dans le métro ce matin

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Cet homme longiligne sur le bord de la route, casquette sur la tête, lunettes de soleil, la bouche en cul de poule, serré contre le mur d’une maison, entre mur et route, trois tréteaux dans la main gauche et un sac dans la droite. La lumière de l’après-midi dans l’œil, tétanisé, face aux voitures qui abordent le virage, et la chaleur par-dessus.

Celui-ci devant la porte du supermarché, maigre, le visage buriné et scarifié, qui se lève à mon approche et me demande – quelques abricots si vous pouviez m’acheter quelques abricots j’adore ça – et se rassied sans attendre de réponse, mais les yeux levés vers moi, des yeux sombres, avec une lueur dans le fond, où brûle l’espoir d’un fruit.

Bar du duty free. Aéroport de Marseille. Il se dirige vers la porte 10. Coup d’œil sur le baby-foot sur sa droite. D’un coup d’épaule il jette son sac à dos par terre, redresse la table pour que glisse la boule, s’empare de deux tiges, hèle un compagnon qui le suit et l’entraîne dans un match de quelques minutes, concentre. Perd dans un éclat de rire.

 

Texte et photo : Marlen Sauvage
(photo Aéroport de Roissy, 2017)

Ecrit pour l’atelier d’été de François Bon, cru 2017. Tout est ici.

Onze fois trois trente-trois

 

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Elle ne fréquentera plus les salles de danse contemporaine. Elle abandonne sa vie pour épouser un maçon aveugle rencontré dans un asile psychiatrique. La dernière fois qu’on a entendu parler d’elle, ils jetaient des appareils électriques par la fenêtre.

A son arrivée dans le village, plus grand monde pour le reconnaître. Le vieil épicier pourtant, oui. « Vingt ans que tu as disparu ! Et de ta vie, plus rien que sept tombes et la maison… » Tous, morts de mort violente. Et lui qui revient de l’enfer.

Elle marche le long des petites routes de la vallée, fuyant les regards. Un jour elle portait un pansement sur son œil gauche. Elle n’a pas trente ans. On dit qu’elle erre à la recherche de celui qu’elle a aimé. Elle s’introduit dans les maisons en l’absence de leurs occupants.

Personne ne le croira : douze femmes pour un seul homme, douze ! L’espérance chevillée au cœur. Il n’ira pas jusqu’à treize. Toutes épousées ou c’est tout comme. Il aimerait que celle-ci partage sa passion pour les astres. Mais comment s’assurer de sa fidélité ?

Elle se souvient de la nouvelle apprise à la radio. Comment l’oublier ? L’accident d’avion, leur anniversaire de mariage fêté en Egypte, leurs mains qu’elle imagine l’une dans l’autre avant le crash. Il y a la maison, cet arrêt sur image, leur intimité. Deux personnes inconnues.

Il se remémore l’entretien avec la psycho-généalogiste. Il déjouera la malédiction qui veut que tous les aînés de la famille meurent à trente-sept ans. Il contemple les pièces de son nouvel appartement. Il écrira. Un an à passer là, reclus, dans cette capitale européenne.

Il arpente les berges du lac, scrute l’eau verte, tente d’imaginer le village qui se dressait là avant le barrage. Sa retraite, il la passera à enquêter sur la série de « suicides » inexpliqués au cours de ces dix années. Noyades. Un jour on retrouve ses chaussures sur la berge.

Sur son lit de mort, Eve avoue à son mari l’existence d’un amant de trente ans. Organisatrice d’événements. Toujours aux quatre coins du monde. Elle tient maintenant des propos incohérents. Son regard est vitreux. Qu’a-t-elle inventé pour le torturer encore ?

Période caniculaire. Les trois policiers le maintiennent contre la voiture. Ils essuient la sueur sur leur front presque en même temps. L’homme s’échappe dans l’embouteillage monstre. De quoi l’accuse-t-on ? Un migrant de plus. Un tueur en puissance. Un étudiant en histoire.

Emeline, quatre-vingt-dix ans, n’en croit pas ses yeux. L’histoire de sa vie racontée là, par une jeune écrivaine dont elle ignore tout. C’est dans le journal, rubrique Culture. Elle note son nom. Elle l’invitera chez elle pour en savoir davantage sur sa propre vie.

Un ancien chef d’entreprise à la retraite rêve de fabriquer le meilleur pain du monde. Il sillonne la terre en quête de recettes, se fait construire un four professionnel à faire pâlir les boulangers de sa région. Il finit par s’enfermer dans son laboratoire blanc, carrelé, lumineux.

Texte et photo : Marlen Sauvage

Ecrit pour l’atelier d’été de François Bon, cru 2017. A partir du Journal d’Edouard Levé. Tout est ici.

 

Défi (7) – Un autre arbre mort

Septième et dernier jour de participation au challenge « photos de la nature » qui m’a été lancé par Marie-Christine Grimard à l’initiation de Françoise Renaud, et que je remercie. Uniquement des photos prises par moi, c’est le but du jeu. J’invite Régis Domergue à prendre le relais (sans obligation !) chaque jour pendant 7 jours pour partager une photo prise et choisie par lui sur le thème de la nature… 

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Sur la route de la Combe del Salze.

Photo : Marlen Sauvage

Défi (6) – Hannibal !

Sixième jour de participation au challenge « photos de la nature » qui m’a été lancé par Marie-Christine Grimard à l’initiation de Françoise Renaud, et que je remercie. Uniquement des photos prises par moi, c’est le but du jeu. J’invite Leyla à prendre le relais (sans obligation !) chaque jour pendant 7 jours pour partager une photo prise et choisie par elle sur le thème de la nature… 

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La font d’Hannibal, sur la route de la Royale, Cévennes. (font = fontaine)

Photo : Marlen Sauvage

Défi (5) – Ma pomme !

Cinquième jour de participation au challenge « photos de la nature » qui m’a été lancé par Marie-Christine Grimard à l’initiation de Françoise Renaud, et que je remercie. Uniquement des photos prises par moi, c’est le but du jeu. J’invite Eric VDS à prendre le relais (sans obligation !) chaque jour pendant 7 jours pour partager une photo prise et choisie par lui sur le thème de la nature… 

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Photo  : Marlen Sauvage

Défi (4) – Sous-bois

Quatrième jour de participation au challenge « photos de la nature » qui m’a été lancé par Marie-Christine Grimard à l’initiation de Françoise Renaud, et que je remercie. Uniquement des photos prises par moi, c’est le but du jeu. J’invite Rose-Marie Mattiani à prendre le relais (sans obligation !) chaque jour pendant 7 jours pour partager une photo prise et choisie par elle sur le thème de la nature… 

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Photo : Marlen Sauvage

Défi (3) – Minute !

Troisième jour de participation au challenge « photos de la nature » qui m’a été lancé par Marie-Christine Grimard à l’initiation de Françoise Renaud, et que je remercie. Uniquement des photos prises par moi, c’est le but du jeu. Marie-Pascale Vincent prendra-t-elle le relais ? (pas d’obligation !) mais si oui, ce sera chaque jour pendant 7 jours pour partager une photo prise et choisie par elle sur le thème de la nature… 

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Photo : Marlen Sauvage

Défi (2) – Promesse

Deuxième jour de participation au challenge « photos de la nature » qui m’a été lancé par Marie-Christine Grimard que je remercie. Uniquement des photos prises par moi, c’est le but du jeu. Ludivine Marbrier prend le relais, si elle le souhaite, chaque jour pendant 7 jours pour partager une photo prise et choisie par elle sur le thème de la nature. 

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Sur la route de La Combe del Salze.

Photo : Marlen Sauvage

Défi (1) – L’arbre mort

Premier jour de participation au challenge photos de la nature qui m’a été lancé par Marie-Christine Grimard que je remercie. Uniquement des photos prises par moi c’est le but du jeu.
Je nomme aujourd’hui, si elle le veut Ludivine Marbrier qui devra chaque jour et pendant 7 jours partager une photo prise et choisie par elle sur le thème de la nature. 

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Sur la route de la maison de Noé…
Photo : M. Sauvage