L’apostat

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Les pierres, ici, sont parfois objets de contemplation, presque supports d’exercice spirituel. Je ne les regarde ni dans leurs dimensions ni dans leurs qualités. Je ne m’attache qu’à leur apparence, qui est d’elles à peu près tout ce que je sais et tout ce que j’en perçois. Comme les anciens Chinois, je suis porté à considérer chaque pierre comme un monde. (…)

Je pars de l’objet. J’y porte une attention soutenue, quasi lassante. Je ne prétends pas que je m’y abîme. Au moment où j’exige de moi un surcroît d’exactitude, une approche plus précise, je déteste encore plus les métaphores où je suis contraint, les glissements qui me sollicitent à forcer l’image et, partant, à la faire basculer dans l’insignifiance, comme papier-monnaie sans couverture. (…)

L’étendue soudain cesse d’être, comme l’enseigne la philosophie, le contraire incompatible de la pensée, l’autre mode de l’existence. Elle en devient le milieu naturel. Il me semble alors que l’esprit ne peut guère s’essayer qu’à une heureuse et correcte classification, c’est-à-dire à une distribution des choses et des principes dans une rose des vents idéale. Je ne tiens plus la géométrie ou le retors système des nombres comme une construction de l’esprit, ni comme le reflet de l’intelligence enfin intelligible à elle-même. C’est la pensée qui à l’inverse m’apparaît comme la douteuse et confuse approximation de l’ordre sous-jacent, que tantôt elle prolonge, téméraire, presque égarée et qu’il lui arrive aussi de chercher à rejoindre. Si loin qu’elle se hasarde, elle devine ou recompose l’ordre démantelé ou devenu illisible. Elle s’y reconnaît. Elle l’identifie d’instinct, chaque fois qu’elle réussit à s’extraire des ténèbres de la physiologie, du détour nécessaire et coûteux à quoi elle est obligée pour accéder à la conscience. Sitôt dégagée de la fermentation, elle est aspirée et restituée à la grammaire, aux rigueurs de l’espace inaltérable, qui demeurent les siennes, pures et, au sens propre, sublimes : au-delà du seuil interdit aux êtres partiels et transitoires.

Il ne s’agit pas ici d’une préférence pour l’étendue aux dépens de la pensée mais plutôt d’une connivence entre elles, qui serait constante et fondamentale. Qui dit espace, lequel est souvent vacuité, ne dit pas nécessairement matière, mais il écarte encore plus l’idée d’un principe exclusivement spirituel qui par définition s’y opposerait. Lors d’une de mes premières méditations sur les pierres, pour définir les états particuliers où m’entraînait un examen prolongé, j’ai hasardé le terme de « mystique », le détournant de sa signification religieuse et lui donnant pour support la matière elle-même. J’ai conscience du paradoxe : je sais que les mystiques ont le sentiment de lutter pour échapper à la matière elle-même, encore qu’ils y retombent aussitôt après chaque extase, et ceux qui tiennent la matière pour l’unique et ultime réalité s’indignent communément au seul mot de mystique. Je persiste cependant, poussé par l’expérience, à défendre la possibilité d’une mystique sans théologie ni église ni divinité : pure action plus éperdue que philosophique, pour employer un terme que mes contemporains m’ont appris à haïr. L’âme s’y éprouve mieux introduite dans la totalité à laquelle elle appartient et elle en retire un bonheur fugitif, mais puissant, une sorte d’ébriété mentale.

(…)

Les pierres furent pour moi le point de départ de ces randonnées immobiles par nature et quasi initiatiques. Les corolles, les coraux, les frondaisons, les ailes – chaque ossature, architecture ou nervure – auraient pu aussi bien, si le hasard l’avait voulu, me communiquer ou plutôt réveiller en moi l’enseignement qu’une millénaire et mystérieuse sédimentation y a déposé. Certes, ils ne procurent pas le message fondamental, mais des allégories accidentelles, interchangeables fragmentaires.

La pierre, située dans l’univers aux antipodes de l’homme, parle peut-être le langage le plus persuasif. Elle, qui dure plus que tout vivant, mais sans le savoir, rappelle que la pérennité est à ce prix. Qui connaît ajoute à soi-même et qui ajoute à soi, fût-ce la conscience, fût-ce la mémoire, meurt, s’use ou se transforme. Les formes et les dessins des pierres offrent un prétexte à la dérive de mon esprit autant qu’une énigme à sa réflexion. M’attardant à les regarder, il m’arrive également d’être distrait, détendu, flottant. Je navigue à l’estime ou à la corne de brume en ces eaux du songe. Si je pensais que l’illumination fût autre chose qu’un éblouissement, je dirai extatiques ces états opposés, proches parents les uns de l’hypnose, les autres du vagabondage, où se pressent des conjectures tour à tour strictes et sauvages, comme une foison d’herbes folles, ortie et ivraie, envahit dans une promiscuité abominable des plants d’agronomes, de généticiens.

Je ne prends pas les images qui m’assaillent dans leur signification littérale. Elles m’apportent un lexique de figures comme les pierres m’apportèrent la pente d’une rêverie. Je ne suis pas dupe des dimensions que je feins parfois de consentir à des cailloux qui tiennent dans la main et dont je parle comme s’il s’agissait de montagnes, de forteresses, de palais. Je leur attribue mes angoisses, mes hésitations, mes carrefours. Mais ces projections, je n’oublie pas qu’elles sont mirages. Je ne les suscite que faute d’avoir atteint le degré d’abstraction ou d’indifférence nécessaire pour m’en passer. Pourtant, je me surprends, pour une fois, à douter des vertus de la rigueur autant que de celles de l’errance. Je souhaite me couper le moins possible du plus ancien réel, du plus ancien ordre du réel, celui qui préside aux angles et aux faces des cristaux et qui est ordre spontanément issu du chaos. Je voudrais plutôt en réinventer la vieille austérité et m’y appareiller davantage, au moment où je le prends pour la durable substance d’un fragile discours.

Il est infiniment plus malaisé et plus rare de découvrir, de calculer un alphabet que de composer ou de laisser de soi jaillir un cri, un aveu, une brève splendeur, je veux dire : un poème. J’ai cherché je cherche dans le monde, qui est limité pour un dieu, mais inépuisable pour un mortel, l’élémentaire, le chiffre, plus précisément l’alphabet. C’est démarche vaine. Trop fortuné encore si, au cours d’une quête qui toujours l’a refusé, il m’arrivait de buter contre le poème.

L’apostat, Prologue à Pierres réfléchies, Roger Caillois.

Photo : Marlen Sauvage

 

Comment se souvenir ?

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« J’aurai passé ma vie à m’interroger sur la fonction du souvenir, qui n’est pas le contraire de l’oubli, plutôt son envers. On ne se souvient pas, on réécrit la mémoire comme on réécrit l’Histoire. Comment se souvenir de la soif ? »

Chris Marker
(Cité dans un article des Inrocks intitulé Chris Marker : Sans soleil, du 15/10/1997)

Photo : Marlen Sauvage

Deutéronome

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« Si tu entres dans le vignoble de ton prochain, tu pourras jusqu’à satiété en manger le raisin, mais n’en rempliras pas ta hotte. Si tu entres dans le champ de blé de ton prochain, il te sera permis d’en cueillir des épis avec la main, mas tu n’y porteras pas ta faucille. »

« Qu’il s’agisse de l’un de tes frères ou d’un étranger résidant dans ton pays, dans tes murs, n’exploite pas le salarié humble et pauvre. Chaque jour, avant que le soleil ne se couche sur cette dette, remets-lui son salaire, car il est pauvre et attend cette somme avec impatience. »

« Si tu oublies une gerbe lorsque tu moissonnes ton champ, ne reviens pas la prendre : elle profitera à l’étranger, l’orphelin et la veuve, afin que Yhwh ton Dieu te bénisse dans tout ce que tu entreprends. De même, après avoir gaulé ton olivier, ne reviens pas ramasser derrière toi : ce sera pour l’étranger, l’orphelin et la veuve. De même encore, vendanges faites, ne reviens plus y grappiller : ce sera pour l’étranger, l’orphelin et la veuve. »

« Dans ta sacoche, tu n’auras pas poids et poids, l’un grand et l’autre petit. Que ne se trouvent pas non plus sous ton toit mesure et mesure,  grande l’une et petite l’autre. »

La Bible (© 2001, Bayard)
Dt 23,25 – 23,26/Dt 24,14 – 24,15/Dt 24,19 – 24,21/Dt 25,13 – 25,14
Traduction de Jean-Luc Benoziglio – Léo Laberge

Photos : Marlen Sauvage

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Cette bible dort sur mes étagères depuis qu’elle m’a été offerte. Parfois ouverte pour peu de temps, jamais lue intégralement. De cette version littéraire de la bible, dont la traduction de chaque livre a été confiée à un exégète et à un écrivain, j’extrais ce qui me paraît le plus positif. Je le fais dans l’ordre établi des « livres » qui est celui de ma lecture. Ce choix très subjectif est contestable bien sûr, car j’ai décidé d’occulter le plus violent de ce « texte sacré » (tout au moins dans ce qui constitue l’Ancien Testament, ici appelé « Alliance »).

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Un poème de Ida Jaroschek

 

 

« Les crues ont rapporté ton nom

quelque chose a bougé la nuit
provoqué dans le corps des effondrements

Je suis ce paysage saturé d’eau
et de gris

partie nue dans un visage
depuis si longtemps

La peur est grande

Ton nom déjà est un séisme »

Ida Jaroschek, Survivance de la neige, 2013, Editions Encre et Lumière

 

 

L’hirondelle rouge, J.-M. Maulpoix

 

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« J’éprouve une espèce de honte à m’asseoir dans le train de banlieue un écouteur sur les oreilles. C’est comme déserter mes semblables, leur signifier mon indifférence… Mais en ce moment, j’ai besoin de musique. Mozart ou Schubert surtout. Pour que les larmes coulent autrement. Dans l’oreille plutôt que dans l’œil.
Ne pouvant plus rien entendre aux affaires humaines, je me souviens du monde dans la musique, là où ne vont plus les mots. Là où continue de prendre sa source le poème.

(…)

C’est à peu près comme si les freins de ton vélo avaient lâché au sommet de la côte. Irrésistiblement, tu prends de la vitesse. Le temps qui file à toute allure te blanchit les temples. Tu ne roules plus, tu glisses. Ta vie est de neige, de sable et d’eau courante.
L’inconnu est de plus en plus proche. Il ne se déguise plus en terres lointaines, en azurs, en chimères. Assis là, sur la chaise, il t’attend devant la porte.
Que lui dire ? La misère n’est précise qu’en sa phrase démunie. La machine du cœur continue son travail. Au-dehors, la campagne dort. Là-bas, la pluie est silencieuse. Il n’est de chant possible qu’un bâillon sur la bouche.
Tu attends, toi aussi, derrière la porte, l’oreille déjà collée contre le bois. Tu as pris rendez-vous. Ton tour viendra bientôt. Tu ne guériras pas de cet abîme.

(…)

Je vous le demande : lorsqu’elle s’est échappée du corps, où l’âme est-elle allée se loger ? Dans quel trou de souris ? Dans l’armoire, dans le piano, sous le tapis ? A quatre pattes, je la cherche, comme une bête qui croirait encore à sa proie. Et je renifle jusque dans ma bouche, ce souffle dont je ne sais plus s’il est de vie ou de vent. »

Jean-Michel Maulpoix, L’hirondelle rouge, Mercure de France, 2017

Le camp des autres

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« Dans chaque tableau il y a le nom commun de la plante, son nom latin, l’organe auquel il correspond et les applications possibles. Suivant la partie que tu utiliseras les effets seront différents, racine, sommités fleuries, graines, feuilles, écorces. Entrent ensuite en ligne de compte, le mode de conservation, la quantité et l’association, avec d’autres. Je peux t’apprendre à les reconnaître mais tu dois pouvoir t’en remettre aux livres. Aucun herboriste ne peut travailler sérieusement sans livre. La lanterne posée sur la table forme un halo tremblant qui s’effile et se tresse au fouet des flammes du feu. Le temps passe à peine, sur la pointe des pieds, dans la cabane orange comme un cœur d’abricot. La nuit donne un nouvel écho aux chants de la forêt. Les brames et les hululements prennent la matière que l’obscurité vole au jour, ils deviennent épais, solides, pointus. Les menaces changent de géographie. Les diurnes se tassent dans l’espoir de garder un peu de leur chaleur pendant que tout un nouveau monde se réveille pour faire grouiller la nuit. Ça attaque par en dessous. Ça grignote. Ça bondit et accule. Ça surgit. Le soir, Gaspard traverse un nouveau pays au grappin de sa bougie. Il tente d’escalader les lettres et les signes. Suit d’un doigt hésitant des arabesques noires qui soudain prennent vie en dévoilant un sens. Ça l’ennuie et le fatigue. Il ne pense pas parvenir de l’autre côté mais il pressent le pouvoir que ce savoir suppose, il devine également la dimension sacrée qu’il revêt pour Jean-le-blanc alors il s’accroche. C’est pas plus dur que de curer le sol d’une écurie. Parfois lui prend l’envie de planter son poinçon et d’éventrer les livres. Tout est laborieux ici, mais tout semble tenir, droit et costaud, alors il persiste. Mais tout de même, pour une plante, une lettre, un mot, le temps que cela prend, la lutte contre soi que cela représente, de se confectionner quelque chose à savoir. »

Thomas Vinau, Le camp des autres, @ Alma éditeur, Paris 2017.

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Un poème de Ida Jaroschek

« Au soulèvement des collines le soir
devant l’édifice des ombres

j’essaie de te rejoindre
lignes de fuite partage des eaux trajectoires

Précédant ces alignements bleus
cet arbre au loin
il y a ton regard

ton œil
dérouté vers des charrois d’obscur

ton œil parti sinuer dans la nuit
habiter le noir

tandis que je reste là
immobile
apprivoisant des peuplades de nuages »

Texte : Ida Jaroschek, Survivance de la neige, éditions Encre et Lumière, 2013
Photo : Marlen Sauvage

Deutéronome

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« Contrairement, en effet, à l’Egypte d’où vous êtes sortis, le pays là-bas vers lequel tu te diriges pour l’occuper n’est pas semblable à un jardin potager qu’après l’avoir ensemencé l’on irriguerait par de l’eau s’écoulant dans des canaux ouverts d’un coup de talon : cette terre où vous allez passer pour vous en emparer est plutôt un pays de collines et de vallées qu’abreuvent les pluies du ciel. D’un bout à l’autre de l’année, le regard de Yhwh ton Dieu veille sur cette terre que Yhwh scrute. Si vous écoutez attentivement les commandements que je vous énonce en ce jour : aimer Yhwh votre Dieu et le servir de tout votre cœur et de toute votre âme, alors, au printemps comme à l’automne, je donnerai à vos terres la pluie en temps propice et tu pourras ainsi engranger ton blé, ton vin et ton huile. Je donnerai l’herbe des champs pour ton bétail, et toi tu mangeras à satiété. Prenez bien garde à ce que votre cœur ne soit pas séduit et à ne pas vous égarer en servant des dieux étrangers et en vous aplatissant devant eux. Car la colère de Yhwh, alors, s’échaufferait contre vous. Il retiendrait les cieux : sans pluie désormais, la terre deviendrait improductive et vous disparaîtriez vite de ce bon pays que Yhwh vous donne. »

La Bible (© 2001, Bayard)
Dt 11,10 – 11,18
Traduction de Jean-Luc Benoziglio – Léo Laberge

Photos : Alain Andrieux (Jordanie, 1994. Tirage papier numérisé) – Marlen Sauvage

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Cette bible dort sur mes étagères depuis qu’elle m’a été offerte. Parfois ouverte pour peu de temps, jamais lue intégralement. De cette version littéraire de la bible, dont la traduction de chaque livre a été confiée à un exégète et à un écrivain, j’extrais ce qui me « parle » le plus. Je le fais dans l’ordre établi des « livres » qui est celui de ma lecture. Ce choix très subjectif est contestable bien sûr, car j’ai décidé d’occulter le plus violent de ce « texte sacré » (tout au moins dans ce qui constitue l’Ancien Testament, ici appelé « Alliance »).

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Nombres

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Viennent les filles de Tselofehad
fils d’Héfer fils de Galaad fils de Makir fils de Manassé fils de Joseph des clans de Manassé
Mahla Noa Hogla Milka et Tirtsa sont leurs noms
Elles sont devant Moïse et Eléazar le prêtre. Elles sont devant les chefs et la communauté à l’entrée de la tente du rendez-vous
Elles disent
Notre père est mort dans le désert. Mais il ne faisait pas partie de la bande des conspirateurs contre Yhwh la bande de Qorah. Notre père est mort à cause de ses péchés et il n’avait pas de fils. Pourquoi retrancher le nom de notre père de son clan parce qu’il n’a pas de fils ? Donne-nous une propriété comme aux frères de notre père. Moïse porte l’affaire devant Yhwh
Yhwh parle à Moïse
Les filles de Tselofehad parlent vrai
Donne-leur un héritage comme aux frères de leur père
donne-leur la part de leur père
Dis aux Israélites
Si un homme meurt
s’il n’a pas de fils
sa fille hérite
s’il n’a pas de fille
ses frères
s’il n’a pas de frère
les frères de son père
si son père était sans frère
la chair la plus proche de lui hérite dans le clan
pour possession
prescription légale
ordonnée à Moïse
par Yhwh

La Bible (© 2001, Bayard)
Nb 27,1 – 27,11
Traduction de Marie Borel, Jacques Roubaud, Jean L’Hour

Photos : Alain Andrieux (Jordanie, 1994. Tirage papier numérisé) – Marlen Sauvage

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Cette bible dort sur mes étagères depuis qu’elle m’a été offerte. Parfois ouverte pour peu de temps, jamais lue intégralement. De cette version littéraire de la bible, dont la traduction de chaque livre a été confiée à un exégète et à un écrivain, j’extrais ce qui me « parle » le plus. Je le fais dans l’ordre établi des « livres » qui est celui de ma lecture. Ce choix très subjectif est contestable bien sûr, car j’ai décidé d’occulter le plus violent de ce « texte sacré » (tout au moins dans ce qui constitue l’Ancien Testament, ici appelé « Alliance »).

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Lévitique

 

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Ne volez pas
ne mentez pas
ne vous trompez pas les uns les autres
Ne jurez pas un faux serment sur mon nom
ce serait profaner mon nom de Dieu
Je suis Yhwh
N’exploite pas ton prochain
ne le spolie pas
ne garde pas la paie de l’ouvrier une seule nuit
Ne maudis pas le sourd
n’entrave pas la marche de l’aveugle
crains ton Dieu
Je suis Yhwh
Si tu juges ne sois pas injuste
ne favorise pas les moins que rien
ne te courbe pas devant les grands
juge les tiens avec justice
Ne répands pas de calomnies contre les tiens
ne risque pas le sang d’un proche par ton témoignage
Je suis Yhwh
Ne trahis pas ton frère délibérément
avec ton compatriote ne te soucie que du droit
ne te mets pas en faute envers lui
Renonce à la vengeance
sois sans rancune envers les fils de ton peuple
aime ton proche comme toi-même
Je suis Yhwh

La Bible (© 2001, Bayard)
Lv 19,11 – 19,18
Traduction de Marie Borel, Jacques Roubaud, Jean L’Hour

Photos : Alain Andrieux (Jordanie, 1994. Tirage papier numérisé) – Marlen Sauvage

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Cette bible dort sur mes étagères depuis qu’elle m’a été offerte. Parfois ouverte pour peu de temps, jamais lue intégralement. De cette version littéraire de la bible, dont la traduction de chaque livre a été confiée à un exégète et à un écrivain, j’extrais ce qui me « parle » le plus. Je le fais dans l’ordre établi des « livres » qui est celui de ma lecture. Ce choix très subjectif est contestable bien sûr, car j’ai décidé d’occulter le plus violent de ce « texte sacré » (tout au moins dans ce qui constitue l’Ancien Testament, ici appelé « Alliance »).

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