Ce qui n’a pas changé…

« Une folie est une maison de plaisance, extravagance d’architecte, outrance princière. Son allure légère, délicate, le libertinage des lumières à travers les innombrables fenêtres annoncent le règne bourgeois de la maison secondaire Elle imite les villas du Palladio, c’est du Vitruve pour entrepreneur, de l’Alberti de petit-maitre. Mais parmi toutes les folies que l’on bâtit en France dans la Bourgogne et le Bordelais, près de Montpellier, en bord de Loire, pavillons délirants, jardins coquets, avec leurs îles de magnolias et leurs cavernes de mousse, où des nuées d’ombrelles se dispersent dans les allées, ce fut la folie Titon qui, aux dernières heures de l’Ancien Régime, fit vraiment parler d’elle. Sa gloires est d’avoir vu décoller une montgolfière avec dans sa nacelle deux hommes, pour la première fois de l’histoire du monde. Le papier qui enveloppait le ballon venait de la manufacture Réveillon, installée à la folie Titon, au bourg Saint-Antoine, à Paris. Sa seconde gloire fut sa dernière. Le 23 avril 1789, Jean-Baptiste Réveillon, propriétaire de la manufacture royale de papiers peints, s’adresse à l’assemblée électorale de son district, et réclame une baisse des salaires. Il emploie plus de trois cents personnes dans sa fabrique, rue de Montreuil. Dans un moment de décontraction et de franc-parler stupéfiant, il affirme que les ouvriers peuvent bien vivre avec quinze sols par jour au lieu de vingt, que certains ont déjà La montre dans le gousset et seront bientôt plus riches que lui. Réveillon est le roi du papier peint, il en exporte dans le monde entier, mais la concurrence est vive ; il voudrait que sa main-d’œuvre lui coûte moins cher. »

Eric Vuillard, 14 juillet, récit, Actes Sud, 2016.

 

Pensée archipélique

« Quand j’ai lu les livres d’Antonio Tabucchi, j’ai été égoïstement content de vérifier un concept que j’ai élaboré depuis pas mal de temps. Je pense que la littérature aujourd’hui commence à abandonner la pensée continentale qui est belle, systématique, peut-être parfois pesante et qui produit des chefs-d’œuvre. La pensée archipélique, de son côté, me paraît mieux adaptée à la diversité, à l’ambiguïté, aux dangers, à l’imprévisible… à toutes les stridences de notre monde. J’ai découvert dans la littérature de Tabucchi ce côté archipélique : une pensée plus aiguë, plus prompte, et surtout moins mortelle que les énormes systèmes de la pensée continentale. Dans ses livres, les éléments d’imprévu, de non définitif d’une pensée alerte et en éveil ne le font pas renoncer aux grandes interrogations que les systèmes de la pensée occidentale se sont posé : le devenir, la mort. Il conçoit le monde comme une rencontre d’étincelles et non pas comme un choc de masses. »

Edouard Glissant, in Ecritures croisées, Parcours raisonné dans les littératures du monde.
Textes réunis par Annie Terrier, Guy Astic et Liliane Dutrait. ©Rouge profond, 2011.

Mer au matin

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« Que je m’arrête ici !… Et qu’à mon tour je contemple un peu la nature… Belles couleurs bleues de la mer matinale et du ciel sans nuages… Sables jaunes…Tout cela, éclairé avec grandeur et magnificence… Oui, m’arrêter ici, et me figurer que je vois ce paysage (à la vérité, je l’ai aperçu en arrivant, et l’espace d’une seconde), et non pas seulement mes illusions, mes souvenirs, mes voluptueux fantasmes… »

Constantin Cavafy, Poèmes, Gallimard
Photo : Marlen Sauvage

Le mur de Vermeer, Abbas Beydoun

« Les fissures qu’on voit dans le mur de Vermeer pourraient être ma douleur de maintenant. On s’abandonne volontiers à ses fissures. Je dis que cela vient d’une frivolité. Tu fréquentes une obsession et tu ne lui coupes pas les ongles.Tu vois une virgule et tu te dis : aucune chance qu’elle ne se transforme en esperluette douloureuse ! Tu crois que la précaution ne fonde pas les murs et, à force de parler longuement aux passants, tu ne croiseras jamais ta vie dans les escaliers.
Il se peut que la fissure disparue du mur de Vermeer ait été une illusion : la douleur est une simple signature dont nous parlons une fois qu’elle est périmée. »

Abbas Beydoun, Le mur de Vermeer. Traduit par l’auteur et Bernard Noël
in Le Spleen du désert, Petite anthologie de poèmes arabes en prose, Abdul Kader El Janabi
©Editions Paris Méditerranée, 2001.

Ithaque

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Merci à toi, Pierre Sève
Quand tu partiras pour Ithaque, souhaite que le chemin soit long, riche en péripéties et en expériences. Ne crains ni les Lestrygons, ni les Cyclopes, ni la colère de Neptune. Tu ne verras rien de pareil sur ta route si tes pensées restent hautes, si ton corps et ton âme ne se laissent effleurer que par des émotions sans bassesse. Tu ne rencontreras ni les Lestrygons, ni les Cyclopes, ni le farouche Neptune, si tu ne les portes pas en toi-même, si ton cœur ne les dresse pas devant toi.
Souhaite que le chemin soit long, que nombreux soient les matins d’été, où (avec quelles délices !) tu pénètreras dans des ports vus pour la première fois. Fais escale à des comptoirs phéniciens, et acquiers de belles marchandises : nacre et corail, ambre et ébène, et mille sortes d’entêtants parfums. Acquiers le plus possible de ces entêtants parfums. Visite de nombreuses cités égyptiennes, et instruis-toi avidement auprès de leurs sages.
Garde sans cesse Ithaque présente à ton esprit. Ton but final est d’y parvenir, mais n’écourte pas ton voyage : mieux vaut qu’il dure de longues années, et que tu abordes enfin dans ton île aux jours de ta vieillesse, riche de tout ce que tu as gagné en chemin, sans attendre qu’Ithaque t’enrichisse.
Ithaque t’a donné le beau voyage : sans elle, tu ne te serais pas mis en route. Elle n’a plus rien d’autre à te donner.
Même si tu la trouves pauvre, Ithaque ne t’a pas trompé. Sage comme tu l’es devenu à la suite de tant d’expériences, tu as enfin compris ce que signifient les Ithaques.
Constantin Cavafy, Poèmes, Gallimard

(avec une Présentation critique de C. Cavafy par Marguerite Yourcenar, qui ne peut que donner envie de découvrir cet auteur, mort en 1933…)

Photo : Marlen Sauvage

Josué

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Josué, rassemblant à Sichem toutes les tribus d’Israël, convoque les anciens d’Israël, chefs, juges et organisateurs, qu’il fait se tenir debout devant Dieu.

– Ainsi parle Yhwh, Dieu d’Israël, dit Josué à tout le peuple :

« Depuis toujours, c’est au-delà du fleuve qu’ont vécu vos pères, Térah, père d’Abraham et de Nahor. Ils servaient d’autres dieux. J’ai pris votre père Abraham au-delà du fleuve, je l’ai mené par toute la terre de Canaan, j’ai multiplié sa descendance et je lui ai donné Isaac. A Isaac, j’ai donné Jacob et Esaü. A Esaü, j’ai donné la possession de la montagne de Séïr. Jacob et ses fils sont descendus en Egypte. J’ai ensuite envoyé Moïse et Aaron et j’ai durement frappé l’Egypte par mes actions au milieu d’elle. Puis je vous ai fait sortir. J’ai fait sortir vos pères d’Egypte, vous êtes arrivés à la mer mais l’Egypte, ses chars et ses cavaliers ont poursuivi vos pères vers la mer des Roseaux.

Ils ont crié vers Yhwh qui a disposé l’obscurité entre vous et l’Egypte, faisant venir sur elle la mer qui l’a recouverte – vos yeux ont vu ce que j’ai fait contre l’Egypte. Puis vous avez vécu de longs jours dans le désert. (…)

Je vous ai donné une terre qui ne vous a pas demandé de fatigue, des villes où vous vivez sans les avoir construites, des vignes et des oliveraies dont vous vous nourrissez sans les avoir plantées. »

La Bible (© 2001, Bayard)
Jos 24,1-24,13
Traduction de Jean Echenoz et Robert David

Photos : Marlen Sauvage

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Cette bible dort sur mes étagères depuis qu’elle m’a été offerte. Parfois ouverte pour peu de temps, jamais lue intégralement. De cette version littéraire de la bible, dont la traduction de chaque livre a été confiée à un exégète et à un écrivain, j’extrais ce qui me paraît le plus positif. Je le fais dans l’ordre établi des « livres » qui est celui de ma lecture. Ce choix très subjectif est contestable bien sûr, car j’ai décidé d’occulter le plus violent de ce « texte sacré » (tout au moins dans ce qui constitue l’Ancien Testament, ici appelé « Alliance »).

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L’apostat

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Les pierres, ici, sont parfois objets de contemplation, presque supports d’exercice spirituel. Je ne les regarde ni dans leurs dimensions ni dans leurs qualités. Je ne m’attache qu’à leur apparence, qui est d’elles à peu près tout ce que je sais et tout ce que j’en perçois. Comme les anciens Chinois, je suis porté à considérer chaque pierre comme un monde. (…)

Je pars de l’objet. J’y porte une attention soutenue, quasi lassante. Je ne prétends pas que je m’y abîme. Au moment où j’exige de moi un surcroît d’exactitude, une approche plus précise, je déteste encore plus les métaphores où je suis contraint, les glissements qui me sollicitent à forcer l’image et, partant, à la faire basculer dans l’insignifiance, comme papier-monnaie sans couverture. (…)

L’étendue soudain cesse d’être, comme l’enseigne la philosophie, le contraire incompatible de la pensée, l’autre mode de l’existence. Elle en devient le milieu naturel. Il me semble alors que l’esprit ne peut guère s’essayer qu’à une heureuse et correcte classification, c’est-à-dire à une distribution des choses et des principes dans une rose des vents idéale. Je ne tiens plus la géométrie ou le retors système des nombres comme une construction de l’esprit, ni comme le reflet de l’intelligence enfin intelligible à elle-même. C’est la pensée qui à l’inverse m’apparaît comme la douteuse et confuse approximation de l’ordre sous-jacent, que tantôt elle prolonge, téméraire, presque égarée et qu’il lui arrive aussi de chercher à rejoindre. Si loin qu’elle se hasarde, elle devine ou recompose l’ordre démantelé ou devenu illisible. Elle s’y reconnaît. Elle l’identifie d’instinct, chaque fois qu’elle réussit à s’extraire des ténèbres de la physiologie, du détour nécessaire et coûteux à quoi elle est obligée pour accéder à la conscience. Sitôt dégagée de la fermentation, elle est aspirée et restituée à la grammaire, aux rigueurs de l’espace inaltérable, qui demeurent les siennes, pures et, au sens propre, sublimes : au-delà du seuil interdit aux êtres partiels et transitoires.

Il ne s’agit pas ici d’une préférence pour l’étendue aux dépens de la pensée mais plutôt d’une connivence entre elles, qui serait constante et fondamentale. Qui dit espace, lequel est souvent vacuité, ne dit pas nécessairement matière, mais il écarte encore plus l’idée d’un principe exclusivement spirituel qui par définition s’y opposerait. Lors d’une de mes premières méditations sur les pierres, pour définir les états particuliers où m’entraînait un examen prolongé, j’ai hasardé le terme de « mystique », le détournant de sa signification religieuse et lui donnant pour support la matière elle-même. J’ai conscience du paradoxe : je sais que les mystiques ont le sentiment de lutter pour échapper à la matière elle-même, encore qu’ils y retombent aussitôt après chaque extase, et ceux qui tiennent la matière pour l’unique et ultime réalité s’indignent communément au seul mot de mystique. Je persiste cependant, poussé par l’expérience, à défendre la possibilité d’une mystique sans théologie ni église ni divinité : pure action plus éperdue que philosophique, pour employer un terme que mes contemporains m’ont appris à haïr. L’âme s’y éprouve mieux introduite dans la totalité à laquelle elle appartient et elle en retire un bonheur fugitif, mais puissant, une sorte d’ébriété mentale.

(…)

Les pierres furent pour moi le point de départ de ces randonnées immobiles par nature et quasi initiatiques. Les corolles, les coraux, les frondaisons, les ailes – chaque ossature, architecture ou nervure – auraient pu aussi bien, si le hasard l’avait voulu, me communiquer ou plutôt réveiller en moi l’enseignement qu’une millénaire et mystérieuse sédimentation y a déposé. Certes, ils ne procurent pas le message fondamental, mais des allégories accidentelles, interchangeables fragmentaires.

La pierre, située dans l’univers aux antipodes de l’homme, parle peut-être le langage le plus persuasif. Elle, qui dure plus que tout vivant, mais sans le savoir, rappelle que la pérennité est à ce prix. Qui connaît ajoute à soi-même et qui ajoute à soi, fût-ce la conscience, fût-ce la mémoire, meurt, s’use ou se transforme. Les formes et les dessins des pierres offrent un prétexte à la dérive de mon esprit autant qu’une énigme à sa réflexion. M’attardant à les regarder, il m’arrive également d’être distrait, détendu, flottant. Je navigue à l’estime ou à la corne de brume en ces eaux du songe. Si je pensais que l’illumination fût autre chose qu’un éblouissement, je dirai extatiques ces états opposés, proches parents les uns de l’hypnose, les autres du vagabondage, où se pressent des conjectures tour à tour strictes et sauvages, comme une foison d’herbes folles, ortie et ivraie, envahit dans une promiscuité abominable des plants d’agronomes, de généticiens.

Je ne prends pas les images qui m’assaillent dans leur signification littérale. Elles m’apportent un lexique de figures comme les pierres m’apportèrent la pente d’une rêverie. Je ne suis pas dupe des dimensions que je feins parfois de consentir à des cailloux qui tiennent dans la main et dont je parle comme s’il s’agissait de montagnes, de forteresses, de palais. Je leur attribue mes angoisses, mes hésitations, mes carrefours. Mais ces projections, je n’oublie pas qu’elles sont mirages. Je ne les suscite que faute d’avoir atteint le degré d’abstraction ou d’indifférence nécessaire pour m’en passer. Pourtant, je me surprends, pour une fois, à douter des vertus de la rigueur autant que de celles de l’errance. Je souhaite me couper le moins possible du plus ancien réel, du plus ancien ordre du réel, celui qui préside aux angles et aux faces des cristaux et qui est ordre spontanément issu du chaos. Je voudrais plutôt en réinventer la vieille austérité et m’y appareiller davantage, au moment où je le prends pour la durable substance d’un fragile discours.

Il est infiniment plus malaisé et plus rare de découvrir, de calculer un alphabet que de composer ou de laisser de soi jaillir un cri, un aveu, une brève splendeur, je veux dire : un poème. J’ai cherché je cherche dans le monde, qui est limité pour un dieu, mais inépuisable pour un mortel, l’élémentaire, le chiffre, plus précisément l’alphabet. C’est démarche vaine. Trop fortuné encore si, au cours d’une quête qui toujours l’a refusé, il m’arrivait de buter contre le poème.

L’apostat, Prologue à Pierres réfléchies, Roger Caillois.

Photo : Marlen Sauvage

 

Comment se souvenir ?

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« J’aurai passé ma vie à m’interroger sur la fonction du souvenir, qui n’est pas le contraire de l’oubli, plutôt son envers. On ne se souvient pas, on réécrit la mémoire comme on réécrit l’Histoire. Comment se souvenir de la soif ? »

Chris Marker
(Cité dans un article des Inrocks intitulé Chris Marker : Sans soleil, du 15/10/1997)

Photo : Marlen Sauvage

Deutéronome

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« Si tu entres dans le vignoble de ton prochain, tu pourras jusqu’à satiété en manger le raisin, mais n’en rempliras pas ta hotte. Si tu entres dans le champ de blé de ton prochain, il te sera permis d’en cueillir des épis avec la main, mas tu n’y porteras pas ta faucille. »

« Qu’il s’agisse de l’un de tes frères ou d’un étranger résidant dans ton pays, dans tes murs, n’exploite pas le salarié humble et pauvre. Chaque jour, avant que le soleil ne se couche sur cette dette, remets-lui son salaire, car il est pauvre et attend cette somme avec impatience. »

« Si tu oublies une gerbe lorsque tu moissonnes ton champ, ne reviens pas la prendre : elle profitera à l’étranger, l’orphelin et la veuve, afin que Yhwh ton Dieu te bénisse dans tout ce que tu entreprends. De même, après avoir gaulé ton olivier, ne reviens pas ramasser derrière toi : ce sera pour l’étranger, l’orphelin et la veuve. De même encore, vendanges faites, ne reviens plus y grappiller : ce sera pour l’étranger, l’orphelin et la veuve. »

« Dans ta sacoche, tu n’auras pas poids et poids, l’un grand et l’autre petit. Que ne se trouvent pas non plus sous ton toit mesure et mesure,  grande l’une et petite l’autre. »

La Bible (© 2001, Bayard)
Dt 23,25 – 23,26/Dt 24,14 – 24,15/Dt 24,19 – 24,21/Dt 25,13 – 25,14
Traduction de Jean-Luc Benoziglio – Léo Laberge

Photos : Marlen Sauvage

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Cette bible dort sur mes étagères depuis qu’elle m’a été offerte. Parfois ouverte pour peu de temps, jamais lue intégralement. De cette version littéraire de la bible, dont la traduction de chaque livre a été confiée à un exégète et à un écrivain, j’extrais ce qui me paraît le plus positif. Je le fais dans l’ordre établi des « livres » qui est celui de ma lecture. Ce choix très subjectif est contestable bien sûr, car j’ai décidé d’occulter le plus violent de ce « texte sacré » (tout au moins dans ce qui constitue l’Ancien Testament, ici appelé « Alliance »).

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Un poème de Ida Jaroschek

 

 

« Les crues ont rapporté ton nom

quelque chose a bougé la nuit
provoqué dans le corps des effondrements

Je suis ce paysage saturé d’eau
et de gris

partie nue dans un visage
depuis si longtemps

La peur est grande

Ton nom déjà est un séisme »

Ida Jaroschek, Survivance de la neige, 2013, Editions Encre et Lumière