Dire que tu me manques est un doux euphémisme

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J’ai traversé le temps jusque-là sans encombre

Pensé dans un étau pour éviter les larmes

les soubresauts de l’âme, la crainte de te perdre.

Des jours de long ennui comme un couloir désert.

 

Les mots tournent autour de mon ventre béant

Le vide n’a pas guéri toutes mes écorchures

Quel remède quel chant pour dompter ma nature

et la mélancolie assise dans ma gorge ?

 

Les yeux rivés au sol sous la porte d’entrée

Je guette le rayon de soleil ou de lune

Et tous les carillons d’un jeudi de fortune

où tu redonneras le souffle à ma semaine.

 

De toi je n’attends pas moins que le goût de vivre

La terrible exigence pèse plus que l’aveu

Tu es mon sel ma source le bon chemin à suivre

Mais je sais marcher seule et rimer est un jeu

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Pour A.

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Texte et photo : M. Sauvage

Habibi [par Anissa, village francophone 2015, Korba ]

Comme l’a dit le grand poète :
A la fin tu es las de ce monde.
Un matin qui n’arrive jamais.
Un bateau qui ne connaît plus
Son port, une mer toujours houleuse

te berce pour te verser au fond
des tourbillons. Un cœur s’écœure
de n’avoir jamais su quand
sa voile ferait bon port…

Quand cesseront de saigner
ton corps et ton cœur ? Quand
cesseront tes yeux  de verser leurs
diamants ? Dis-moi, quand cesserai-je

de dire quand ? Que te faut-il
de plus ?! après un cœur écrasé ?
Une vie au goût amer et acerbe ?
Je n’ai plus de force, vois-tu

Alors pourquoi sans pitié me mènes-tu
à ma perte ? Tu es ce destin fatal
Qui s’acharne sur moi. Sous le masque
de l’amitié se dissimule toute la haine,
toute la rage, toute la férocité, toute la brutalité,
tout l’effroi, tout le noir, tout le désespoir
Et la mort

Tu veux tuer, massacrer sans entendre
ta proie gémir. Tu veux abattre sans voir
ta victime bouger. Tu veux faire taire en moi
la volonté, le désir du bonheur. Tu ne cesses
de me juger et de me condamner. Pauvre que je suis.

Le monde sous tes pieds ne cesse de t’applaudir
et ne cesse de me démentir et de me juger
et de me condamner. Sois heureux. Car
ta proie n’a plus de voix. Ta proie n’a plus
de cœur. N’a plus de vie

A la fin tu es heureux dans ton monde
Un monde où je ne suis plus
Sois heureux alors avec toute ta compagnie…

D. Anissa

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Amour, Oleg

Aride Mocassin Opalin Utile Réseau

C’est un désert aride, vierge de toute statue, nu de toute édification, dépourvu de tout réseau hydraulique. J’ai soif !

Tous ses cristaux de sable aux reflets opalins rappellent, infatigablement, que les traits de sa domestication sont encore bien froids. J’ai chaud !

Nul besoin ici de mocassins noirs pour s’esquisser une place dans un coin de cette fresque irisée.  À pieds nus et avec un peu d’amour, j’avance !

 

Oleg

Amour

Arbre Miel Ortie Ubiquité Retors

Dans le creux d’un arbre, elle découvrit la ruche. Gourmande, elle avança la main, piétinant les orties qui poussaient là comme une protection au trésor des abeilles. Elle aurait voulu bénéficier du don d’ubiquité et profiter au même moment de cette gourmandise avec sa sœur jumelle restée dans le froid du nord. Elle eut soudain un mot à l’esprit : « retors », sans pourtant savoir à qui l’attribuer.

Marcel Serredent

Jeu du soir n°3