum se consacrer à son travail au détriment de sa santé [mais l’équipe « son » a remporté le 26 février l’Oscar du meilleur montage sonore pour le film Arrival de Denis Villeneuve 😀 ) Parlé des soucis des autres, qui la touchent, et  je lis le désarroi dans son grand cœur. Encore des petites choses en carton… La pluie a fait fondre toute la beauté du dehors. Téléphoné à L.  ce soir encore à l’hosto, qui vend sa maison, me parle de communauté de vie, de biens…

Le 28 janvier
Généalogisé toute la journée, un peu en vain, à fouiller la lignée de Jeanne T. Ménage à fond et un seau d’eau sur tout le corps en faisant un faux mouvement… Rincée, fou rire, joie. Terminé la deuxième jambière pour S. à l’écoute de F. Culture. Réécouté l’émission de Matthieu Conquet avec cette flûtiste franco-syrienne Naïssam Jalal, et cet Américain génial, qui ne s’est pas trompé sur Trump et dit les choses avec une violence froide et blanche (pas noté son nom).

Le 29 janvier
Terminé ce dimanche Les Suprêmes, de Edward Kelsey Moore, plein d’humour et d’humanité. Qui a bien pu m’offrir ce livre ? Passé ma journée sous le signe du repos, le mot du jour, surgi pendant ma méditation matinale. Descendue au village déposer jouets, laine et chaussures au Pétassou, mais trop tôt… Revenue avec du pain et retournée deux heures plus tard, contente de m’être encore obligée… En guise de repos, tricoté un bonnet assorti aux jambières, en ai cousu un autre pour moi, retrouvé parmi des pelotes de laine, non terminé, lavé le tout et voilà ! Cuisiné ris de veau et blettes pour mon repas de midi. Préparé une sauce tomate avec les kilos congelés. Résultat : 10 pots qui ont stérilisé pendant que j’écoutais F. Culture.

Photo MS  (Si, si, je tricote…)