Défi (7) – Un autre arbre mort

Septième et dernier jour de participation au challenge « photos de la nature » qui m’a été lancé par Marie-Christine Grimard à l’initiation de Françoise Renaud, et que je remercie. Uniquement des photos prises par moi, c’est le but du jeu. J’invite Régis Domergue à prendre le relais (sans obligation !) chaque jour pendant 7 jours pour partager une photo prise et choisie par lui sur le thème de la nature… 

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Sur la route de la Combe del Salze.

Photo : Marlen Sauvage

Défi (6) – Hannibal !

Sixième jour de participation au challenge « photos de la nature » qui m’a été lancé par Marie-Christine Grimard à l’initiation de Françoise Renaud, et que je remercie. Uniquement des photos prises par moi, c’est le but du jeu. J’invite Leyla à prendre le relais (sans obligation !) chaque jour pendant 7 jours pour partager une photo prise et choisie par elle sur le thème de la nature… 

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La font d’Hannibal, sur la route de la Royale, Cévennes. (font = fontaine)

Photo : Marlen Sauvage

Défi (5) – Ma pomme !

Cinquième jour de participation au challenge « photos de la nature » qui m’a été lancé par Marie-Christine Grimard à l’initiation de Françoise Renaud, et que je remercie. Uniquement des photos prises par moi, c’est le but du jeu. J’invite Eric VDS à prendre le relais (sans obligation !) chaque jour pendant 7 jours pour partager une photo prise et choisie par lui sur le thème de la nature… 

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Photo  : Marlen Sauvage

Défi (4) – Sous-bois

Quatrième jour de participation au challenge « photos de la nature » qui m’a été lancé par Marie-Christine Grimard à l’initiation de Françoise Renaud, et que je remercie. Uniquement des photos prises par moi, c’est le but du jeu. J’invite Rose-Marie Mattiani à prendre le relais (sans obligation !) chaque jour pendant 7 jours pour partager une photo prise et choisie par elle sur le thème de la nature… 

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Photo : Marlen Sauvage

Défi (3) – Minute !

Troisième jour de participation au challenge « photos de la nature » qui m’a été lancé par Marie-Christine Grimard à l’initiation de Françoise Renaud, et que je remercie. Uniquement des photos prises par moi, c’est le but du jeu. Marie-Pascale Vincent prendra-t-elle le relais ? (pas d’obligation !) mais si oui, ce sera chaque jour pendant 7 jours pour partager une photo prise et choisie par elle sur le thème de la nature… 

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Photo : Marlen Sauvage

Défi (2) – Promesse

Deuxième jour de participation au challenge « photos de la nature » qui m’a été lancé par Marie-Christine Grimard que je remercie. Uniquement des photos prises par moi, c’est le but du jeu. Ludivine Marbrier prend le relais, si elle le souhaite, chaque jour pendant 7 jours pour partager une photo prise et choisie par elle sur le thème de la nature. 

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Sur la route de La Combe del Salze.

Photo : Marlen Sauvage

Défi (1) – L’arbre mort

Premier jour de participation au challenge photos de la nature qui m’a été lancé par Marie-Christine Grimard que je remercie. Uniquement des photos prises par moi c’est le but du jeu.
Je nomme aujourd’hui, si elle le veut Ludivine Marbrier qui devra chaque jour et pendant 7 jours partager une photo prise et choisie par elle sur le thème de la nature. 

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Sur la route de la maison de Noé…
Photo : M. Sauvage

on ne pense pas assez aux escaliers 

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Elle ne les grimpait plus quatre à quatre, les quatre-vingt-quatre marches du 214, chemin de l’Oriol, d’ailleurs c’était un abus de langage car deux à deux avait toujours mieux convenu à sa démarche esthétique qui jamais ne se déhanchait mais offrait au regard du suiveur une silhouette dansante sur une paire de jambes aux mollets galbés par l’exercice quotidien, et si elle ne les grimpait plus aussi vivement ces quatre-vingt-quatre marches, au moins, les gravissait-elle sans béquille d’aucune sorte, pensait-elle en ce moment précis où elle posait le pied sur la première (une canne ! quelle injure lui avait-on faite avec ce cadeau saugrenu qui la reléguait au rang des vieilles personnes, ce qu’elle se refusait à être malgré les années qui avaient fripé sa peau hâlée, amaigri son corps mince, taché ses mains menues, et depuis le temps, soixante ans, qu’elle atteignait les hauteurs de Marseille – « le septième ciel compte quatre-vingt-quatre marches », lui murmurait dans leur jeunesse son mari, aujourd’hui mort et enterré, et elle sourit sans nostalgie à cette évocation, d’un sourire qui plissait les rides de ses yeux –) et, jetant un regard sur la boîte à lettres au niveau de la troisième marche, à droite, et n’y voyant rien, « pas de nouvelles, bonnes nouvelles », dit-elle de son accent chantant ; et poursuivit son ascension la tête en l’air vers les bougainvillées couvrant le mur de béton, toujours émerveillée par la couleur violette de leurs bractées d’où émergeait le cœur blanc étincelant de leurs fleurs minuscules qui lui rappelaient sa parure de jeune mariée ; et comme le cabas qu’elle tenait en bandoulière menaçait de verser, elle suspendit son pas, au tiers de la grimpette pour en redresser la bretelle et se reposer un peu sans en avoir l’air, croisa le voisin quinquagénaire dont la maison se tenait à mi-hauteur, qui descendait d’un pas rapide, mais elle le salua d’un bonjour clair et nullement essoufflé, reprit même sa montée en chantonnant le cours de ses pensées : la visite prévue dans l’après-midi d’un ancien élève pour lequel justement elle était descendue dans le quartier faire quelques achats de fruits et de boisson, se félicitant de n’être pas oubliée de ces jeunes hommes et jeunes filles qu’elle avait accueillis dans l’école qu’elle dirigeait, voire dans sa classe, et qui lui vouaient le même respect et la même attention qu’autrefois ; c’était sa fierté, reconnaissait-elle volontiers, d’avoir éduqué à elle seule plus d’enfants que la plus prolifique des mères ; elle avait pris sa retraite à soixante-cinq ans, il y aurait vingt ans bientôt, soupira-t-elle en regardant maintenant la Méditerranée face à elle, perchée sur la quatre-vingt-quatrième marche, comme elle le faisait systématiquement avant de tourner la clé dans la serrure de sa porte d’entrée.

Marlen Sauvage
Cinquième atelier d’écriture mené par François Bon, hiver 2016.

Photo : M. Sauvage, Marseille, 2011

à chacun sa rue Vilin

J’ai tardé à écrire cette proposition suggérée par François Bon dans son atelier d’hiver : outre le fait que je n’avais plus d’ordinateur, je n’avais surtout pas « ma » rue Vilin !  Elle était loin d’ici dans le temps, quelque part à la fin des années 70, en 1975 précisément. Je l’ai retrouvée lors d’un court séjour à Paris, tout récemment, et ce fut un morceau du boulevard du Montparnasse.Tout cela pour arriver au bar de La Marine…

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Un trop vieux souvenir
Rue du Cherche-Midi ? Rue de Vaugirard ? Boulevard du Montparnasse la Tour les magasins leurs galeries (un toit, où ? Nous nous y allongeons et je te raconte ma vie courte et bousculée déjà. Il y avait un ciel semé d’étoiles blanches, j’avais posé ma tête sur ton torse, je n’avais pas dix-huit ans). Chez Bébert dans un angle de la place des voitures des piétons de la vie en masse. (J’arrivais de ma campagne. Je voyais ici autant de monde qu’en six mois là-bas.) Le boulevard du Montparnasse le long duquel tu avais garé ta voiture à la parisienne, une Fiat immatriculée 3516RA91. Quelque part sur le boulevard, une pizzeria, (je me souviens de la pizza Pino mais ce n’était pas celle que l’on trouve aujourd’hui sur ce même boulevard si près de la place Montparnasse, en tout cas celle-ci ne m’évoque rien). Le bar de La Marine à l’enseigne rouge (des fauteuils et des banquettes de Skaï rouge dans mon souvenir) avec une ancre bleue et blanche (l’ai-je rêvée ?). Un mois de septembre clément.

Janvier 2017
Boulevard du Montparnasse au départ de l’angle qu’il fait avec la rue de Vaugirard, de ce côté qui mène vers le Port Royal, le café restaurant La Marquise et sa terrasse ouverte avec ses deux palmiers. Service continu 7 h – 20 h en lettres blanches sur une bâche rouge vermillon. Ninasushi, blanc sur noir. Fermé. La Parizienne Hôtel, à l’entrée noire et grise. La coiffure à petits prix, 22 à 52 €, shampoing brushing à 10 € inscrit dans un macaron rose collé sur la vitrine. Au n° 35 un homme s’apprête à poignarder un lion, le bras droit dressé au-dessus de la tête, gravure dans la pierre qui surmonte le porche et le portail en fer forgé orné de rosaces, noir tout entier, mais aux poignées dorées. Une boutique d’antiquités, bijoux-brocante, à la devanture rouge, solde ses prix en rouge dans un immense placard jaune vif qui couvre le tiers de la vitrine. Au théâtre du Palais Royal, on joue Edmond, la nouvelle création d’Alexis Michalik. L’affiche collée sur la porte d’entrée représente un homme de profil sur fond bleu, un nez de caoutchouc attaché par une ficelle autour du crâne. Dans la vitrine, un lévrier de bronze sur un socle de marbre se solde 350 €. Au Stock Montparnasse, mercerie, on vend des boutons pression, des boucles de ceinture, du fil à broder, des aiguilles à tricoter, des bonnets et des pulls marins. À côté, l’hôtel trois étoiles Best western Le Montparnasse a son accueil sur le boulevard et l’homme en vitrine derrière le comptoir ouvre et referme le cahier des réservations. La maison du croque-monsieur est à céder 06 26 26 21 67. Derrière la vitrine désertée, sur une table haute, une branche de conifère remplit un petit pot de métal blanc. Un caoutchouc orne l’angle du resto et celui du n°39, séparé par une paroi de verre et de métal. Au 39, deux cornes d’abondance taillées dans la pierre encadrent un blason vierge. On monte trois escaliers jusqu’au portail de fer forgé. Un homme sac au dos, une boîte d’œufs dans une main, un paquet de mouchoirs dans l’autre tape le code et franchit la porte après l’avoir poussée du pied. Trois grands bacs de bois supportent des sapins et séparent le 39 du Bistrot du sud-ouest, à céder. Sur les marches en tôle galvanisée, une bouteille de champagne côtoie la Cuvée du Patron. Les deux sont vides. En ce samedi le Grand Optical solde à 50 % dans un espace quasi vide où les vitrines de lunettes se font face de part et d’autre d’une grande allée centrale. Casden banque populaire. Un Vespa recouvert d’une bâche noire stationne devant la vitrine. Au 43-45, la porte vitrée d’un jaune pisseux ouvre sur quarante-quatre appartements et deux cabinets d’avocats. Un petit resto miteux propose des pizzas à emporter. Au 47, une double porte à battants bleu canard et aux vitres grillagées épaule un pas de porte à vendre. Restaurant japonais Tokugawa, à la porte peinte en gris. Passe devant la vitrine noire un homme aux cheveux blancs. Un tricycle stationne sur le trottoir. Au 51… Le 51 au store écru sali, et devant, l’arrêt de bus « Place du 14 juin 1945 ». Tête à tête, un restaurant asiatique au 53. Sur la façade de l’immeuble de cinq étages, aux balcons de fer forgé, le nombre s’affiche en blanc dans un rectangle d’émail bleu au-dessus d’une entrée notariale au fronton orné d’un cordon de pierre. A droite, le Bistro Burger tout de gris souris, assorti au temps et à la pluie, puis une crêperie aux lettres dorées sur un fond bleu roi. Au 55 un porche s’élève jusqu’au premier étage. Ici il est interdit de stationner mais une voiture blanche stationne. A droite, Djerba, un café aux tables dressées dehors sous la pluie, aux chaises en plastique tressé, marron, sales. G 20, un petit supermarché. La Pizza Pino. Une agence de Caisse d’épargne, vieillotte, un portique bleu anglais. Le café 1900. Un hôtel trois étoiles, Terminus Montparnasse coincé entre le café et le bar de La Marine.
Marlen Sauvage

Quatrième atelier d’écriture mené par François Bon, hiver 2016.