Journal du confinement J-19

Photo : Marlen Sauvage

Je ne parviendrai pas à intégrer cette vidéo de Luis Armstrong chantant What a wonderful world, ce que je fredonnais ce matin au réveil, après 9 jours de maux divers et grande lassitude… Allez là si vous voulez le voir et l’écouter. « I see friends shaking hands/Saying How do you do ?/They’re really saying I love you ». Je ne vous en dirai pas beaucoup plus mais je revis et c’est bon ! Merci à vous toutes et tous qui m’avez soutenue, pour vos paroles encourageantes et vos petits mots doux, je vous enlace et vous embrasse… de loin !
Une plante de La Réunion pour illustrer ce jour qui est aussi celui de l’anniversaire de mon petit Sacha, 5 ans.

MS

What A Wonderful World (Quel Monde Merveilleux)

I see trees of green
Red roses too
I see them bloom
For me and you
And I think to myself
What a wonderful world

I see skies of blue
And clouds of white
The bright blessed day
The dark sacred night
And I think to myself
What a wonderful world

The colours of the rainbow
So pretty in the sky
Are also on the faces
Of people going by
I see friends shaking hands
Saying « How do you do ? »
They’re really saying « I love you »

I hear babies cry
I watch them grow
They’ll learn much more
Than I’ll ever know
And I think to myself
What a wonderful world

Journal du confinement J-25

Jeudi 16 avril
L’impression d’être sur quelque chose qui tangue, une fois en haut, une fois en bas, et confinée de chez confinés jusqu’au 26 avril inclus… Je profite d’une petite fenêtre de calme. Mon médecin ne me dit pas que c’est le Covid-19 mais quand je lui demande combien de personnes il a reçues dans son cabinet qui en étaient atteintes, la réponse est « Avec vous, cela fait quatre ». Je souris intérieurement. « Mais aucune n’est morte. » Merci ! Je n’ai jamais eu cette crainte. Habituée à la grippe annuelle suivie de laryngite ou pharyngite qui durent un bon mois, ça va, ce n’est pas pire, c’est que j’expérimente quelque chose de neuf quand même ! Les poussées de fièvre le soir, la toux qui fait son apparition le troisième jour, le rhume des foins qui se pointe aussi en cours de route… Comme j’ai eu droit à un sirop contre la toux à prendre le soir (et qui assomme un peu apparemment), j’ai très bien dormi et me suis réveillée ce matin toute fraîche à 6 h. Le souci est que ça n’a pas duré… J’ai envie de dire ce que disait toujours mon père – ce qui agaçait ma mère et me faisait rire – : « ça passera avec la bête ». Je ris encore.
Parmi les bonnes nouvelles, les petits mots de celles et ceux « du réseau »… Merci à vous mes chères et chers.
Reçu de mes dames-de-Florac une photo d’elles autour d’une table, souriant vers moi, avec des mots pleins d’amitié. Et une proposition de recevoir l’énergie de M. qui pratique le reiki. Et des mails, et des pensées, et des coups de fil auxquels je ne peux pas répondre, à cause de la toux ! Je suis bluffée par tant d’amour. Re-Merci.
Vous savez dans ce genre de situation on se demande comment on a pu attraper « la chose », on regarde son agenda, ses sorties… Comme j’ai toujours fait attention à qui je croisais, et que dans les 14 jours à considérer je suis allée deux fois faire des achats, j’ai fini par comprendre aujourd’hui ce que je ne faisais pas : attendre plusieurs heures avant de ranger mes courses. Se laver les mains avant et après, oui, je l’ai toujours fait et ça ne suffit pas, mettre mes vêtements à la machine en rentrant, oui, et ça ne suffit pas non plus… J’ai entendu pour la première fois le spot à la radio en rentrant de chez le toubib, et je me dis que voilà le revers de la médaille, à ne pas écouter les infos et les pubs et tout le bazar.
Bon hier, je n’étais bonne à rien, après ma virée en voiture jusque chez le médecin, à une vingtaine de kilomètres d’ici. Aujourd’hui, une heure avec la musique de La Pianiste pour ranger la cuisine, faire la vaisselle, javelliser, etc., lentement comme je pouvais me l’autoriser. Et je suis contente du résultat !

MS
(la photo est complètement ratée, je l’ai prise sur le coup de 11 h du matin en revenant du toubib… et traficotée parce qu’elle était vraiment surex, ce que je ne fais JAMAIS.) Et puis à bien la regarder, j’ai l’impression qu’elle est floue en plus… Tant pis, j’ai froid de nouveau.

Journal du confinement J-27

Mardi 14 avril
Avez-vous dit « je t’aime » aujourd’hui ?
Couchée depuis dimanche soir avec fièvre et tremblements, maux de tête, nausées, vomissements, oreilles dans le coton, articulations douloureuses… une grippe ? Elle me tombe dessus chaque année mais plus tôt, habituellement, en janvier ou février. Sur les conseils de P., j’appelle le 15 où le médecin ne parie pas forcément sur un COVID-19 ; il n’en sait rien, me dit-il, me demandant de me reposer et de surveiller ma température. Et de consulter si elle ne baisse pas. Je verrai donc demain. Je vais mieux… sinon je ne serais pas là [il est 19h30]. Comme je n’étais qu’une chose pâle comme la mort et incapable de bouger, j’ai quand même fait appel à mes voisins dans la matinée. Ils venaient de m’écrire que notre jardin partagé était accessible les jours pairs, de 16 h à 18 h ! Ce n’est que partie remise donc. La réflexion du confinement. Avec les oranges demandées et les citrons, ils m’apportent de la bonne soupe de légumes, des œufs en chocolat et des cookies ! Tout ça me tire un grand sourire ! Ils sont tellement gentils… Je me régalerai plus tard, mais rien que l’intention me fait un bien immense. Et j’ai droit de la part de mes plus proches à des « je t’aime » répétés qui me réchauffent le cœur, comme d’habitude. On ne doit jamais attendre de dire je t’aime.
Ecouté monsieur Macron hier soir, en fermant les yeux, car le décalage entre le son, l’image et le texte me donnait la nausée, et suis vite repartie dans mon lit après avoir entendu la date du 11 mai, sans y croire tout à fait. Avec une pensée pour les plus âgés qui devront encore rester confinés davantage si je comprends bien.

MS

Journal du confinement #26 & 27

Photo : Marlen Sauvage

Samedi 11 avril
Levée à 5 h 30… Je lis ce matin l’entretien qu’Edgar Morin a accordé ces jours-ci au Journal du CNRS. Avec le résumé de sa philosophie, « Attends-toi à l’inattendu », je retiens ceci :
« C’est vrai que pour beaucoup d’entre nous qui vivons une grande partie de notre vie hors de chez nous, ce brusque confinement peut représenter une gêne terrible. Je pense que ça peut être l’occasion de réfléchir, de se demander ce qui, dans notre vie, relève du frivole ou de l’inutile. Je ne dis pas que la sagesse, c’est de rester toute sa vie dans sa chambre, mais ne serait-ce que sur notre mode de consommation ou d’alimentation, c’est peut-être le moment de se défaire de toute cette culture industrielle dont on connaît les vices, le moment de s’en désintoxiquer. C’est aussi l’occasion de prendre durablement conscience de ces vérités humaines que nous connaissons tous, mais qui sont refoulées dans notre subconscient : que l’amour, l’amitié, la communion, la solidarité sont ce qui font la qualité de la vie. » 
Entre les publications des autres, des vidéos, quelques infos révoltantes, des coups de fil, une série policière, Peter May et La trilogie écossaise, une sieste solidaire d’une heure trente… une journée confinée de plus se passe. 

Photo : Marlen Sauvage

Dimanche 12 avril
Quelle dose de vérité est-on capable de supporter ? Ma question au réveil, à 6 h 30. Le jour a filtré à travers la fenêtre sans volet, j’ai cru qu’il était beaucoup plus tard ; le chat sur les talons, un café dans la main, retour sous la couette. C’est Pâques. Les pires mensonges, ceux à soi-même. Je ne sais si j’ai rêvé mais je commence la journée avec des pensées pour celui qui cachait sous sa peau tatouée, dans les arabesques et les lances acérées, toutes les figures du Mal ; mais quelles frayeurs issues de quelles brumes le tenaillaient donc, quelles langues corrompues avaient enfoncé dans sa gorge une telle méfiance qu’aucune parole ne répondait aux miennes, que taisait-il dans ses silences et son allure désinvolte, dans son regard absent d’un visage tanné, qu’aurait-il fallu comprendre de ses peurs qu’il avouait enfin quand tout se délitait, juste avant de mettre les voiles, de disparaître dans une vie morne, sans accroc, sans assaut, sans fêlure, des jours comme des nuits tous volets clos, comme des mots trop anciens plus jamais mis en bouche, comme un parfum capiteux jadis, éventé aujourd’hui ; que cachait-il, que se cachait-il ? Enigme. Tous les portraits devant moi cachent une énigme – ou la révèlent. Quelle belle opportunité de se connaître à travers l’autre, non ? Mes pensées du matin. Et puis, je laisse tout filer, ce que je n’attraperai pas là me rattrapera bien.

Photo : Marlen Sauvage

Envie de pain et je n’en ai pas. L’occasion de sortir du placard la machine tellement utilisée en Cévennes, oubliée depuis mon arrivée ici, où tout est à portée de pieds. Bien sûr, une fois tous les ingrédients versés dans le bol, la machine ne fonctionne pas. C’est parti pour le pétrissage et quelques heures de patience… On sonne à la porte, j’avais oublié la promesse de S. de m’apporter un bouquet de tulipes cueillies dans son jardin avec des feuillages et des genêts ! Je ne peux pas l’embrasser, elle repart dans la fraîcheur du matin. Et là, presque aussitôt, deuxième surprise, un appel en vidéo de Julie depuis son île et je peux voir la petite famille en entier. Mon cadeau de Pâques ! Les enfants ne cherchent pas d’œufs dans le jardin, pas cette année. Mais ils arrivent chacun avec leur œuf dessiné et colorié qu’ils brandissent devant la caméra. Mes petits loups ! Nous évoquons l’impossibilité pour moi de me rendre dans le jardin puisqu’il n’est pas attenant à la maison, LA condition pour avoir le droit de s’y rendre, paraît-il. Je prends en direct un cours de cuisine : un carry boucané accompagné de patole, un légume lontan (ancien) – une sorte de courge longue à la chair fine et délicate, d’une texture proche de celle de la blette… Je vois frissonner dans la casserole les épices, l’oignon, l’ail mélangés à la poitrine fumée, avant les tomates et le patole. Tout en cuisinant, Julie me raconte comment elle a expliqué aux enfants que l’on pouvait, en dehors des anniversaires, fêter aussi les prénoms. Après l’histoire du prénom de Souleymane-Salomon, « celui qui a le cœur pur », Souleymane, 7 ans, fait la grimace, mais il est carrément dépité quand elle donne la signification de Sacha-Alexandre « le guerrier, le fort » (Sacha, 5 ans bientôt, est depuis sa naissance un format mini, alors que Souleymane est un grand costaud…) « Ah ! mais pourquoi j’ai toujours des trucs nuls ? » C’est bien, les mômes, on a quand même des chances de se payer quelques fous rires dans la journée. Nous terminons notre discussion avec la fin de la cuisson du plat !
En Guyane, la tradition culinaire de Pâques est celle d’un bouillon d’awara, et j’apprends que ce qu’on nomme « bouillon » est en réalité un plat très consistant à base de légumes, de viandes, de poissons et de crustacés. Celui qui en mange revient toujours au pays, dit-on, ce que me confirme Prêle. Sieste solidaire et nous passons l’après-midi à discuter via WhatsApp.
Et ce fut notre vingt-septième jour de confinement.

MS

Journal du confinement #25

Photo : Marlen Sauvage

Vendredi 10 avril
Super bien dormi. Levée comme j’aime, aux alentours de 7 h. Avant 8 h je trouve sur FB, dans le fil d’actualité, Song for Karen, d’Olivier Martinelli, une reprise de About you de The Jesus and Mary Chain, qui est la BO de son bouquin Une Légende, lequel date déjà de 2014. Avec un petit mot rien que pour moi, de quoi vous réconcilier avec le confinement tout de suite ! Je sais que j’ai un grand sourire sur la « face » comme disent les Québécois, j’adore la voix d’Olivier qui le sait depuis quelques années déjà. Ecoutez-le, c’est doux, et abonnez-vous à sa chaîne ! Lisez ses livres, aussi, ce sont de beaux romans, vraiment.
C’est parti pour une belle journée, le pontias souffle ce matin, il veut nous débarrasser de ce virus qui nous tient confinés, j’ai envie de croire que le cosmos va finir par convaincre cette petite chose vivante de s’autodétruire. Et à 8 h 10 une pensée pour toi qui dois prendre ton café-sucre-pain-beurre quelque part sur cette terre. A 9 h j’ai écouté une douzaine de fois le titre d’Olivier… mon chat n’en peut plus, après m’avoir tourné ostensiblement le dos, il baisse les oreilles et me fait la tête ! Et puis une idée me traverse l’esprit, après la douche, d’enregistrer la chanson d’Olivier que je chante non-stop depuis deux heures. Et hop, sur Facebook (enfin, ce fut long pour moi de compresser le fichier et surtout de le téléverser)… Je me dis que j’ai du culot, ma voix sur celle du chanteur mais c’est sans doute pour prouver à celles et ceux qui craignent pour moi que je ne manque pas d’air !
Aujourd’hui, j’ai rendez-vous avec la marchande de volailles dans un bled voisin. A partir de 15 h 30, je me promène dans la campagne environnante, je respire à pleins poumons toutes vitres baissées et tant pis pour le virus voyageur, les montagnes au loin sont superbes, tous les arbres sont en fleurs, je trouve tout magnifique, mais tout est magnifique. J’ai juste oublié de prendre mon appareil photo… Je reviendrai. Un peu de mal à trouver la ferme, je questionne sur ma route une dame en train de jardiner : c’est sa nièce, la fermière ! Une petite route où l’on ne peut se croiser, des virages au milieu des vignes et puis c’est là. Je me masque, dans la boutique on est masqué aussi, normal, et j’achète tranquillement mes volailles et mes fromages de chèvre d’Ardèche, quand je sors, impossible de me dégager du rideau de porte qui m’encercle ! Obligée de me faire aider par la jeune femme qui éclate de rire après moi et tout près de moi ! Nous sommes masquées, je vous dis ! Puisque le masque interdit les sourires, qu’au moins les rires se fassent entendre.
Je devais acheter des cartes de Pâques pour mes 3 petits loups et je réalise que Pâques, c’est ce dimanche. Pfff ! Ordinairement déjà j’ai du mal avec le calendrier, et depuis si longtemps que cela ne sera pas un marqueur d’Alzheimer pour moi, mais là je suis totalement hors du coup.
Un coup d’œil au Huffington Post et une nouvelle plutôt intelligente sur l’accord des 27 de débloquer plus de 500 milliards d’euros pour soutenir l’économie européenne. Je me demande régulièrement où est passée l’Europe, elle survit semble-t-il.
Et parmi mes petits bonheurs du jour, le blog de Dominique Hasselmann Métronomiques, où l’esprit critique le dispute à l’humour, et c’est très très sain tout cela. 

MS

Journal du confinement #23 & 24

Photo : Marlen Sauvage

8 avril
Aujourd’hui fête de ma Julie – personne d’autre que moi ne lui a jamais souhaité, qui souhaite encore les fêtes ? – qui coïncide avec l’anniversaire de son grand-père paternel, il aurait eu 95 ans.
Je reçois la jolie voix de cette petite, envoyée par A. La simplicité du don ! Les petites mains qui se tordent pourtant, le regard malicieux et le sourire de cette gamine… merveilleux !
Ma thérapie du jour sera le repassage. Et pour que ça fasse son effet, plusieurs heures de repassage, bien sûr. France Inter à l’écoute. On parle de l’éventuelle obligation future de porter un masque même artisanal. Le mien tourne en machine. Je dois en fabriquer d’autres…
Skype avec D. Blagues sur la situation et autres boutades de son cru, on parle du Portugal qui a su très bien « gérer cette crise » et au fil de la discussion je révise mes cours d’histoire avec lui à propos du CNR et de la IVe République ! Coup de fil d’A. qui taille ses oliviers, refait des terrasses… un confinement qui n’en est pas un pour qui vit à la campagne, dans la nature…
Nous nous donnons rendez-vous avec B. sur un parking, elle me ravitaille en œufs, pâtés, caillettes, j’ai quand même fait quelques courses avec le masque… je n’y vois rien !
Des lectures encore, gratuites, publiées par les éditions Gallimard, avec des textes courts.

Intermède musical avec un vieux titre, envoûtant, apaisant… David Crosby quand même…

9 avril
Ce matin je décide de prendre vraiment mon temps, je ne me précipite pas sur les réseaux sociaux, ni sur mon blog, alors que je n’ai pas publié le journal d’hier… Vraiment l’impression de ne plus rien avoir à dire, à penser. Je planifie 3 ou 4 choses seulement dans ma journée, mais que je serai contente d’avoir faites le soir venu. Et quand vers 10 h je regarde mes mails, je tombe sur cette vidéo de Mike Horn, publié sur le Huffington Post. De quoi booster les énergies les plus récalcitrantes.
Dont acte. Je passe deux heures dans la salle de bains à récurer les joints du carrelage mural (je ne dis pas que ça fait cet effet à tout le monde !), au final, le résultat n’est pas probant et si j’avais été devin j’aurais acheté de quoi la repeindre. J’aurais eu tout le temps pour ça…
Rien de bien folichon donc si ce n’est l’appel de P. en début de soirée qui me vaut quelques éclats de rire.

MS

Carnet des jours – Journal du confinement #22

Photo : Marlen Sauvage

Mardi 7 avril
Les jours se suivent et se ressemblent, avec un lever qui diffère toutefois selon la qualité de la nuit. A 6 h ce matin, j’écoutais les messages de ma Guyanaise qui, elle, les envoie tard le soir à ses moments de détente, une fois sa pépette couchée. Confidences sur canapé pour elle, et sur oreiller pour moi, car je redécouvre le plaisir du café au lit quand tout dort encore ! Je ris à ses rires, lui réponds à voix basse ; je prépare mon journal de la veille, je prends le temps, j’ai le temps.
Ecoute encore aujourd’hui d’Eugène Savitzkaya et de Marcel Moreau (mort à 86 ans ce dernier week-end des suites d’une infection au coronavirus), par Claude Enuset, lecture du blog de Brigitte Célérier. Je surfe sur le net, survole beaucoup d’informations, j’ai envie de dehors. Et je finis par m’en aller, guillerette, à 10 h 15 sous le soleil jusqu’à la boutique de Jojo où attendent déjà 2 personnes ! Après une bonne vingtaine de minutes durant lesquelles je discute avec une cliente à deux mètres de distance, c’est mon tour et je repars chargée de betteraves crues, de carottes, de navets tout jeunes, d’avocats tout durs (!), de pommes de terre ensablées, d’une belle batavia toute fraîche, de graines de tournesol, et de deux Bivouak que je dégusterai les soirs de discute. Je dépose tout dans le couloir en bas de chez moi puis repars aussitôt faire le tour du centre-ville pour optimiser mon heure ensoleillée, passer à la poste et échanger un sourire avec B. que je croise là, sur sa grosse moto rutilante, il y a quelques personnes dans la rue à cette heure, masquées pour la plupart, je le suis aussi, et cela m’empêche d’y voir correctement, la buée envahit mes lunettes, et j’étouffe là-dedans… De retour chez moi, le bonheur des messages arrivés en mon absence. Echange avec ma grande sistra de blagues toutes plus cloches les unes que les autres mais qui nous font hurler de rire et abuser des 🤣.
Une sieste de deux heures, et presque coupable encore ! Et puis non. J’ai laissé mes mails en l’état, lecture non terminée, je parcours les textes d’atelier, mesure le panier de linge à repasser que je ne repasserai pas, bouquine entre deux thés, et je me dis qu’à ce rythme je n’aurai encore pas écrit aujourd’hui.
Et ma soirée est occupée à regarder la lune… Il me semble apercevoir un léger halo rosé au plus près de sa circonférence…

Je partage une info (ci-dessous) que m’envoie ma fille québécoise, du Festival de la poésie de Montréal avec une série de podcasts, qu’ils appellent « balados »…

Cadavres dispersés
Poèmes extraits de Nous seules, de Claire Genoux, lu par Marcel Pomerlo. 
https://bit.ly/3aAYUnA

Mémoires de rue
Nocturne à Puerto Angel, de Bruno Grégoire, publié dans la revue Le Mâche-Laurier, lu par Gaétan Nadeau. 
https://bit.ly/2Ux2vgJ

Pensées existentielles
Dig it, de Marjolaine Beauchamp, lu par Catherine Chabot. 
https://bit.ly/2UxXkx2

Romance amoureuse
Poème extrait de Toi tu te tais, de Narcisse, publié aux Éditions d’en bas, lu par Marcel Pomerlo.
https://bit.ly/2JwahBg

Un poème de Michaux, de circonstance, dont fait part un ami cévenol.

MS

Carnet des jours – Journal du confinement #21

Photo : Marlen Sauvage

Lundi 6 avril
La photo du jour ! Chinée à 2:38 tant il est dur de trouver le sommeil… une des réactions au stress du confinement, dit-on… je l’associe plutôt à la présence de la lune à ma fenêtre, mais enfin. D’ailleurs, en parlant de cela, dans la nuit de mardi à mercredi, nous aurons le privilège de voir apparaître une « super lune rose », un phénomène céleste assez rare et magique dit le magazine SO.

Quand j’émerge de ma nuit agitée, mes premières pensées sont pour toi. A cette heure-ci, j’aurais commencé à t’attendre…

Comme chaque matin, un tour sur les réseaux sociaux durant une petite heure pour lire l’actualité de mes auteurs favoris (femmes et hommes mais j’arrête avec l’écriture inclusive, ça devient illisible !). En plus d’écrire, certains partagent leurs savoir-faire, dégotent des infos, des images drôles, et cela suffit pour me redonner la pêche (ou la banane !). Ainsi que le suggère l’association des médecins psychiatres du Québec parmi ses Conseils pour garder la santé mentale pendant la quarantaine (et ce que chacun sait il semble tant le plus drôle fleurit sur le net) : « Partagez les blagues, l’humour est toujours plus drôle lorsqu’il est partagé. Le rire est contagieux. » Dont acte.
Une image souriante que je reprends à Françoise Durif :

©DR

Mais ce qui m’a le plus fait rire je crois, ces derniers temps, c’est cette petite vidéo du papa dans son canapé qui se planque derrière une peinture de coussins pour échapper à ses mômes.
Un autre rendez-vous, la lecture par Claude Enuset d’extraits de livres, aujourd’hui c’est Georges Perros. « Le désespoir c’est de se taire. » (…) « Tout m’émeut comme si j’allais disparaître dans le moment. » En dehors de quelques textes, je ne connais vraiment pas l’auteur. Et découvrir un univers, c’est toujours pour moi une grande joie, j’aime ces partages. Et puis, Claude est un homme de théâtre, il a une voix.

J’ai l’impression de tourner en rond… je vais jusqu’à la chambre préparée pour toi. Le chat s’est endormi sur le lit. Tu m’aurais sans doute téléphoné dans la matinée pour me dire où tu te trouvais…

Je découvre les textes des participantes à l’atelier de mardi – que je vais d’ailleurs publier dans les jours qui viennent, celui de Stéphanie Rieu sur une expérience menée durant le confinement m’a tiré des larmes de rire. Maman m’appelle pour la recette des chapati… A 87 ans bientôt, elle est toujours à l’affut de découvertes culinaires ! Elle m’a avoué il y a deux jours qu’avec le confinement, elle buvait un petit whisky le soir en grignotant des friandises. Quelle nature, j’adore son côté dévoreur de vie ! Seule dans son appartement, elle trouve le temps long, même si elle n’est pas oubliée des uns et des autres qui passent lui porter ses courses.

Une pensée me traverse l’esprit : je n’ai pas imaginé de repas pour toi compte tenu de l’annulation de ta visite. Qu’est-ce que j’aurais finalement préparé ?

C’est sans doute à cause de cela que je finis par commander un poulet, une pintade et des fromages de chèvre à un petit producteur voisin, chez qui je me rendrai vendredi… L’idée de battre la campagne me réjouit déjà ! Sortie une demi-heure pour lire au soleil sur la place des Arcades, je profite du peu d’animation, deux ou trois voitures, des hommes et des femmes qui discutent le temps de se croiser, un semblant de vie.

Et finalement la journée s’étire, entre les photos reçues de Pêche et ses remarques sur les incohérences du gouvernement, le lien vers un générateur d’attestation de déplacement dérogatoire, les échanges avec La Réunion, le Québec, la Guyane, Guérande… Prêle me raconte qu’aujourd’hui, elle a décidé de voir le bon côté des choses. Je crois que nous passons tous par ces stades d’abattement puis de sursaut… Je photographie le couple de pigeons qui squatte le seuil de ma fenêtre depuis de longues minutes. Je renonce à fabriquer un masque pour S. puisqu’elle m’apprend qu’elle vient de s’en coudre un. Je n’ai pas le goût de manger un vrai repas, mon écran est devant moi, je cherche des images, des musiques, des chansons…

Et finalement, tu es là ! Je ferme les yeux, ta moto est noire et non plus jaune, tu me le dis. Nous imaginons ton arrivée, la joie de nous revoir, les embrassades et les câlins. Tant de présence à travers les ondes… on se demande si ç’aurait été aussi intense de près ! Des minutes entières à se dire, à rire, à se remémorer, à questionner le passé, pour s’emporter dans nos rêves. Le privilège d’une longue amitié. 😀

MS

Carnet des jours – Journal du confinement #19 & 20

Photo : Cathy Heendrickxen

Samedi 4 avril – Jour #19
Peu de choses… si ce n’est la confection d’un masque à partir d’un tuto trouvé ici et j’apprendrai le lendemain sur Inter (dimanche 5, aujourd’hui donc, puisque j’écris et publie en différé d’une journée, voire de deux jours le week-end) que les autorités s’interrogent sur la nécessité de rendre obligatoire le port du masque, même artisanal… Nous n’en sommes plus à une contradiction près, mais au moins, porter un masque est une question de civisme, ainsi que me le rappelle ma Julie qui en a fabriqué pour sa petite famille réunionnaise…
Peu de choses… et des images qui font du bien, comme celle-ci glanée sur le site de Philippe Castelneau, qui nous parle d’un monde non confiné… J’espère voir des champs avant la moisson…
Peu de choses… mais toujours les appels aux uns et aux autres, un skype avec une grande voyageuse revenue d’Antarctique début mars juste avant le confinement (voir ses superbes photos !), qui me raconte son émerveillement devant la nature vierge encore là-bas. Partie avec une équipe de scientifiques, biologistes, géologues, ornithologues, glaciologues, et tous les autres « …logues » concernés, elle découvre l’histoire de ces terres, comprend mieux l’impact du réchauffement climatique, admire des icebergs de 60 mètres de hauteur, s’émerveille de la présence de milliers de manchots, de quelques baleines. Ici pas un humain, pas un avion… « Un voyage qui te met face à toi-même… comme le chemin de St-Jacques-de-Compostelle… tu es dans une autre dimension… » Elle évoque le traité sur l’Antarctique et les craintes toutefois qui pèsent sur cette région avec sa fin prévue en 2048, relayées par la presse internationale, ce qui est d’ailleurs démenti par ce document signé par FRENOT Yves (2020), [directeur de Recherche au CNRS, ancien Directeur de l’Institut polaire français Paul-Emile Victor (IPEV) ] Le Traité sur l’Antarctique : une gouvernance unique au service de l’environnement et de la science, Encyclopédie de l’Environnement.
Peu de choses… si ce n’est le coup de fil salvateur de mon ami P., deux heures durant, pour se réconforter mutuellement en soirée, repenser à nos frasques, et s’assurer du même coup une nuit digne de ce nom.
Peu de choses… et cette chanson du jour que j’écoute en boucle ce soir pour les deux voix de Pierre Lapointe et Clara Luciani.

Photo : Cathy Heendrickxen

Dimanche 5 avril – Jour #20
Exercice de sophrologie au réveil, pour bien démarrer la journée.
Grand soleil mais je ne sortirai pas encore aujourd’hui, sauf les poubelles au coin de la rue… occasion de faire le tour du pâté de maisons, de croiser une maman et ses deux enfants, un homme, deux voitures… Les gens ici respectent les consignes de circonstance, c’est le moins que l’on puisse dire. Pas comme en Guyane d’où ma nièce m’envoie une photo de personnes faisant la queue pour obtenir fruits et légumes en oubliant la distance de sécurité… Ou ces informations entendues à la radio de circulation qui dans les villes serait identique à celle d’avant le confinement… mais il fait si beau, et la tentation est si grande ! Combien de temps saura-t-on garder des populations confinées, monsieur le Président ?
La belle image du platane en feuilles sur ma place me réjouit le foie, comme auraient dit les Egyptiens dans les temps anciens, ce sera le cœur pour moi en même temps que les yeux, et je ne sais pas pourquoi mais là… inspiration profonde.

Photo : Marlen Sauvage

Méditation partagée avec quelques-un.e.s, fille, petit-fils, sœur, amies… bercée par une musique intergalactique ! Si ça ne fait pas de bien à l’univers, ça ne lui fera pas de mal, me dis-je. Et d’ailleurs, cela me rappelle mon souhait de participer à des prières collectives, ainsi qu’il en est question dans le livre de Didier Van Cauwelaert, La bienveillance est une arme absolue, lu il y a quelques mois dans le cadre de la formation à l’accompagnement en soins palliatifs.
Une amie me raconte comment elle redécouvre des enregistrements de films qu’elle s’apprêtait à jeter, des montages sur Dvd et CD, qu’elle ouvre enfin et je comprends combien il y avait de l’enthousiasme et du talent là-dedans… P. me parle de ses guitares qu’il refait sonner puisqu’il en a le temps, C. évoque les carnets de voyage qu’elle aimerait écrire à rebours… Et oui, c’est le moment de ressortir vos écrits, vos chansons, vos guitares, vos photos, vos tissus et vos machines à coudre, vos pinceaux, vos carnets, que sais-je, et de plonger dans votre univers pour exprimer toute votre créativité. Je suis sûre que vous serez surpris.e.s. de vos (re)trouvailles. Je suis sûre que le confinement nous apprend cela aussi, à oser.
Sur ce, je vous souhaite de vivre joyeux encore en ce printemps confiné puisque… nous ne sommes pas sortis de l’auberge.

MS

Et pour se faire du bien encore, un poème de Sylvia Plath

Miroir
Je suis d’argent et exact. Je n’ai pas de préjugés.
Tout ce que je vois je l’avale immédiatement,
Tel quel, jamais voilé par l’amour ou l’aversion.
Je ne suis pas cruel, sincère seulement —
L’œil d’un petit dieu, à quatre coins.
Le plus souvent je médite sur le mur d’en face.
Il est rose, moucheté. Je l’ai regardé si longtemps
Qu’il semble faire partie de mon cœur. Mais il frémit.
Visages, obscurité nous séparent encore et encore.

Maintenant je suis un lac. Une femme se penche au-dessus de moi,
Sondant mon étendue pour y trouver ce qu’elle est vraiment.
Puis elle se tourne vers ces menteuses, les chandelles ou la lune.
Je vois son dos, et le réfléchis fidèlement.
Elle me récompense avec des larmes et une agitation de mains.
Je compte beaucoup pour elle. Elle va et vient.
Chaque matin c’est son visage qui remplace l’obscurité.
En moi elle a noyé une jeune fille, et en moi une vieille femme
Se jette sur elle jour après jour, comme un horrible poisson.

Traduction Valérie Rouzeau, dans Sylvia Plath, Œuvres, Quarto Gallimard, 2011



Carnet des jours – Journal du confinement #18

Photo : Marlen Sauvage

Pas de réflexion sur la situation, inutile. Il suffit de lire l’article de Mediapart, daté du 2 avril intitulé Masques : Les preuves d’un mensonge d’Etat pour que la colère (re)monte.
Pas de sortie aujourd’hui.
Des exercices de taïchi dans la matinée, en vidéo, pendant 40 minutes. Plus de jambes après.
Deux coups de fil d’une heure chacun. Ma fille à La Réunion me raconte que son petit garçon de 7 ans, en CE1, a deux heures et demie de cours par jour, selon l’évaluation de l’institutrice. Le plus petit, 5 ans bientôt, a lui aussi du travail (collages, dessins, calcul…), soit une heure environ chaque jour. Mais comme Julie ne peut pas les faire travailler en même temps, et que cela lui demande de l’énergie car les mômes ne sont pas forcément disposés à étudier, c’est plus qu’une matinée ou une après-midi à leur consacrer pour leurs devoirs. J’ai relayé sur Facebook le message d’une prof à propos de ces cours que le corps enseignant envoie pour « se donner bonne conscience » (en fin de ce billet). Et celui d’une autre maman dont la petite fille de 5 ans s’éclate avec une mallette de jeux éducatifs…

Je reçois ce poème d’Edmond Rostand, alors que je visionne aujourd’hui le film d’Alexis Michalik, Edmond. Pure coïncidence comme je les aime. C’est désuet et doux, réconfortant !

Le Souvenir Vague
Nous étions ce soir là sous un chêne superbe,
(Un chêne qui n’était peut-être qu’un tilleul)
Et j’avais pour me mettre à vos genoux dans l’herbe
Laissé mon rocking-chair se balancer tout seul.
Blonde comme on ne l’est que dans les magazines,
Vous imprimiez au vôtre un rythme de canot,
Un bouvreuil sifflotait dans les branches voisines
(Un bouvreuil qui n’était peut-être qu’un linot).
D’un orchestre lointain arrivait une andante
(Andante qui n’était peut-être qu’un flonflon)
Et le grand geste vert d’une branche pendante
Semblait dans l’air du soir jouer du violon.
Tout le ciel n’était qu’une large chamarre,
Et l’on voyait au loin dans l’or clair d’un étang
(D’un étang qui n’était peut-être qu’une mare)
Des reflets d’arbres bleus descendre en tremblotant.
Et tandis qu’un espoir ouvrait en moi des ailes
(Un espoir qui n’était peut-être qu’un désir),
Votre balancement m’éventait de dentelles
Que mes doigts au passage essayaient de saisir.
Sur le nombre de plis de vos volants de gaze,
Je faisais des calculs infinitésimaux,
Et languissants, distraits, nous échangions des phrases
(Des phrases qui n’étaient peut-être que des mots).
Votre chapeau de paille agitait sa guirlande
Et votre col, d’un point de Gênes merveilleux,
(De Gênes qui n’était peut-être que d’Irlande)
Se soulevait parfois jusqu’à voiler vos yeux.
Noir comme un gros pâté sur la marge d’un texte
Tomba sur votre robe un insecte, et la peur,
(une peur qui n’était peut-être qu’un prétexte)
Vous jeta contre moi. Cher insecte grimpeur !
Un frêle rameau sec levait sur le ciel pâle,
Ainsi que pour vous mettre en garde un doigt crochu;
Le soir vint. Vous croisiez sur votre gorge un châle,
(Un châle qui n’était peut-être qu’un fichu).
L’aube nous fit glisser aux pires confidences,
Et dans votre grand oeil plus tendre et plus hagard
J’apercevais une âme aux profondes nuances,
(Une âme qui n’était peut-être qu’un regard).
Edmond Rostand (1868-1915)

Pour rire un peu :
Un pingouin rend visite aux autres animaux dans un aquarium, à Chicago. (merci Runglaz !)

A lire :
Le journal de Londres, de Philippe Castelneau, sur son blog Rien que du bruit.

Pour jouer !
Le jeu du loup-garou, version numérique (je n’ai pas testé !)

École a la maison
MESSAGE D’UNE PROF 

« Je suis parent, je suis professeur dans une école.
mais je dis STOP 
C’est quoi cet acharnement des écoles sur les enfants ???
Quel est l’objectif ?
Les écœurer ? 
C’est réussi 
Leur mettre la pression dans une période déjà stressante ? 
Bravo encore !
Les occuper ? 
Il y a d’autres façons de le faire. 
Profitons de cette période pour les ouvrir sur d’autres choses, développer d’autres compétences, apprendre autrement et d’autres savoirs…
Nous sommes en train de balancer des exercices à n’en plus finir pour se donner bonne conscience !
C’est indigeste pour les élèves, pour les parents qui même s’ils sont demandeurs pour le moment vont vite comprendre leur douleur, pour les profs qui ne sont pas habitués à ces méthodes et ont souvent eux aussi des enfants à la maison !
Je vois défiler des exercices et des sites à n’en plus finir 
Si au collège et lycée cela peut se comprendre (et encore) au primaire c’est contre productif !!!
Avant tout les élèves ne sont pas autonomes, ils ont besoin de leurs parents qui ne peuvent pas s’improviser professeurs sur souvent plusieurs niveaux (on le répète suffisamment en temps normal) et sont pour la plupart en télé travail ( perso je vois moins mon mari que d’habitude) et n’ont donc pas le temps de les aider.
Ensuite tout le monde n’est pas équipé pour s’adapter à cette continuité pédagogique !
Combien d’ordinateurs et d’imprimantes faut-il pour 4 enfants ???
Combien de pièces faut-il pour que chacun suive sa visio ?
Chacun a besoin de s’isoler, de calme, de pouvoir entendre, d’utiliser l’ordinateur ou l’iPad, d’être aidé … c’est du grand n’importe quoi !
Au risque de choquer certains je ne pense pas qu’il soit dramatique de lever un peu le pied, leur vie ne sera pas fichue !!!
Gardons le contact, rassurons les, proposons d’autres choses 
De plus je ne conçois pas l’enseignement avec un enchaînement d’exercices et du bachotage. 
Les élèves ne vont rien construire ni retenir, c’est absurde !!
Une séance d’apprentissages se fait grâce aux échanges avec les élèves, aux interactions, l’époque du frontal est révolue.
Or c’est compliqué d’y parvenir en cette situation sanitaire.
Donc balancer une leçon toute faite suivie d’exercices d’application puis de réinvestissement je suis contre !
Faire avec les moyens du bord ne veut pas dire faire n’importe quoi !
Je ne suis pas convaincue d’avoir des idées incroyables mais je suis convaincue que je ne rentrerai pas dans ce système.
Faisons grandir nos élèves, ne les étouffons pas. »

MS